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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 06:54

L’HUMANITE

Lundi 2 janvier 2016

LIONEL VENTURINI

 

 

Comment exister jusqu'au bout du mandat quand on ne se représente pas ? Pour le chef de l'État, samedi, dans ses vœux aux Français, l'équation passe par la scène internationale. Dans les quatre mois qui lui restent, il pourrait pourtant tant faire, lui répliquent huit personnalités.

LA PALME DE LA LANGUE DE BOIS DÉCERNÉE À JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS, PREMIER SECRÉTAIRE DU PS, POUR QUI FRANÇOIS HOLLANDE A NI PLUS NI MOINS « SU CONCILIER LE REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE DU PAYS À LA RESTAURATION DE LA PLACE DE LA FRANCE EN EUROPE ET DANS LE MONDE, TOUT EN RÉPONDANT AUX ATTENTES DE NOUVELLES CONQUÊTES PROGRESSISTES ».

Des vœux empreints « d'émotion et de gravité », dixit François Hollande : le service après-vente n'est jamais aussi bien assuré que par soi-même. Pour ses derniers vœux aux Français, alors qu'il lui reste quatre mois encore à l'Élysée, le chef de l'État n'a pas dérogé à la ligne qu'il s'est fixée depuis sa renonciation à se représenter : le président préside, se réserve la scène internationale, revenant notamment sur la menace terroriste, « il y a dans l'Histoire des périodes où tout peut basculer, nous en vivons une », a-t-il dit, avant de se rendre aujourd'hui en Irak « pour saluer nos soldats ». Il s'est fait l'avocat de son action ­ « les comptes publics ont été rétablis, la Sécurité sociale est à l'équilibre, la compétitivité de nos entreprises a été retrouvée, la construction de logements atteint un niveau record, l'investissement repart (...) le nombre de demandeurs d'emploi baisse enfin depuis un an » ­ pourquoi n'est-il donc pas candidat ?

À la droite de François Fillon et à l'extrême droite de Marine Le Pen, il adresse une mise en garde : « Le rôle des forces et personnalités politiques » est d'« éviter de brutaliser la société », quand le candidat de la droite veut supprimer 500 000 emplois publics et couper dans les prestations sociales. Au FN, il réplique : « Comment imaginer notre pays recroquevillé derrière des murs, réduit à son seul marché intérieur, revenant à sa monnaie nationale et, en plus, en plus, discriminant ses enfants selon leurs origines ? »

Dix minutes d'allocution et aucune annonce de réforme nouvelle. À la gauche, enfin, il adresse une mise en garde contre « la dispersion » qui entraînerait « l'élimination » de celle-ci dès le premier tour de la présidentielle. Oubliant qu'il fut, durant ce quinquennat, le premier à éparpiller la majorité qui l'a porté au pouvoir en 2012, écartant du gouvernement écologistes comme aile gauche du PS. Dans ces dix minutes d'allocution, pas d'annonce de réforme nouvelle, pourtant : la fin du quinquennat irait-elle pépère ? À comparer avec le discours du Bourget en 2012, beaucoup reste à faire. Alors, nous avons demandé à huit personnalités ce qu'elles impulseraient, dans leur domaine, si elles étaient, comme François Hollande, aux manettes jusqu'en mai. Nos vœux de réussite pour 2017, en somme.

 

 

Eric BOCQUET

Sénateur – Coauteur de « Sans Domicile FISC »

 

 

