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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:42

L'HUMANITE 

DEBATS ET CONTREVERSES

Jeudi 10 avril 2017

 

LE PREMIER STATUT GÉNÉRAL DE LA FONCTION PUBLIQUE A ÉTÉ INSTAURÉ PAR LA LOI DU 19 OCTOBRE 1946, À L'INITIATIVE DU MINISTRE COMMUNISTE MAURICE THOREZ. IL S'AGIT DE RÉPONDRE AUX DÉFIS CONTEMPORAINS

 

À LA VEILLE de l'élection présidentielle, force est de constater que les politiques publiques, les finances publiques et l'emploi public sont toujours les cibles des politiques libérales.

 

Bernadette GROISON (Secretaraire generale de la FSU)

L'ENJEU MAJEUR EST CELUI DE LA RÉDUCTION DES INÉGALITÉS

 

 

 

La fonction publique pèse aujourd'hui 20 % de l'emploi en France. Avec l'ensemble des services publics, elle contribue à répondre aux besoins fondamentaux de la population : santé, éducation, recherche, culture, justice, contrôle, protection, agriculture, environnement, sécurité, aménagement du territoire, entretien des biens publics... Dans chacun de ses versants ­ État, territorial ou hospitalier ­, elle doit assurer aux usagers la permanence, la proximité, l'accessibilité du service public.

Elle sait s'adapter, dès qu'un besoin nouveau apparaît, si les moyens législatifs, réglementaires et budgétaires lui sont donnés. C'est un de ses principes fondateurs. Aujourd'hui, de nouveaux besoins et défis émergent : augmentation du nombre de naissances, de l'espérance de vie, du nombre de personnes âgées et de la dépendance, réussite de tous les jeunes dans le système éducatif, résorption du chômage, développement de la formation, meilleur aménagement du territoire, transition écologique, révolution technologique et numérique. Il y a nécessité d'améliorer le fonctionnement de nombre de services pour mieux y répondre et offrir à chacun de meilleures conditions de vie. Cela passe forcément par des agents en nombre suffisant et formés pour y faire face. La FSU a alerté les candidats à l'élection présidentielle sur la nécessité de créer des emplois publics car l'heure est à la prise en compte de tous les besoins de la population. Ces investissements doivent être pris en charge par la nation. Pour cela, une réelle réforme fiscale, fondée sur une juste répartition des richesses produites, est nécessaire. Ceux qui proposent de supprimer des emplois publics étranglent la capacité de l'action publique. L'éducation nationale ne s'est pas encore remise des 80 000 suppressions d'emplois faites sous le président Sarkozy. De nombreux services souffrent toujours de la politique de redéploiement des postes.

Réduire encore le nombre d'agents, ce sont des effectifs trop lourds en classe, altérant les conditions d'éducation des élèves ; c'est une qualité des soins dégradée dans les hôpitaux ; ce sont des catastrophes sanitaires liées au manque de contrôles, faute de personnel suffisant pour les accomplir ; c'est un accès aux loisirs ou à la culture compromis, faute de moyens nécessaires aux collectivités locales... Nous ne pouvons pas l'accepter. D'autant que la raison invoquée de la nécessité de l'équilibre des finances publiques cache mal la volonté de soumettre des pans entiers de l'intérêt général à des intérêts privés.

Ceux-là mêmes qui disent ainsi rendre la fonction publique plus efficace mentent sur les conséquences que cela aura, tout autant qu'ils se trompent sur les défis propres qu'elle a à relever. Elle doit créer les emplois à la hauteur des besoins, mais elle a aussi à améliorer la formation des agents, la reconnaissance de leur travail, le pilotage des services... La FSU met en garde sur les surcoûts liés à l'externalisation, une privatisation qu'il revient bien souvent à l'État de prendre en charge, avec un coût notable pour chacun des usagers, sans garantie de services de meilleure qualité.

L'enjeu majeur de notre société est celui de la réduction des inégalités. Quand, dans la sixième puissance du monde, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et 3,8 millions sont mal logées, on est en droit d'attendre que les services publics puissent jouer tout leur rôle. Qui peut encore penser que l'on développera l'emploi, que l'on fera face aux défis démographiques et de santé publique, que l'on fera la nécessaire transition écologique sans l'éducation, la formation, la recherche, la santé, les services publics locaux.

