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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:18
Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg
Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg

On apprend aujourd'hui le décès d'Henri Malberg, ancien dirigeant de la fédération communiste de Paris et membre de la direction nationale, animateur de la société des Lecteurs de L'Humanité, qui est resté jusqu'au bout un militant communiste de conviction, persuadé du rôle que pourrait continuer à jouer le Parti Communiste au service des conquêtes populaires dans l'avenir.  

Avec ses parents, Henri Malberg, juifs polonais, avait échappé de peu à la rafle du Vel d'Hiv. La famille de Malberg se cache pendant toute la guerre et à la Libération, Malberg retrouve son quartier de Belleville où il milite à la JC avec les résistants qui viennent de libérer Paris. 

"Mes camarades du cercle de la JC, qui venaient aux réunions avec encore un revolver dans la poche, racontaient les barricades, on en dénombra 600, et l’entrée de l’armée de Leclerc dans une capitale enfin libre. En même temps que nous parlions politique, nous étions comme tous les jeunes, nous chahutions, nous draguions, nous allions au cinéma, au théâtre, et puis aussi nous nous instruisions. J’avais douze ans lors du Vél’d’Hiv, après je ne suis jamais retourné à l’école. Alors, je peux dire qu’avec les cours d’histoire ou de philo de l’université populaire, la JC a été mon université à moi. » « Avec le recul, je crois que je n’ai pas changé. Je suis toujours le gamin qui a souffert, qui a évité de peu Auschwitz, qui a été ouvrier en usine, qui a découvert l’engagement en politique, qui continue à penser qu’il a fait les bons choix, qui est toujours passionné par la politique, qui dit avoir beaucoup appris, mais qui continue à imaginer que le communisme est un morceau de l’avenir du monde" (Henri Malberg en 2014)

Nous rendons hommage à la vie d'engagement d'Henri Malberg, marquée par l'intelligence, la fidélité, la camaraderie, et l'espoir conservé de l'émancipation humaine.     

Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg

 

La belle aventure d’une vie dédiée à l’émancipation

Un livre à la fête
MERCREDI, 10 SEPTEMBRE, 2014
L'HUMANITÉ
Photo : DR

"Incorrigiblement communiste", d'Henri Malberg, aux éditions de l’Atelier, 203 pages, 16 euros. Entretiens avec Henri Malberg pour une grande traversée critique de son siècle.

«J e ne prétends pas à l’objectivité. Le XXe siècle dont nous héritons pour le meilleur et pour le pire rend l’avenir imprévisible et tout témoignage incertain », affirme Henri Malberg dans le livre d’entretiens avec deux jeunes journalistes, Céline Landreau et Antonin Vabre, que publient les Éditions de l’Atelier. À plus de quatre-vingts étés, celui qui fut membre de la direction nationale du PCF, secrétaire de la fédération parisienne du même parti, responsable de publications communistes et, aujourd’hui encore, animateur de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité, n’avait pas l’intention de « publier des mémoires ». Pari tenu.

Il préfère évoquer « une très belle aventure (car) travailler à une société meilleure est un très bel objectif de vie », avant de mettre les points sur les i concernant son engagement : « Le communisme fait partie du mouvement en avant qui n’en finira jamais d’être porté par les humains. » Alors, au-delà de quelques touches intimes, quand il raconte par exemple que ses parents, juifs polonais, ont échappé de justesse à la rafle du Vél’d’Hiv, Henri Malberg se retourne sur les grands chambardements de l’histoire qu’il a souvent côtoyés de l’intérieur, si l’on peut dire. Comme l’effondrement de l’URSS, qui résonne encore dans sa mémoire. Mais sans fleurs ni couronnes. « Le système soviétique a résisté, souvent fait des choses merveilleuses et souvent aussi, des choses horribles. Mais il n’a pas réussi à se réformer. Il est resté un système bloqué, aux dirigeants bornés et dogmatiques, sans culture politique vivante… », dit-il. 
 
