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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 06:09

N'en déplaise à certains, la BCE (Banque centrale européenne) n'est pas près de changer sa politique monétaire. 

 

Certains rêvent d'un retour au bon vieux temps d'avant la crise des « subprimes » : celui où l'on se fiait tranquillement au marché. Pourtant, s'il ne fallait citer qu'une seule bombe à retardement, les dettes accumulées par les États, les entreprises et les ménages, vont être insoutenables dès que les taux d'intérêt auront remonté.

Certains croient dur comme fer au retour à la normale et sont convaincus de l'imminence du changement de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui va en résulter. D'autres s'interrogent à propos du mécanisme de la prochaine crise qui va immanquablement survenir. Entre ces deux discours, c'est le grand écart !

En dépit de modestes progrès, ni le taux d'inflation, ni celui de la croissance, ni même celui de l'emploi (1) sont dans les clous. Mais le désir de croire à l'arrêt progressif des programmes mis en place par les banques centrales est plus fort que tout, question de conform isme. Même si la Federal Reserve américaine ne s'y engage qu'avec une extrême prudence, que la BCE ne s'y résout toujours pas, et que la Banque du Japon persévère dans le contraire. Les banques centrales ne marchent pas du même pas, cela ne devrait-il pas conduire à nous interroger ?

NOUVEAUX DÉFIS

Certains le font : « Les décideurs doivent oublier des décennies de croyances économiques orthodoxes », affirme dans l'hebdomadaire financier « l'Agefi » (2) l'un d'entre eux, Nicolas Moreau, qui dirige Deutsche Asset Management, la filiale de gestion d'actifs de la Deutsche Bank. Dans la nouvelle ère dans laquelle nous sommes entrés, « nous devons affronter de nouveaux défis structurels, parmi lesquels la baisse de la productivité, des conditions démographiques défavorables et des pertes d'emplois induites par l'irruption des nouvelles technologies ». Il en conclut qu'un « retour au cadre théorique de l'avant-crise serait tout simplement inapproprié », et que nous sommes entrés dans « une nouvelle période d'interventionnisme », par opposition à la politique consistant à se fier au marché.

 

États-Unis, Europe, Japon : les banques centrales ne marchent pas du même pas. Mauvais signe ?

Il n'y va pas de main morte, préconisant l'annulation par les banques centrales de la dette souveraine qu'elles détiennent, en raison de leurs achats massifs. Et, pour faire bonne mesure, de poursuivre pendant une longue période leur intervention afin de maintenir bas les taux obligataires, puis de « sérieusement » étudier une politique de garantie de l'emploi ainsi que l'instauration d'un revenu universel de base !

Côté rebondissement d'une crise qui n'a jamais c essé, Jai me Caruana, le directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui regroupe les banques centrales, considère qu'il faut chercher l'équivalent des subprimes de 2007 en fouinant dans les arcanes du système financier : « Chaque crise a été rendue possible par une incompréhension collective qui a créé un angle mort sur le risque. » Mais à le suivre dans ces profondeurs, on a toutes les chances de s'y perdre.

 

UNE ÉNORME BULLE

Il y a pourtant des candidats sérieux au rôle de trouble-fête, qui ne peuvent pas passer inaperçus, comme les milliers de milliards de dollars injectés dans le système financier par les banques centrales. Destinées à relancer le crédit et l'économie, ces injections ont eu comme effet la constitution d'une énorme bulle instable d'actifs boursiers et ont encore grossi la masse des produits dérivés, ces instruments que l'investisseur américain Warren Buffett a qualifiés « d'armes financières de destruction massive ».

Une autre masse financière, qui n'est pas sans rapport avec la précédente, est porteuse du danger : la dette obligataire. Les analystes de l'Institut international de la finance estiment son stock mondial à 215000 milliards de dollars fin 2016, endettements des ménages, des entreprises et des États confondus. Or, la hausse des taux du marché obligataire, anormalement bas au regard de son historique, est considérée comme inéluctable. Lorsque les taux augmenteront, le service de la dette pèsera lourdement sur les budgets publics, et dans le contexte actuel de faible croissance et de niveau d'inflation destiné à durer, la dette souveraine sera de moins en moins soute-nable. Y a-t-il besoin d'aller chercher plus loin?

FRANÇOIS LE0LER0 Contact :@fdleclerc

(1) Peter Praet, l'économiste en chef de la BCE, a estimé à 18 % le taux de mesure élargi du chômage au sein de la zone euro, une fois pris en compte le temps partiel subi.

(2) «L'Agefi Hebdo » no 575 du 20 au 26 juillet 2017.

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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