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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 14:32

Le nouveau numéro spécial de la LRI que vous tenez entre les mains veut lever le voile sur la réalité de la situation des migrants en France et en Europe et sur la nocivité des programmes de rejet que la droite et l’extrême droite ont bien l’intention de mettre en oeuvre si elles gagnent les prochaines élections.
Ainsi donc, à les écouter, il n’y aurait plus de problèmes économiques et sociaux en France et en Europe si nous « accueillions moins » d’immigrés. Migrants, réfugiés… « étrangers», « clandestins », d’amalgames en amalgames et de mensonges éhontés en chiffres truqués, droite et extrême droite tissent leur toile. L’extrême droite se distingue de la droite
ultralibérale en exploitant le rejet des politiques européennes pour présenter l’UE comme trop permissive alors qu’en réalité les politiques migratoires européennes mises au point depuis 1990 sont ultra-sélectives et sécuritaires.
Ce n’est pas parce qu’il y aurait plus d’immigrés que les extrêmes droites progressent en Europe, mais à l’inverse c’est parce que les extrêmes droites progressent sur fond de profonde crise existentielle du cadre européen que les politiques migratoires des pays européens se font de plus en plus restrictives, créant des « goulots d’étranglement », jetant
les candidats à l’immigration dans les bras des passeurs, vouant des milliers d’entre eux au travail au noir, à la mort par noyade, aux violences et viols.
Certes les flux migratoires ont augmenté ces vingt dernières années avec les crises économiques des pays d’Europe centrale et orientale, le développement ou la poursuite de
conflits et guerres au Moyen-Orient et en Afrique, les dictatures et aggravations
des inégalités économiques et sociales, et avec les changements climatiques mais aussi avec le développement des qualifications et des compétences. Ces mouvements concernent seulement 3 à 3,5 % de la population mondiale et majoritairement d’un pays du Sud vers un
autre pays du Sud. L’UE est le cadre de fortes migrations internes – migrants d’Europe centrale que l’extrême droite britannique a précisément ciblés lors du référendum sur
le Brexit alors que le vrai problème est, depuis 20 ans, la Directive du travailleur détaché qui a organisé un dumping social frénétique à l’intérieur de l’UE.
Accuser les immigrés de la crise, c’est oublier un peu vite que, même quand ils sont maintenus dans l’illégalité, les immigrés qui travaillent produisent non seulement des richesses
mais versent des cotisations sociales, paient des impôts et participent ainsi au budget de l’État – si tant est qu’il ne soit pas grevé par les politiques d’austérité car voilà bien la cause du manque de logements, de services publics d’éducation, santé et transport, d’aide et protection sociales…
Les migrants qui travaillent nous « prennent-ils » des emplois devenus rares ? En France, les migrants, toute situation confondue, représentent seulement 10 % de la population ; ce ne sont pas eux qui sont à l’origine de la fermeture des industries et mines du Nord et de
l’Est de la France ou de la baisse des effectifs dans la Fonction publique
auxquels ils n’ont pas accès… mais bien les vagues de délocalisations de ces trente dernières années qui ont engraissé les actionnaires du CAC 40 par exemple, et le transfert
de la dette des banques sur les budgets nationaux après la crise de 2008. Mais si nous voulons sortir le pays de la crise, créer des emplois, augmenter les salaires, diminuer
les inégalités sociales, développer l’industrie française tout en l’engageant dans la transition écologique, développer tous les services publics et contribuer à une République pour
tous, se donner les moyens d’une sécurité humaine collective… c’est d’une tout autre politique nationale et européenne dont nous avons besoin reprenant le contrôle sur la souveraineté économique et budgétaire du pays afin de réinvestir dans le développement humain, social et
écologique. S’attaquer au système ce serait ça car les emplois qui n’existent plus, n’existent plus pour personne. Par contre chaque travailleur, Français ou immigré, contribue
à l’économie du pays. À nous de décider si la société doit encore longtemps subir le joug des
financiers et des actionnaires, ou si nous voulons une économie au service de la société tout entière.

Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF
 

(LETTRE DES RELATIONS INTERNATIONALES - SPÉCIAL MIGRANTS - FÉVRIER 2017
MIGRANTS)

LE MONDE DU 28/09/2016

1952 RÉFUGIÉS RELOCALISÉS EN FRANCE SUR UN OBJECTIF DE 17 762 PRÉVUS POUR SEPTEMBRE 2017

 

Lydia Samabarbakhsh, responsable du secteur international du PCF

Lydia Samabarbakhsh, responsable du secteur international du PCF

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans ACTUALITE NATIONALE DU PCF
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