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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 21:00

Préambule

«La langue et la culture bretonnes constituent une richesse qu’on ne saurait accepter de perdre.»

Ainsi commence l’exposé des motifs d’une proposition de loi élaborée en 1974 par les fédérations de Bretagne du Parti communiste et destinée à défendre et à promouvoir la langue et la culture bretonnes, tout particulièrement dans le domaine de l’Enseignement, mais aussi dans les domaines de la radio et de la télévision. Soulignant tout l’intérêt porté à ces problèmes par le PCF, nous ne pouvons que rappeler ce qui nous relie en la matière aux institutrices et instituteurs qui reconstruisirent Ar Falz après la Libération, aux interventions de Marcel Cachin(1) dont le nom reste attaché à la première proposition de loi tendant à la «conservation de la langue et de la culture bretonnes» présentée le 16 mai 1947 par les députés communistes Pierre Hervé, Gabriel Paul Alain Signor pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord, Louis Guiguen pour le Morbihan et l’ensemble du groupe des députés communistes et apparentés (2) .

Dans la période récente les Fédérations bretonnes du PCF ont pris des initiatives de rencontres et de débats comme ce fut tout particulièrement le cas lors de la venue de Pierre Laurent, secrétaire national de notre Parti en Bretagne : eut lieu à cette occasion à Loudéac le 2 avril 2016 une rencontre avec des représentants d’associations culturelles et de syndicats attachés à la défense et au développement des langues et cultures régionales. Plus récemment ce fut à la Fête de l’Humanité le 10 septembre dernier un riche débat organisé par les communistes bretons auquel participaient des responsables syndicaux et associatifs oeuvrant pour notre vieille langue celtique. Plus récemment encore fut organisé lors de la Fête de l’Humanité Bretagne à Lorient le 3 décembre dernier un autre débat portant sur ces questions.

C’est ce travail d’écoute, de prise en compte des exigences de celles et ceux qui, sur le terrain, travaillent au maintien et à l’épanouissement des langues (breton et gallo) et des cultures populaires propres à notre région qu’entend poursuivre le PCF en Bretagne. Ce travail est d’autant plus nécessaire que la politique d’austérité conduite par l’actuel gouvernement, dans la foulée des précédents, met en péril tous les efforts des milliers de personnes qui se dévouent à cette cause dans le cadre de leurs associations ou dans le système scolaire. Ce combat pour les langues et cultures régionales doit par conséquent également passer par le combat populaire pour rompre avec ces politiques de régression.

Aussi bien ce petit document que nous publions ici ne saurait donc être considéré comme clôturant nos réflexions. Il ne vise qu’à présenter les grands axes d’une réflexion collective, et c’est avec le plus haut intérêt que nous recevrons toutes les remarques et contributions de nature à enrichir notre document dont nous ne pouvons que souhaiter qu’il puisse dores et déjà contribuer à faire avancer dans les institutions et dans la société la cause de la langue bretonne, et celle du gallo ; bref celle d’un héritage de haute valeur auquel une véritable démocratie doit faire toute sa place... et sans barguigner.

Amédée Perrot mai 2017

(1) Marcel Cachin : Né à Paimpol. 1869-1958, dirigeant du PCF, sénateur, fondateur en 1930 des «Bretons émancipés», association qui se transforme après la guerre en «Union des sociétés bretonnes d’Ile de France», très vivante encore aujourd’hui.

(2) Le rapporteur désigné par l’Assemblée s’empressa d’enterrer le projet; c’était monsieur Dexone , le futur auteur de la loi de 1951 qui porte son nom, loi très en retrait par rapport à celle qu’avaient proposée les communistes.

A propos de la Charte culturelle européenne des langues et des cultures minoritaires.

Nous nous sommes déclarés favorables à la ratification de la Charte. Malheureusement la proposition de loi constitutionnelle autorisant cette ratification a été enterrée par le Sénat, à majorité de droite alors qu’elle avait été largement approuvée par l’Assemblée nationale. Les élus communistes et Front de Gauche, tant à l’Assemblée qu’au Sénat ainsi qu’au Parlement européen ont avec constance réitéré leurs prises de position et leurs votes en faveur de cette ratification. Face au capitalisme mondialisé qui détruit la diversité dans tous les domaines et ne connaît d’autre langue que celle de la finance, ratifier cette Charte, loin de mettre en cause l’unité de la République ne pourrait que l’enrichir et la renforcer. Au demeurant il va de soi que pour nous ce qui vaut pour le breton et le gallo vaut pour toutes les autres langues existant dans les autres régions de France, comme pour celles d’OutreMer et celles issues des immigrations. Il s’agit de mettre en avant un processus de démocratisation de la société, de reconnaissance des cultures populaires et de création des conditions de leur plein épanouissement. Il s’agit du respect dû à chaque individu dans ce qu’il porte souvent au plus profond de lui-même. Il s’agit ici de liberté, de démocratie, d’égalité.

A propos de Diwan. Lors de la demande de l’école associative Diwan d’intégrer le service public d’éducation, nous nous y étions montrés favorables. Il est regrettable que le Conseil d’État, pour des motifs qui ont peu à voir avec la culture, ait bloqué toute possibilité d’intégration. Qui peut en effet raisonnablement penser que l’emploi de la méthode pédagogique d’immersion représenterait un danger pour la République? Nous ne perdons pas l’espoir que le chemin puisse à nouveau être recherché pour l’intégration et que l’obstacle du Conseil d’État puisse être levé.

 

Débat sur la République et les langues régionales à la fête de l'Huma en septembre 2016 avec Jean-Marc Cléry (porte-parole FSU Bretagne), Paolig Combot (président de Ar Falz Skol Vreizh), Stéphanie Stoll (présidente de Diwan), Ismaël Dupont et Dominique Bucchini (ancien président communiste de l'assemblée de Corse)

Débat sur la République et les langues régionales à la fête de l'Huma en septembre 2016 avec Jean-Marc Cléry (porte-parole FSU Bretagne), Paolig Combot (président de Ar Falz Skol Vreizh), Stéphanie Stoll (présidente de Diwan), Ismaël Dupont et Dominique Bucchini (ancien président communiste de l'assemblée de Corse)

Dominique Bucchini, ancien président communiste de l'Assemblée de Corse, qui porta l'introduction de la co-officialité du Corse

Dominique Bucchini, ancien président communiste de l'Assemblée de Corse, qui porta l'introduction de la co-officialité du Corse

Débat sur l'identité et les langues de Bretagne avec Vincent Roussel (Diwan), Louis Bellec (Radio Bro Gwened), Ismaël Dupont, animateur (l'organisateur était Jean-Pierre Fouillé), Georges Cadiou (journaliste et historien, régionaliste de gauche), Erik Marchand (chanteur, musicien, et camarade du PCF dans le Centre-Finistère)

Débat sur l'identité et les langues de Bretagne avec Vincent Roussel (Diwan), Louis Bellec (Radio Bro Gwened), Ismaël Dupont, animateur (l'organisateur était Jean-Pierre Fouillé), Georges Cadiou (journaliste et historien, régionaliste de gauche), Erik Marchand (chanteur, musicien, et camarade du PCF dans le Centre-Finistère)

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