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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:06

L’HUMANITE

Vendredi 28 juillet 2017

PIERRIC MARISSAL

 

Avec son bassin de 800 mètres de long, STX est aussi le seul chantier à même d'accueillir des gros navires militaires. Damien Meyer/AFP

 

Le gouvernement a annoncé, jeudi, in extremis, la préemption à court terme de STX, afin d'éviter sa prise de contrôle majoritaire par Fincantieri. Une décision qui n'augure en rien le développement d'une stratégie industrielle.

 «À la CGT, nous préférons insister sur le mot préemption, parce qu'on n'est vraiment pas dans le cas d'une nationalisation avec tout ce que cela implique de développement industriel planifié ! » a lancé Sébastien Benoît, délégué syndical CGT de STX. La préemption des chantiers navals, annoncée jeudi aprèsmidi par Bruno Le Maire, est « temporaire » et servira à continuer à « négocier dans les jours qui viennent ». « Nous avons offert à l'industriel italien Fincantieri de prendre 50 % des parts des chantiers navals de Saint-Nazaire tout en lui laissant le contrôle opérationnel de la société. Elle a été refusée, a poursuivi le ministre de l'Économie, mais cette proposition équitable reste sur la table. » Bruno Le Maire a d'ailleurs annoncé qu'il se rendrait à Rome, mardi, pour continuer à négocier.

 

POUR MACRON, IL S'AGIT D'ÉVITER DE PERDRE TOTALEMENT

la souveraineté sur ces chantiersLa décision de l'exécutif d'exercer son droit de préemption est donc bien loin de la démarche d'un État stratège, qui nationaliserait avec en tête un projet industriel. Pour Emmanuel Macron qui, depuis son élection, annonçait vouloir rouvrir le dossier, il s'agit d'éviter de perdre totalement la souveraineté sur ces chantiers jugés cruciaux, le repreneur italien, Fincantieri, n'étant pas jugé fiable.

«Au fond, ce n'est que la poursuite d'un bras de fer, d'une partie de poker entre deux gouvernements libéraux, italien et français, qui veulent chacun préserver les intérêts stratégiques et défendre leurs actionnaires, explique Sébastien Benoît. Et en toile de fond, il s'agit aussi de continuer des tractations avec l'Italie autour des contrats militaires. » Avec son bassin de 800 mètres de long, STX est le seul chantier à même d'accueillir des gros navires militaires, dont des porte-avions. Le groupe italien devait à l'origine reprendre 48 % du capital de STX. Mais, en en prenant 7 % de plus via une fondation, le constructeur de Trieste était en position de devenir majoritaire. Rédhibitoire pour l'État français.

L'absorption des chantiers de Saint-Nazaire par le leader du secteur pouvait aussi laisser craindre que l'industriel italien ne sacrifie le site français ­ malgré son carnet de commandes plein jusqu'en 2026 ­ au premier coup dur conjoncturel, au profit de ses propres chantiers italiens. «On a expliqué en long et en large que, pour des raisons de logistique, d'espace, on ne peut pas faire à Trieste ce qu'on peut faire à Saint-Nazaire. Donc, il n'y a aucun risque de déplacer des filières de production ou de l'emploi de Saint-Nazaire à Trieste », siège de Fincantieri, s'était défendu le secrétaire d'État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi. Mais, comme l'État italien, actionnaire de Fincantieri, a un pouvoir de contrôle sur le groupe, il est à craindre que la sauvegarde de l'emploi à Trieste ne soit privilégiée à Saint-Nazaire. Or, dans le chef-lieu de Loire-Atlantique,pas moins de 7 300 emplois, avec les sous-traitants, sont en jeu.

 

« EN QUINZE ANS, LE CHANTIER EST PASSÉ DE 5000 À 2300 SALARIÉS. CELA A ÉTÉ COMPENSÉ PAR LE RECOURS À L’INTÉRIM ET AUX TRAVAILLEURS DÉTACHÉS.» SÉBASTIEN BENOÎT, CGT STX.

 

« Le gouvernement italien demandera à son chantier national Fincantieri de faire travailler les Italiens plutôt que les Français, c'est naturel », a renchéri Bruno Retailleau, président (LR) du conseil régional des Pays de la Loire, jeudi, sur RTL.

«Cette décision laisse un répit, a réagi l'élu communiste nantais Robin Salecroix. Un moyen pour nous de poser la question de l'avenir industriel du secteur. Car la navale française a de gros atouts et un carnet de commandes plein. Il faut qu'on soit à la hauteur des enjeux, au-delà d'un simple pacte actionnarial. Mais il s'agit d'un répit qui ne résout en rien les vrais problèmes, à savoir comment on pérennise le chantier, on y développe l'emploi dans de bonnes conditions et comment on diversifie le site, avec la construction de ferrys, navires gaziers... L'État a le devoir de se poser ces questions et d'y associer des partenaires historiques. »

On en est encore très loin. Dans sa brève allocution, le ministre de l'Économie a insisté sur le fait que, s'il voulait «libérer le travail», le rôle de l'État était aussi de le protéger. « Mais que veut-il protéger ? a demandé Sébastien Benoît. Les salariés ou ses propres intérêts? Car, au vu des mesures antisociales prévues par ce gouvernement, avec le CDI de chantier qui nous touche particulièrement, difficile d'espérer quoi que ce soit de cette préemption. En tout cas, la CGT aura les mêmes exigences envers le gouvernement qu'envers tout autre actionnaire. »

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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