La FSU fait le pari que le développement des emplois dans la fonction publique contribuera à y répondre, car, oui, la fonction publique contribue à la création des richesses pour notre pays.

 

CLOE maurel normalienne agregee et docteur en histoire

SE SERVIR DE L'ARGENT RÉCUPÉRÉ SUR L'ÉVASION FISCALE!

 

 

 

La campagne présidentielle 2017 manque de discussions de fond sur des vrais projets. Pourtant, il y a beaucoup de choses à proposer pour améliorer les conditions de vie de la majorité de la population et pour consolider le vivre-ensemble : une solution simple est de créer de nombreux emplois dans les services publics. L'idée n'est pas à la mode. Pourtant, elle est bonne ! En effet, on a besoin de beaucoup plus de médecins et d'infirmières dans les hôpitaux, qui connaissent une grave crise car ils sont laissés à l'abandon, sous-dotés par l'État depuis plusieurs années ; on a besoin de beaucoup plus de professeurs dans les écoles, collèges et lycées publics. Dans les classes des quartiers populaires, il faudrait limiter les effectifs à 20 élèves par classe pour que les enseignants puissent vraiment aider ces élèves à progresser. Il faudrait aussi augmenter les salaires des professeurs, pour rendre le métier plus attractif : actuellement, l'éducation nationale manque cruellement de professeurs de mathématique qualifiés, car d'autres carrières plus rémunératives s'offrent aux personnes ayant ces compétences.

Il faudrait aussi renationaliser les services publics qui ont été au fil des années totalement ou partiellement privatisés : France Télécom, La Poste, la SNCF, Pôle emploi, des banques... En effet, un service public vise à rendre un service à la population, alors qu'une entreprise privée vise avant tout à faire du profit. Lorsqu'un secteur d'activité est public, non seulement il rend un meilleur service aux usagers, mais il coûte moins cher à faire fonctionner, et en plus les conditions de travail pour ses employés sont meilleures. Rappelons-nous la vague de suicides chez les travailleurs d'Orange et dans d'autres secteurs privatisés...

François Mitterrand, en arrivant au pouvoir en 1981, avait opéré plusieurs nationalisations, il faut retrouver cet esprit, cet élan social. Rappelons-nous aussi la création de la Sécurité sociale en 1945, qui était un formidable acquis social : au lieu de la remettre en cause comme le veut la droite, il faut la renforcer et aller vers le 100 % remboursé pour tous, au lieu d'étendre le système des assurances privées qui reviennent plus cher et accentuent les inégalités entre populations.

On devrait aussi créer beaucoup plus d'emplois d'assistante sociale, de bibliothécaire, de conseiller d'orientation, etc., pour créer plus de services publics, notamment de services sociaux et culturels dans les quartiers défavorisés. Toutes ces créations d'emplois aideraient à lutter contre le chômage, qui est un fléau qui mine notre société.

Comment financer tout cela ? me direz-vous. C'est très simple : cesser de verser des milliards d'euros d'argent de l'État à des chefs d'entreprise sans contrepartie (ce qui a été fait ces dernières années, avec le Cice et d'autres dispositifs) et, surtout, empêcher l'évasion fiscale, qui fait perdre à l'État des dizaines de milliards d'euros chaque année. Les grandes multinationales et les particuliers fortunés qui échappent à l'impôt en cachant leur argent dans les paradis fiscaux devraient être traqués par des inspecteurs spécialisés, mis à disposition par l'État en plus grand nombre ; devraient être contraints de verser les sommes dues à l'État et de payer en plus de fortes amendes. Les plus gros délinquants, ce ne sont pas les jeunes de banlieue, ce sont les délinquants en costume qui dérobent ainsi des millions à l'État, ou ceux qui magouillent pour employer ou faire rémunérer (parfois sans travail) leurs proches !