Quand vient, dans les années soixante-dix, le temps du programme commun de gouvernement en France avec le PS et le MRG, avec « des milliers et des milliers d’adhésions » au PCF sur cette dynamique, puis « l’immense espoir qui s’est télescopé avec la réalité » des divergences de fond entre les deux formations. Cette époque est aussi celle de l’affaire Fiszbin, du nom du premier dirigeant du Parti à Paris, qui agita les communistes français alors. « Il aurait fallu résoudre la question comme nous le faisons aujourd’hui avec une certaine réussite, avancer ensemble, accepter à tel ou tel moment des différences de points de vue stratégiques, et construire en marchant une cohérence choisie à la majorité. » Pour autant, Henri Malberg – et qui le connaît ne s’en étonnera pas – se garde bien de faire la leçon. Même quand il critique, sans nuance, au final, l’arrivée de François Hollande et la porte laissée ouverte au capitalisme brutal, il ne lâche pas le fil de sa pensée. « On ne fera pas bouger la société seulement par le haut, l’État, les institutions, les élections. En même temps, il faut 
que se développe un puissant mouvement, venu d’en bas, du peuple 
lui-même. » Incorrigible. C’est lui 
qui l’a dit. G. R.

Henri Malberg retrouve le logement familial abandonné lors de la rafle du Vél’d’Hiv

La Libération par ceux qui l'ont vécue
GÉRALD ROSSI
MARDI, 12 AOÛT, 2014
L'HUMANITÉ
Albert Facelly pour l'Humanite.

Longtemps conseiller de Paris, président du groupe communiste, Henri Malberg avait échappé de peu à la rafle du Vél’d’Hiv avec ses parents, juifs émigrés de Pologne. De retour dans la capitale libérée, il adhère aux Jeunesses communistes dans son quartier de Belleville.

Autour du camp de Douadic, en 1944, près de la commune du Blanc, dans le département de l’Indre, des fils de fer barbelés marquent les limites à ne pas franchir. Ici, dans de pauvres baraques sont parqués quelques centaines d’étrangers, de juifs, de prostitués, victimes de rafles policières, de consignes pétainistes, de dénonciations… Douadic, entre Poitiers et Châteauroux, est une antichambre des camps de la mort nazis. « Une zone de stockage. » Depuis deux années, le jeune Henri, bientôt quatorze ans, vit là avec son père et sa mère, lui né en France, eux en Pologne. « Nous n’avons pas connu un jour unique de libération , se souvient Henri Malberg, mais depuis l’annonce du débarquement du 6 juin, nous constations que tout se délitait. » Rapidement, les gardiens, tous des Français, n’ont plus rien gardé. Les portes du camp sont restées ouvertes. « Nous avions des informations qui circulaient sur ce qui se passait ailleurs, certains écoutaient Radio Londres, et avec des copains, on suivait aussi l’avancée de l’Armée rouge sur des cartes. Nous étions une poignée de jeunes, les plus grands avaient dix-huit ans, et comme à partir de ce moment, grâce à la Résistance, on pouvait trouver des armes facilement, même dans le camp, nous nous sommes tous armés ; certes, par la suite, aucun d’entre nous n’a jamais tiré un seul coup de feu. Nous aurions pu, car nous avons appris l’arrivée de la sinistre division Das Reich, qui s’était illustrée dans les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane. Nous étions prêts à défendre nos parents. » Les soldats passent finalement à 30 kilomètres du camp. Rétrospectivement, Henri Malberg n’a aucun doute, « s’ils avaient débarqué à Douadic, ils nous auraient tous abattus ».