J'IMPULSERAIS UNE GRANDE CONFÉRENCE MONDIALE CONTRE L'ÉVASION FISCALE

Dans les cinq mois qui restent, je lancerais les bases d'un conférence internationale sur l'évasion fiscale en réunissant d'abord toutes les ONG qui travaillent là-dessus depuis de nombreuses années ­ je pense à Oxfam, CCFD-Terre solidaire... Mais aussi les lanceurs d'alerte qui ont contribué à révéler différents scandales, les journalistes d'investigation, des magistrats... On commence par la France, puis on attaque ensuite l'échelon européen, parce que c'est à l'échelon international qu'il faut engager les choses et parce que c'est à ce niveau que se posent les questions sur les complicités, les proximités entre le monde de la finance et des responsables politiques de haut niveau tels Barroso ou Juncker. Les enjeux dépassent largement le G20, c'est pourquoi une COP de la finance est nécessaire, il y a dans le monde 200 États concernés par les conséquences de l'évasion et de l'optimisation fiscales de grands groupes. On pourrait s'appuyer aussi sur l'ONU, qui pourrait avoir un rôle pilote dans l'affaire, pour mettre en place cette conférence. Travail gigantesque, certes, mais songeons que des centaines de milliards s'évaporent chaque année ; il faut, une fois pour toutes, se défaire de cette emprise que la finance a dans tous les rouages des gouvernements du monde. Dans le livre écrit avec mon frère Alain, nous proposons que cette conférence se tienne dans un lieu symbolique, le Burundi, l'un des États au monde où le PIB par habitant est le plus faible, parce que les pays en voie de développement sont impactés par les pratiques des grands groupes. Cela pose la question de la démocratie, et de qui dirige les affaires du monde. L'élection de Donald Trump en est un symbole ; dès qu'il aura prêté serment, le 20 janvier, il se trouvera en situation de conflit d'intérêts en possédant ses dizaines d'entreprises de par le monde, notamment au Panama ou au Qatar, et où se posent de sérieuses questions sur l'optimisation fiscale. La France a les capacités d'impulser seule le mouvement, de par les débats qui s'y déroulent : le libéralisme n'y a pas encore partie gagnée ; malgré les efforts du libéralisme, il y a dans ce pays des forces de contestation organisées, et on devrait s'appuyer sur ce mouvement progressiste dans toute sa diversité.

 

 

 

 

Sophie binet

Dirigeante de la CGT en charge de l’égalité homme – femme

 

 

LES 32 HEURES SONT LA SEULE RÉFORME CRÉDIBLE POUR CRÉER DE L'EMPLOI

Je mettrais en œuvre la réduction du temps de travail à 32 heures par semaine, car c'est la seule réforme crédible pour créer de l'emploi. Et elle est très peu coûteuse: alors que le pacte de responsabilité a coûté 40 milliards d'euros, soit deux points de PIB, sans que la contrepartie du million d'emplois promis par le Medef n'ait été au rendez-vous, les 35 heures ont coûté moins de 2 milliards d'euros, pour 400000 emplois directs créés, au minimum.

C'est aussi une réforme indispensable parce que la révolution numérique va générer des gains de productivité de 20 à 40 % en fonction des secteurs: sous dix ans, selon certaines études, 3 millions d'emplois pourraient être supprimés. On va donc travailler moins, c'est une bonne nouvelle, à condition qu'on l'organise collectivement sans baisse de salaire, avec la réduction du temps de travail comme outil de répartition des richesses.

C'est enfin une réforme indispensable pour l'égalité femmes-hommes. Premier facteur explicatif des inégalités professionnelles, le temps des femmes est très différent du temps des hommes. Assumant toujours 80 % des tâches ménagères, les femmes sont confrontées à des doubles journées et 30 % d'entre elles sont enfermées dans des emplois à temps partiel, pour l'essentiel subi. Pour les femmes cadres, c'est le plafond de verre: l'impossibilité d'avoir une carrière comme d'accéder aux responsabilités, et une pression permanente. La campagne «#VieDeMère, avoir une carrière c'est toute une histoire» a permis de briser un tabou et de dévoiler l'ampleur de ces discriminations.

Alors, gagner l'égalité, est-ce aligner le temps de travail des femmes sur celui des hommes, 44h30 en moyenne pour les cadres? Ou réduire le temps de travail pour permettre aux hommes comme aux femmes d'avoir du temps libéré pour leur parentalité et leurs loisirs? Baisser la durée légale de travail à 32 heures et l'accompagner de politiques publiques de prise en charge de la petite enfance et de lutte contre les stéréotypes, c'est rapprocher le temps des femmes et celui des hommes.

 

 

 

 

 

bernard friot

Réseau salariat – membre du PCF

 

 

 

PASSER DE 500 À 1000 MILLIARDS DE COTISATIONS

Le capital mondialisé joue à son gré de la localisation et des finalités de l'appareil productif. Pour mettre en échec cette folie, toutes les entreprises doivent devenir la propriété de la nation et les travailleurs, dotés d'un salaire à la qualification lié à leur personne et non pas à leur entreprise, pourront y exercer réellement les responsabilités de copropriétaires d'usage. Ce projet peut devenir très populaire en utilisant l'outil de la cotisation. Doublons la collecte de cotisations, qui passeraient des 500 milliards actuels à 1 000 milliards (soit les trois quarts de la valeur ajoutée marchande). Le coût supplémentaire pour les entreprises marchandes serait compensé par l'annulation, pour le même montant, de leurs dettes d'investissement et des dividendes. Cette opération blanche commencera d'assécher l'accumulation du capital par les prêteurs et les actionnaires. Et elle créera un levier considérable d'appropriation populaire de l'outil de travail. Comment ?

