Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 11:30
Dimanche 23 avril, votons pour Jean-Luc Mélenchon pour faire échec à la droite et à l'extrême-droite et promouvoir des politiques sociales, écologiques, démocratiques qui nous sortent du néo-libéralisme, de l'austérité, de la soumission volontaire aux puissances capitalistes

Le dimanche 23 avril, je vote Mélenchon. 

Et d'ici le 23 avril, comme ces dernières semaines, moi et mes camarades, nous allons agir pour convaincre un maximum d'électeurs encore hésitants d'aller voter pour Jean-Luc Mélenchon. 

C'est trop important. 

Pourquoi?

J'admire le talent de l'orateur et son sens politique, je partage la plus grande partie du programme de propositions sociales et démocratiques qu'il porte à cette élection présidentielle même si je regrette que Jean-Luc Mélenchon n'ait pas associé l'ensemble des composantes du Front de Gauche à la construction et à l'animation de ce programme et de sa campagne, qu'il présente, au risque de l'inefficacité et d'une division stérile, des candidats France Insoumise aux législatives face à tous les candidats du PCF et du Front de Gauche, y compris face aux dix députés du Front de Gauche (dont huit issus du PCF), en refusant jusqu'à présent les offres d'alliance et de rassemblement, même quand localement les groupes du PCF, du Front de Gauche et de France Insoumise seraient prêts à s'entendre.    

Mélenchon n'est pas mon gourou, d'ailleurs je n'en ai pas.

Je suis en désaccord avec un certain nombre de ses idées, déclarations (sur la Syrie, la Russie, les langues et cultures régionales, sur la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, sur l'Europe, le choix de l'armement nucléaire et les options militaires, sur l'immigration et certains propos par rapport aux réfugiés, aux travailleurs détachés, sur l'idéalisation jacobine de la France qui va parfois à l'encontre des idéaux internationalistes de la gauche que j'aime), pratiques et objectifs politiques. 

Je ne lui fais pas une confiance aveugle, pas plus à lui qu'à quiconque.

En tant que communiste, je ne souhaite pas que son mouvement, France Insoumise, nouveau parti politique remplaçant un Parti de Gauche en vraie perte de vitesse (qui avait vu son nombre de militants divisé par 10 entre 2012 et 2016, du fait notamment de certaines pratiques politiques internes), dont le ciment est, peut-être plus qu'un projet politique, l'adhésion à une personnalité politique perçue comme l'homme providentiel, prenne tout l'espace sur la gauche, au détriment d'organisations marxistes à l'assise populaire ancienne, comme la mienne, qui ont d'autres pratiques de rassemblement et qui refusent les logiques de "tout ou rien", le populisme dangereux du "tous pourris", de la suspicion généralisée portant sur les élus, les organisations démocratiques constituées (politiques, syndicales), et enfin qui refusent de se placer hors du clivage droite-gauche mais qui veulent au contraire se placer au coeur de la gauche, et de ses idées de progrès et d'égalités, pour la faire gagner et la faire tenir debout.      

J'aurais souhaité une alliance large à gauche, entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, avec les écologistes, les communistes, Ensemble, l'ensemble des forces progressistes, pour faire gagner une majorité présidentielle et parlementaire de gauche, sur un contrat de gouvernement ambitieux tournant le dos aux pratiques présidentialistes, au libéralisme économique et à l'austérité.

C'était possible, c'était souhaitable et peut-être une condition nécessaire (l'avenir nous le dira!) pour faire gagner la gauche, pour faire échec à Macron, à la droite et à l'extrême-droite.

Je trouve que ni l'un ni l'autre, Mélenchon ou Hamon, et c'est un euphémisme de le dire ainsi, n'ont fait beaucoup d'effort pour rendre cette hypothèse, certes pas la plus facile à mettre en place, possible, au nom de l'intérêt supérieur du pays et de la population.   

Néanmoins, grâce à la belle dynamique de sa campagne et au contexte politique d'enlisement dans les affaires et la proximité avec le monde de l'argent, d'éclatement du Parti Socialiste qui accentue sa différence et la rend attractive, c'est le seul vote aujourd'hui en mesure de nous éviter la catastrophe sociale et démocratique qui sortirait immanquablement d'un second tour entre Marine Le Pen, et/ou Emmanuel Macron, et/ou François Fillon.

Catastrophe sociale et démocratique... Un militant ou un électeur de gauche ne peut que la craindre à l'issue d'une victoire pas impossible de Le Pen ou de Fillon, la candidate de l'extrême-droite et le candidat de la droite extrême, tous deux trempés jusqu'au cou dans des histoires de détournement de fonds publics pour des fins partisanes ou personnelles, mais surtout qui portent tous deux des projets basés sur la discrimination, le refus de l'égalité des droits, le délire identitaire et nationaliste (essentialiste et passéiste) et l'alimentation de la xénophobie pour détourner l'attention du peuple des vrais responsables et des vraies responsabilités de la dégradation des conditions de vie.  

Mais une victoire de Macron serait aussi pour nous une catastrophe.

