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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:27

Avec Macron, le spectre de futures privatisations

OLIVIER MORIN
MERCREDI, 16 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
Bruno Le Maire (à droite) annonçait en juillet dernier que le gouvernement allait « céder les participations de l’État dans un certain nombre d’entreprises publiques ». Photo Thomas Samson/AFP Photo
 

Avec la perspective d’une nouvelle loi sur la transformation de l’économie, le gouvernement d’Édouard Philippe pourrait bien procéder à de nouvelles privatisations dans la droite ligne de la loi Macron et des politiques libérales précédentes.

Attention, sabordage en vue. En 2018, Emmanuel Macron et son gouvernement pourraient bien préparer une nouvelle loi sur « la transformation de l’économie ». Et son cortège de privatisations. C’est en tout cas ce qui se dit dans les couloirs du ministère de l’Économie et des Finances et que relève le Monde des 13 et 14 août. Bruno Le Maire, locataire de Bercy, souhaiterait en effet étendre sa loi-cadre censée aider les petites et moyennes entreprises (TPE-PME) à « toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ». Avec un calendrier mené tambour battant comme le reste des mesures de ce gouvernement de la République en marche (LREM). Parlementaires, patrons et organisations de salariés seraient consultés en automne prochain, tandis que des start-up et des sociétés de conseil devraient collaborer avec le ministère de l’Économie pour « élaborer des propositions ». Le texte devrait quant à lui être transformé en projet de loi dans la foulée (premier trimestre 2018) par Bruno Le Maire et Benjamin ­Griveaux, son secrétaire d’État.

Dérégulations tous azimuts

Cette annonce de dérégulations tous azimuts n’est pas une surprise venant d’un gouvernement choisi sur mesure par Emmanuel Macron. Avant d’occuper les bureaux de Bercy sous le quinquennat Hollande, celui-ci avait déjà pointé les secteurs publics de l’économie et les acquis sociaux à démanteler lorsqu’il a rédigé le rapport de la commission Attali en 2008. Aux manettes de l’économie française de 2014 à 2016, il s’est empressé de joindre le geste à la parole en libéralisant le transport interurbain par autocar et en dérégulant le travail du dimanche. Avec la promesse de créer 22 000 emplois et de décupler la croissance dans les commerces désormais ouverts tout le week-end, on allait voir ce qu’on allait voir. Las, deux ans après la promulgation de la loi Macron à coup d’article 49-3, il serait pourtant bien hasardeux de défendre ces mesures pour justifier de poursuivre dans cette voie. L’horizon des 22 000 emplois créés s’éloigne de plus en plus avec à peine 1 500 nouveaux postes comptabilisés par les services ministériels. Les alléchants prix bas affichés pour concurrencer le rail se sont bien vite heurtés au mur de la rentabilité économique, qui a conduit deux sociétés de bus (sur les cinq présentes au moment de la libéralisation) à mettre rapidement la clé sous la porte. Quant au travail du dimanche, même les économistes libéraux étaient forcés d’admettre que son effet sur le chiffre d’affaires des commerçants était insignifiant, les dépenses de consommation se répartissant sur une durée plus longue sans pour autant augmenter.

Continuité idéologique

Sans efficacité prouvée, pourquoi alors s’obstiner à privatiser si ce n’est par continuité idéologique ? La réponse est sans doute à chercher dans ces libéralisations qui se profilent avec cette future loi sur la transformation de l’économie prévue pour l’an prochain. Une idée fixe d’Emmanuel Macron, qui, après avoir sorti discrètement par la fenêtre son projet #noé (« nouvelles opportunités économiques ») destiné à favoriser l’entreprise et mort-né face à la mobilisation contre la loi travail, s’apprête à le faire revenir par la porte. Plus ravageur encore puisque, en juillet dernier, dans une réponse à la question écrite de la sénatrice Fabienne Keller (LR), Bruno Le Maire annonçait déjà que le gouvernement allait « céder les participations de l’État dans un certain nombre d’entreprises publiques », avec des mesures prises, selon lui, dès le mois de septembre. Même si les secteurs concernés ne sont pas tous connus pour l’instant, des risques pèsent sur des activités comme les réseaux téléphoniques ou encore l’aviation civile. Là encore, on peut y voir la poursuite de mesures déjà prises sous le mandat de François Hollande puisque, dans la loi qui portait son nom, Emmanuel ­Macron avait déjà procédé à l’ouverture du capital d’aéroports régionaux tels que ­Toulouse, Nice ou Lyon. Au prétexte de dégager des fonds à hauteur de 10 milliards d’euros pour financer de « l’innovation », le gouvernement pourrait céder aux appétits de Vinci, qui lorgne depuis longtemps sur Paris Aéroport (anciennement Aéroports de Paris), dont la société est déjà actionnaire à hauteur de 8 %. 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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