D'une part, 250 milliards (cotisation de 20 % de la valeur ajoutée de chaque entreprise marchande) iraient à des caisses d'investissement, gérées par les seuls travailleurs, à créer à la place des banques. Elles subventionneront l'investissement des entreprises à condition que celles-ci deviennent la propriété de la nation et la copropriété d'usage de leurs salariés, condition mise également à l'accès aux marchés publics.

D'autre part, 250 milliards (seconde cotisation de 20 % de la VA) iraient à des caisses des salaires, gérées par les seuls travailleurs, pour généraliser le salaire à vie dans toute entreprise dont le personnel déciderait d'en devenir propriétaire d'usage en la remettant à la nation. Ce salaire à vie, compris entre un plancher de 1 500 euros net et un plafond de 6 000 euros, garantira la capacité de décision de chacun dans son entreprise et dans les instances de coordination de la production, qu'elle soit marchande ou non marchande.

Rendre populaire la maîtrise d'une part suffisante de la valeur pour l'affecter à une production communiste libérée du capital, c'est renouer avec l'ambition nationale.

 

 

 

 

 

raquel garrido

Membre de la France Insoumise et auteure du Guide Citoyen de Vie république (Fayard)

 

 

LA CONSTITUANTE METTRA ENFIN LE PEUPLE AUX MANETTES

 

Élue présidente, l'article 11 de la Constitution me permettra de proposer, par référendum, la convocation d'une assemblée constituante. Ce pouvoir n'est pas soumis à l'approbation du Parlement.

La Constituante pour la VIe République permettra aux citoyens d'instituer des garanties démocratiques comme le droit de révoquer les élus entre les élections à partir de la mi-mandat, ou la prise en compte du vote blanc dans le suffrage exprimé. Alors que la Ve République a atrophié nos pouvoirs souverains, la VIe les élargira, par exemple en donnant le droit de vote aux jeunes dès 16 ans.

On hissera au rang de droits fondamentaux des droits aujourd'hui inexistants ou menacés, comme le droit à mourir dans la dignité et le droit à l'avortement.

Moderne, la VIe République relèvera le premier défi de notre temps : la préservation de l'écosystème. Le principe constitutionnel dit Règle verte passera les lois et activités économiques au crible de cet objectif qui conditionne la vie humaine sur Terre. La Constituante mettra enfin le peuple aux manettes, un peuple qui aura aboli la monarchie présidentielle et retiré à l'oligarchie son pouvoir illégitime. Nous en finirons avec les injustices et la captation des richesses par une poignée.

La Constituante sera paritaire, évidemment, et sa représentativité devra s'y voir à l'oeil nu. Les classes et quartiers populaires, aujourd'hui expulsés de la vie civique par des comportements politiques qui dégoûtent même les plus vaillants, devront y être en nombre. Ce sera le moment d'une grande délibération nationale, créative et audacieuse. On pourra parler Internet, conscription, propriété privée, souffrance animale, Europe... et bien d'autres choses. C'est au peuple de définir l'ordre du jour et de trancher les grands débats qui le concernent au premier chef. Ces grands travaux constituants seront, au final, validés par référendum. Et « Moi, présidente », je me soumettrai au résultat.

 

 

 

 

jean mouzat

Agriculteur en Corrèze et Président du Mouvement des Exploitants Familiaux (MODEF)

 

 

JE METS EN PLACE DANS LES QUINZE JOURS UN PRIX PLANCHER POUR CHAQUE PRODUCTION

Je viens de me voir confier la responsabilité suprême, moi, petit paysan de la Corrèze né d'une famille de travailleurs de la terre. Mon histoire, c'est celle d'un citoyen français qui, un jour, a fait le choix de s'engager en politique et dans le syndicalisme paysan.

Je pense pouvoir affirmer que je mesure la détresse des agriculteurs, surtout celle des petits et moyens paysans qu'on rencontre dans les zones défavorisées. Ils subissent depuis des années des baisses de revenus qui, aujourd'hui, mettent en péril leurs exploitations mais aussi le devenir de toute une profession.

La situation est grave, il y a nécessité à agir vite. Je mets en place, dans les quinze jours, un prix plancher pour chaque production, prix qui permet de couvrir les charges, qui génère un salaire convenable à l'agriculteur. Il faut aussi prévoir une formation au métier d'agriculteur digne de ce nom, en redonnant de la dynamique à l'enseignement agricole public, et la mise en place d'une politique du foncier permettant l'installation par la transmission directe ou par la location de biens devenus disponibles. Sur la retraite, qui sera versée dès 60 ans, je donne les moyens au retraité agricole de toucher 1300 euros mensuels. Cette mesure, que j'appellerai Rira (revenu indispensable au retraité agricole), coûtera environ 500 millions d'euros par an, une paille comparée au Cice qui, lui, nous a coûté 40 milliards.