Avec l'argent récupéré sur l'évasion fiscale, on pourrait facilement combler le trou de la Sécurité sociale et créer les postes nécessaires dans le domaine de la santé, de l'éducation et de la culture. Il faudrait aussi que l'accès aux emplois, publics ou privés, soit démocratisé, par la généralisation du CV anonyme. Trop de passe-droits existent, trop de clientélisme, de favoritisme, de népotisme. Ces solutions de bon sens sont absentes du programme de la majorité des candidats, ceux de gauche exceptés bien sûr, voilà ce qui explique la désaffection de nombreux Français pour les affaires politiques, leur dégoût. Il est urgent que le débat à la présidentielle porte davantage sur ces questions, et que les journalistes donnent mieux la possibilité aux candidats de gauche d'exprimer ces idées progressistes, pour convaincre tous les Français, notamment ceux des classes populaires, de voter non pour la droite ou l'extrême droite, qui ne proposent que des voies réactionnaires et rétrogrades, mais pour la gauche qui, seule, propose des solutions allant dans le sens de l'intérêt général, afin de la faire gagner !

 

christophe delecourt secretaire national de l’union federale des syndicats de l’etat CGT

 

il s’agit de repondre aux defis comtemporains

 

 

 

Réduire toujours et encore le nombre des fonctionnaires ! Force est de constater qu'avec un objectif de suppression de 500 000 postes, François Fillon en fait une des mesures essentielles de son programme. Emmanuel Macron propose d'en supprimer 120 000, dont 50 000 dans la fonction publique d'État et 70 000 dans la fonction publique territoriale. Quant à Marine Le Pen, qui ose déclarer qu'il faut «... limiter la fonction publique territoriale parce qu'il ne (m') apparaît pas qu'elle serve à la population...», elle entend «... réduire massivement la fonction publique territoriale »... Celles et ceux qui prétendent qu'il y aurait trop d'agents publics savent pourtant que, sur les vingt dernières années, la part des emplois de la fonction publique dans la population active est passée de 20,34 % à 20,43 %, soit une remarquable stabilité... Ils savent aussi que, selon l'étude de Xavier Timbeau, directeur de l'OFCE, la France compte 126 agents pour 1 000 habitants, contre 131 aux États-Unis et 186 en Norvège...

Pour la CGT, la face cachée de nouvelles et massives suppressions d'emplois de fonctionnaires s'inscrit dans un objectif consistant, in fine, à répondre aux exigences démesurées de la rentabilité du capital, une captation toujours plus grande de la richesse produite par le travail, une financiarisation, une marchandisation et une privatisation toujours plus exacerbées de l'ensemble des processus économiques et sociaux. Dans un tel contexte, les politiques publiques, les services publics, les finances publiques, l'emploi public sont les coeurs de cible des politiques libérales.

Enfin, alors que la loi travail a pour objectif de mettre par terre le Code du travail et la protection des salarié-e-es par des dispositions législatives et le respect de la hiérarchie des normes, c'est aussi la mise en cause du statut général des fonctionnaires qui est visé au moyen de la suppression d'emplois statutaires. À l'opposé de telles évolutions et à un moment où la crise systémique du capitalisme ne cesse de se généraliser et de s'aggraver, la CGT réaffirme les nécessaires défenses et reconquêtes des politiques et des services publics.

Il s'agit bien de répondre, tant à l'échelle locale que mondiale, aux défis contemporains en assurant la satisfaction des droits et des besoins fondamentaux, l'émancipation humaine, la mise en oeuvre d'une autre logique de développement articulant développement industriel, transition écologique et principes fondamentaux de la démocratie.

Elle propose, au moyen notamment d'une réforme fiscale et de la création d'un pôle financier public, de doter les services publics des moyens nécessaires. C'est pour permettre l'exercice plein et entier des missions de service public que la CGT revendique les créations de postes de fonctionnaires nécessaires et à la hauteur des besoins. C'est aussi pourquoi la CGT exige un plan de titularisation massive des agents non titulaires, soit environ 20 % des personnels aujourd'hui.

Reste à défendre, conforter et améliorer les dispositions relatives au statut général des fonctionnaires ! Fondé sur les principes d'égalité, d'indépendance et de responsabilité, ce statut portant droits et obligations des fonctionnaires protège ces derniers, mais aussi les citoyen-n-es et les usagers qui ont le droit au rendu d'un service public impartial, à leur service et à l'abri de toutes pressions partisanes, politiques ou patronales.

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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