Car ce serait le triomphe de la transformation en simple objet marketing de la démocratie, une victoire éclatante des logiques ultra-présidentialistes, le point d'appui des milieux d'affaires qui ont besoin d'un nouveau parti démocrate centriste et néo-libéral comme aux Etats-Unis, à la place du vieux parti socialiste discrédité par ses compromissions, démissions, reniements. Une victoire de Macron pourrait encore brouiller davantage le clivage droite-gauche pour la population, voire effacer politiquement la gauche ou quasiment, comme en Italie, donner des nouvelles armes aux réactionnaires pour présenter l'ultra-libéralisme et les politiques de destruction des conquêtes sociales et des services publics sous le visage trompeur du progressisme, du modernisme, d'une France qui bouge, d'une France en marche.

Une victoire de Macron donnerait une nouvelle légitimité, après le discrédit du quinquennat Hollande qui participait des mêmes logiques, au projet de soumission à l'Europe du capital et aux logiques de la mondialisation libérale, à la volonté de privatisation de la France, de transformation du politique en mode de management du capitalisme financier identifié abusivement à l'intérêt général.

Assurément, pendant cinq ans, nous aurions à lutter contre des remises en cause sans précédent de l'éducation publique, de la sécurité sociale, de l'hôpital, du droit du travail, avec face à nous une coalition d'opportunistes de droite et de la droite du PS, c'est à dire encore de droite, ayant trouvé à se raccrocher à un cheval gagnant prêt à donner un coup d'accélérateur au projet néo-libéral et à mettre le pouvoir de la technocratie et du président au service des lobbys. 

Face à cette perspective extrêmement inquiétante, c'est pour nous une chance historique de voir que ces dernières semaines la candidature de Jean-Luc Mélenchon a franchi un cap de crédibilité et de sympathie dans l'électorat, ce que l'on ressent parfaitement sur le terrain quand on discute avec les gens qui sont nombreux à le juger le plus vrais, le plus sincère, le plus brillant, le plus digne de la fonction présidentielle.  

Aujourd'hui, selon les sondages, c'est la candidature préférée des jeunes, des 18-25 ans, qui à 30% se déclarent prêts à voter Mélenchon.

C'est extrêmement encourageant. C'est aussi une candidature qui parle aux personnes appartenant aux catégories populaires, à la classe ouvrière.

Or, les jeunes et les ouvriers et les employés étaient deux catégories de la population que l'on disait probablement devoir se tourner prioritairement vers le Front National, alors que leurs intérêts objectifs devraient les porter vers une gauche égalitaire, de transformation et d'innovation. C'est donc une grande satisfaction de voir que Mélenchon, grâce à la dynamique militante qui porte sa candidature, mais aussi à sa vista personnelle et à son installation dans le paysage médiatique, a déjà permis de déjouer ces sombres et déprimants pronostics.  

Jean-Luc Mélenchon est, dans cette élection présidentielle qui politise et intéresse le plus grand nombre de nos concitoyens plus que tout autre type d'élection, celui qui porte le mieux l'aspiration à bousculer le système, l'oligarchie, celui qui incarne le projet et le désir d'un monde neuf, basée sur une souveraineté restaurée du citoyen, l'écologie, la recherche d'égalité.  

La dynamique ascendante de ses intentions de vote dans les sondages qui le placent à 3 ou 4% de Le Pen et Macron, à 2% de Fillon ou à égalité avec lui, fait qu'il est aujourd'hui possible de qualifier Mélenchon au second tour, et de le faire gagner au second tour, même. Les commentateurs les moins favorables à Mélenchon témoignent que c'est lui qui qui a la meilleure dynamique de campagne et la progression dans l'électorat la plus spectaculaire.  

Cela dépend de notre capacité à convaincre les cinq, dix, ou vingt personnes qui autour de nous hésitent encore, qui sont à gauche mais ont des réserves sur Jean-Luc Mélenchon, ou une préférence pour d'autres candidats de gauche.

Notre avenir, l'intérêt de la population française, en particulier des classes populaires, dépendent de cet effort et de sa conclusion heureuse.

Jean-Luc Mélenchon, au second tour, ce serait pour la première fois depuis des années un projet progressiste de transformation sociale, économique et démocratique qui serait proposé au choix des électeurs, ce serait la possibilité de gagner une victoire de classe, une victoire d'étape et provisoire certes, mais une victoire quand même, et il n'y en a pas eu tant que ça cette année, face aux forces capitalistes en France et en Europe. Ce serait la possibilité de rendre notre république plus sociale, plus démocratique, plus écologique.

Alors, tous ensemble, pour rendre le changement possible au service de notre vie quotidienne à tous, pour ne pas nous laisser piétiner par le MEDEF, la droite, l'extrême-droite, les ultra-libéraux, les lobbys financiers, votons Jean-Luc Mélenchon le dimanche 23 avril. 

Ismaël Dupont, le 18 avril 2017.  

    

 

Sondages : Macron, Le Pen, Fillon et Mélenchon toujours au coude à coude

         

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste et du Front de Gauche. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011