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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 14:16

 

 

Les images d'Anaëlle De Araujo et Noé Philippot. Plus d'infos sur www.letelegramme.fr

À 31 ans, la Palestinienne Maisa Abd Elhadi est l'actrice principale du film 3.000 nuits de Mai Masri. Elle y incarne une palestinienne détenue dans une prison en Israël. Rencontre avant sa tournée de promotion dans le Finistère.

Hier matin, à l'hôtel de l'Europe. Maisa Abd Elhadi descend gracieusement les marches. Toujours souriante et élégante, elle parle à tout le monde dans un anglais parfait tout en sirotant un café. Elle est venue à Morlaix pour présenter le dernier film dans lequel elle joue : 3.000 nuits, de Mai Masri, projeté à La Salamandre, hier soir.

Le renouveau du cinéma palestinien

« J'ai toujours voulu être actrice. Quand j'étais petite, j'ai vu Léon de Jean Reno, avec Natalie Portman, et j'ai su que je voulais faire du cinéma ». Elle a joué dans de nombreux films palestiniens comme « Habibi » de Suzan Youssef et « Dégradé » des frères Nasser. Dans le film « 3.000 nuits », elle incarne une femme palestinienne détenue dans une prison israélienne. « Quand on m'a présenté le projet du film, je mourais d'envie de jouer ce rôle. Cela devait être moi. Mais c'était aussi un défi parce que je n'ai pas le même caractère que le personnage », explique l'actrice de 31 ans.

Une actrice engagée

Née à Nazareth, dans ce qu'elle appelle « la Palestine occupée », Maisa Abd Elhadi a été particulièrement émue de l'accueil qui a été fait au film en Israël et dans les territoires palestiniens. « Lorsque le film a été projeté dans les territoires palestiniens, les gens pleuraient, parce qu'ils savent de quoi on parle. Ils le vivent au quotidien. Et certains Israéliens étaient aussi émus de voir ce que leur Etat inflige aux Palestiniens », se souvient-elle.

« Il y a de bonnes ondes à Morlaix »

Cette jeune actrice a été invitée à Morlaix par l'Association France Palestine Solidarité morlaisienne. Trois projections de « 3.000 nuits » , suivies d'un débat, ont été programmées. Maisa Abd Elhadi a donc commencé à découvrir le pays de Morlaix et ses habitants depuis quelques jours : « Je sens qu'il y a de bonnes ondes ici. Je pense que les gens vont être touchés par ce film car c'est un sujet qui peut parler à tout le monde. Mais ils vont aussi peut-être être surpris parce qu'ils vont voir un autre aspect du conflit israélo-palestinien ». Hier à Morlaix, elle sera ce soir au Grand Bleu à Carhaix et demain soir au Club de Douarnenez pour les autres projections-débats. À La Salamandre, le film restera à l'affiche jusqu'au 7 février.

en complément

« L'opinion doit se mobiliser au niveau local »
C'est l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) de Morlaix qui a invité Maisa Abd Elhadi à venir dans le Finistère. Rencontre avec son porte-parole, François Rippe, et l'adhérente Jeannine Bizian. 

Quelles actions menez-vous à Morlaix ?
Nous sommes là pour alerter la population sur les conséquences du conflit israélo-palestinien. Nous organisons donc des soirées et des campagnes visant à sensibiliser les gens, notamment sur les conditions de détention des prisonniers palestiniens. Nous organisons aussi des voyages en Palestine pour nous rendre compte directement de la situation sur place.

Est-ce que les Morlaisiens sont intéressés par ces enjeux ? 
Oui, les gens sont de plus en plus réceptifs et se sentent concernés. Par exemple, on arrive facilement à engager la discussion pendant le marché de Morlaix. Parfois il y a plus de 150 personnes qui viennent à nos soirées. L'opinion doit se mobiliser au niveau local pour avoir un impact au niveau international.

Pourquoi avez-vous invité Maisa Abd Elhadi ?
Dans les territoires palestiniens, l'aspect culturel de la résistance est très important, en particulier pour la nouvelle génération. Une scène culturelle alternative est en train d'émerger et consolide l'identité palestinienne. Un film comme « 3.000 nuits » permet de toucher beaucoup plus de monde que des actions locales. C'est un miracle que Maisa soit là ! Et puis, cela parle aussi de la manière dont la répression des prisonniers renforce la radicalisation identitaire. Cette question est également d'actualité en France.
Le télégramme, 2 février 2017

Le télégramme, 2 février 2017

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