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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 18:25
Grande figure politique, Simone Veil regardait l'histoire et l'homme en face avec lucidité

Un très bel hommage qu'a partagé Denis Kermen, un bon camarade du PCF, secrétaire départemental de la fédération de l' Ille-et-Vilaine jusqu'à il y a quelques semaines 

Ses merveilleux yeux clairs pouvaient abriter un regard d'acier...
En quelques mots, elle m'avait fait comprendre ce qu'est un camp d'extermination.
"Certains jours, à la fin, on entendait les trains arriver, les gens descendre. Le soir, à l'appel, il n'y avait pas une personne de plus."
Et bien plus tard, ce sénateur qui avait mis en avant sa "réserve de conscience" pour voter contre la loi sur le choix de la natalité, et qui lui demandait une semaine après "une adresse" pour "la bonne".
Elle n'avait plus aucune illusion sur l'humanité, mais instinctivement, comme la petite niçoise qu'elle n'avait jamais cessé d'être, elle était joyeusement sociable, elle aimait les êtres humains. Et plus spécialement les femmes. 
Elle était anti-communiste, et communiste je l'étais déjà. Mais quand je lui demandais quelle femme représentait le mieux pour elle l'esprit de la Résistance, elle répondait: Germaine Tillion, Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle me disait aussi : jamais je ne mettrai sur le même pied les fascistes et les communistes, ce n'est pas possible. Et comme je remarquais que certains dans son camp le faisaient, elle souriait: "Ils n'ont pas fait leur révolution culturelle". 
Elle aimait Chirac avec tendresse, elle lui pardonnait tout. Elle détestait Barre, elle le soupçonnait d'antisémitisme. Elle n'avait jamais pardonné à Mitterrand. Quant à Giscard, elle était perplexe: "comment peut-on unir en une même personne une si vive intelligence et des ridicules aussi grotesques?"
Elle avait la dent dure. Je me souviens d'un portrait lapidaire de Lecanuet, qui m'avait fait bien rire. Sur Francoise Giroud, elle était très dure aussi. Quand elle parlait politique, elle usait d'un lexique très grossier, cela surprenait: "En 74, les gaullistes, ils ont bouffé leurs couilles!"... Je ne savais pas encore à l'époque que c'était commun à tout ce petit monde.
Entre beaucoup d'autres choses, je retiens aujourd'hui cet autoportrait de la femme de trente ans qu'elle avait été: belle, jeune, libre, qui, dès qu'elle le pouvait, courrait au cinéma. Elle adorait le cinéma. Un de ses fils s'appelle Pierre-François, comme dans Les Enfants du Paradis. 
Un autre Jean, comme son frère aîné assassiné. On y revenait toujours, toujours. Elle le disait, avec étonnement, tendresse, douceur: quand elle se réunissait avec sa sœur Denise, c'est-à-dire toutes les semaines, elles "finissaient toujours par en parler"...
Et puis, lors de ce meeting à Paris, où des fachos du FN viennent faire du scandale: "Vous ne me faites pas peur. Vous êtes des fascistes aux petits pieds. J'ai survécu à pire que vous."
Me voilà forcément très ému aujourd'hui. Le principal c'est sa persistance dans nos mémoires. Simone survit.

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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