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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 05:31

 

La nomination d'un premier ministre de droite, épaulé par deux ministres de la même tendance à Bercy, disait déjà de quel côté penchait le candidat Macron derrière son faux nez du « en même temps » de gauche et de droite. Lorsque, le 10 juillet dernier, le quotidien des milieux d'affaires britanniques « Financial Times » lui fait remarquer que ses baisses d'impôts pour les riches sont le signe d'une politique « plutôt » de droite, le président de la République répond tout de go : « Et à quoi vous attendiez-vous ? » En vérité, ce « en même temps », laissant croire qu'on pouvait à la fois mener une politique de gauche et de droite, ne visait qu'à tromper les gens en cachant le fond d'une vieille politique néolibérale qui partout sème inégalités, chômage et précarité.

Une vieille politique qui laisse la multitude de celles et ceux qui ont donné de la force à la France sur le bord de la route. Cela est théorisé depuis les couloirs du Château et résumé dans cette phrase qui, loin d'être une maladresse, est un fondement : « Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. » Ces derniers seront encore plus relégués avec les insupportables dernières décisions. Le pouvoir enlève 5 euros par mois à plus de 6 millions de personnes allocataires des aides personnalisées au logement, ceux-là mêmes qui terminent le mois à 10 euros près. Alors que les cadeaux fiscaux aux plus fortunés se multiplient, il fait bloquer les salaires et veut augmenter la CSG. Tout entier 11 se dévoue au service des puissances d'argent et se montre insensible aux souffrances des plus défavorisés, au point de décider de laisser basculer des millions de jeunes, de travailleurs et de privés d'emploi dans le « rien » de la pauvreté et de la souffrance sociale.

Pire, avec ce nouveau régime, les plus faibles paient pour garnir les comptes en banque des plus riches et non pas pour réduire quelque déficit que ce soit, selon les nouvelles fables destinées à hypnotiser les foules. La Commission européenne, le Fonds monétaire international et les milieux financiers se réjouissent du programme présidentiel de droite : flexibili-sation et précarisation du travail, et réduction des crédits publics utiles pour satisfaire aux demandes des petits comptables de Bruxelles ou de Berlin. C'est la voie de l'aggravation des injustices, inefficace de surcroît en empêchant la nécessaire relance créatrice d'emplois et permettant la transition environnementale. Les nouveaux transferts de richesse aux forces de l'argent ne font qu'alimenter une bulle financière qui pourrait replonger le monde dans les affres d'une nouvelle crise financière fatale aux petites entreprises, aux banques coopératives, à l'emploi et aux services publics.

On ne peut investir dans l'avenir pour éduquer, soigner mieux les gens, loger ou transporter tout le monde en respectant l'environnement, mieux informer ou permettre à chacun de se cultiver avec moins de services publics, ou en privatisant leurs missions. Il n'y a pas non plus d'efficacité économique et même d'amélioration de la productivité dans un gouffre d'inégalités.

Il est donc d'intérêt général de ne pas laisser faire. Que le s étudiants et tous les autres qui vont se voir amputés d'une partie de l'allocation logement, les jeunes privés de place à l'université, les collectivités et tous leurs administrés qui risquent d'être privés de services publics locaux, celles et ceux qui ne supportent pas qu'on réduise l'aide publique au développement alors que le pouvoir renonce au projet de taxation des transactions financières, toutes celles et ceux qui ne supportent pas cette dérive visant à inclure l'état d'urgence dans la loi, qui vont subir les nouveaux reculs sociaux et démocratiques contenus dans le nouveau projet de loi improprement baptisé « travail », si tous ceux-là se manifestent et manifestent sans attendre, alors l'intérêt public sera dans de bonnes mains.

À l'inverse, laisser faire préparerait des désenchantements douloureux et dangereux, au cœur d'une crise aggravée de la démocratie et de la politique. Les désillusions doivent se transformer en force du changement et non contribuer aux pires régressions. Toutes les occasions de se rencontrer pour préparer dans l'unité les nécessaires ripostes et pour ouvrir d'autres chemins seront les bienvenues. Il en est une à ne pas manquer, dont le retentissement, s'il est suffisant, sera utile à toutes les autres. Telle est en effet la vocation de la prochaine Fête de l'Humanité, dont le succès se prépare au cœur de l'été en tenant le plus grand compte du mécontentement qui grandit à l'égard de la politique gouvernementale. Nul doute que seront nombreux nos concitoyens qui répondront positivement aux propositions d'achat du bon d'entrée. Encore convient-il que la démarche soit très largement démultipliée en une foison d'initiatives. À ce prix, la Fête de l'Humanité pourra se situer au niveau que réclame l'offensive des forces de l'argent roi et de leurs mandataires politiques installés au pouvoir.

 

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