« Quand mes parents, qui portaient l’étoile jaune, ont assisté aux arrestations, ils se sont cachés »

Puis c’est la fin. La fermeture du camp est organisée. « On nous donne des billets de train pour le retour à Paris, dans notre quartier de Belleville », abandonné brutalement après la rafle du Vél’d’Hiv, des 16 et 17 juillet 1942. « Je revois ma mère à cette époque, arrivant essoufflée d’avoir couru dans les rues, et me disant “Henri, Henri, on va partir”. Coup de chance, quand mes parents, qui portaient l’étoile jaune, ont assisté aux arrestations, ils se sont cachés. Plus tard, nous arrivions en zone sud, qui n’était alors pas occupée. Là, mes parents ont trouvé du travail chez un comte et une comtesse qui avaient baptisé leur sixième garçon Philippe, à la gloire du Maréchal. Je me souviens que la comtesse pesait les pommes de terre crues avant épluchage puis après, afin de vérifier que maman n’en avait pas volé une. Mais, en même temps, ces gens nous ont sauvé la vie… Puis une famille de vignerons nous a délivrés de ce servage et nous a offert un merveilleux asile jusqu’à ce que, sans doute à la suite d’une dénonciation, les gendarmes nous conduisent au camp. »

Octobre 1944.

Les retrouvailles avec la capitale ne sont pas faciles. « Nous vivions à l’hôtel, nous n’avions plus de meubles, plus rien à part le petit atelier au fond d’une cour, où mon père travaillait le cuir. » Dans cette rue de Belleville, où en juin 1940 le jeune Henri se souvient « d’avoir vu défiler, comme à la parade, une colonne de camions remplis de soldats allemands faisant leur entrée dans Paris après la capitulation », voilà qu’il rencontre d’anciens copains. « Très vite, l’un d’eux me propose de rejoindre les Jeunesses communistes. J’ai dit oui immédiatement, tellement cela me paraissait naturel. C’est le moment de la bifurcation de ma vie d’enfant vers celle d’adulte. Mes parents, d’honnêtes braves gens, n’étaient pas politisés, mais ils ont été heureux, des années plus tard, quand j’ai été élu conseiller de Paris, président du groupe communiste. »

À l’heure de la Libération, et aujourd’hui encore, Henri Malberg dit combien le touche la phrase du général de Gaulle : « Paris libéré par lui-même », où il voit les couleurs « de l’insurrection avec l’embrasement de la nation. Certes, il y eut la collaboration, la masse du peuple a subi, rongé son frein, mais il s’est soulevé en masse ». Il insiste : « Attention, je n’ai rien d’un héros, je n’étais qu’un gamin dans la tourmente, mais je sais que c’est le peuple parisien qui a libéré la capitale, et j’en mesure depuis tout le sens, l’héritage de la Révolution, de la Commune, du Front populaire… Mes camarades du cercle de la JC, qui venaient aux réunions avec encore un revolver dans la poche, racontaient les barricades, on en dénombra 600, et l’entrée de l’armée de Leclerc dans une capitale enfin libre. En même temps que nous parlions politique, nous étions comme tous les jeunes, nous chahutions, nous draguions, nous allions au cinéma, au théâtre, et puis aussi nous nous instruisions. J’avais douze ans lors du Vél’d’Hiv, après je ne suis jamais retourné à l’école. Alors, je peux dire qu’avec les cours d’histoire ou de philo de l’université populaire, la JC a été mon université à moi. » « Avec le recul, je crois que je n’ai pas changé. Je suis toujours le gamin qui a souffert, qui a évité de peu Auschwitz, qui a été ouvrier en usine, qui a découvert l’engagement en politique, qui continue à penser qu’il a fait les bons choix, qui est toujours passionné par la politique, qui dit avoir beaucoup appris, mais qui continue à imaginer que le communisme est un morceau de l’avenir du monde. » Sans jamais oublier Douadic.

 

Henri Malberg publie à la fin de l’été Incorrigiblement communiste, aux Éditions de l’Atelier. L’ouvrage sera notamment présent à la Fête de l’Humanité. En librairie le 11 septembre.

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans ACTUALITE NATIONALE DU PCF
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