Maintenir la vie partout sur les territoires, c'est se donner les moyens d'une politique d'aménagement ambitieuse. Moi, président, je veux encore demain et pour longtemps entendre rire et crier les enfants jusque dans le plus petit village de mon pays; moi, président, je veux former des instituteurs pour éduquer les enfants de ces villages; moi, président, j'ai un seul ennemi, c'est la finance. Mais moi, je la combattrai pour la mettre au service du peuple. Oui, j'ai la prétention de rendre les gens heureux.

 

 

 

 

julien bayou

Porte-parole national d’EELV

 

 

 

J'AI DÉCIDÉ DE RÉORIENTER LE CICE 2017 VERS LA RÉNOVATION THERMIQUE

Chères concitoyennes, chers concitoyens, Je tenais à vous remercier pour les chaleureuses marques d'affection que j'ai reçues de toutes parts depuis que j'ai annoncé que je ne me représentais pas. Cette subite popularité fait chaud au coeur. Puisque je ne me représente pas, je peux vous le dire franchement : le Cice est un fiasco. Je n'aurais jamais dû écouter Emmanuel Macron.

Aussi, alors que trop de nos concitoyen-ne-s ont du mal à se chauffer et que le chauffage est responsable de près d'un quart des particules fines qui polluent notre air et nous empêchent de respirer, près de 3,8 millions de ménages, soit 8 millions de personnes, sont considérés en situation de précarité énergétique. Ils consacrent plus de 10 % de leurs revenus à leurs dépenses d'énergie. Bien souvent, cette situation provient d'une mauvaise isolation des bâtiments: ainsi la famille a le choix entre dépenser trop pour mal se chauffer ou avoir froid. Ou les deux.

Les conclusions de l'étude Eurofound sur le coût de l'insalubrité sont sans appel: la réhabilitation des logements en France coûterait 44 milliards d'euros, mais rapporterait ensuite chaque année 20 milliards d'euros grâce aux dépenses de santé évitées ! Cet investissement sera donc amorti en à peine plus de deux ans.

On estime que chaque logement rénové génère 0,19 emploi direct et indirect. S'attaquer aux millions de logements mal isolés, c'est donc assurer de l'emploi local et non délocalisable pour longtemps ! Pour bénéficier de cette aide d'État, dans les entreprises prestataires, le salaire le plus élevé ne pourra être plus de 12 fois supérieur au salaire le plus bas dans l'entreprise. Ainsi, les dirigeants devront augmenter les salaires des plus précaires pour pouvoir s'augmenter eux-mêmes. C'est une question de justice sociale, mais également d'efficacité économique : c'est ainsi que nous soutiendrons les carnets de commandes de nos PME et artisans. Bonne année.

François Hollande

 

 

 

françoise dumont

Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme

 

 

 

LE DROIT DE VOTE DES ÉTRANGERS POUR CONFORTER LA NOTION D'ÉGALITÉ

Lors de sa campagne de 2012, le candidat Hollande avait fait part de sa volonté d'accorder aux étrangers non communautaires le droit de vote aux élections locales. La LDH avait alors pensé qu'elle verrait enfin aboutir un combat que, avec d'autres associations, elle porte depuis près d'une trentaine d'années.

près d'une trentaine d'années. Malheureusement, de tergiversations en tergiversations, ce dossier est resté désespérément clos, Manuel Valls finissant par déclarer, fin 2015, que ce n'était pas une priorité et qu'il fallait cesser de « courir derrière un totem qui n'était plus adapté à la réalité du monde ». En qualifiant cette mesure de « totem », l'ex-premier ministre a d'ailleurs mis le doigt sur la valeur symbolique de ce vote. Pour ces centaines de milliers d'hommes et de femmes qui vivent sur le territoire français, il est effectivement symbolique de leur reconnaître le droit de s'exprimer sur la gestion de la commune où ils vivent, où ils paient des impôts, dans un pays dont ils ont contribué à accroître la richesse.

Octroyer enfin à ces résident-e-s le droit de vote, ce serait combler un déficit démocratique aussi important que malsain, qui divise la population de nombreuses villes en citoyens électeurs d'un côté et, de l'autre, privés de vote. Cette mesure établirait une égalité de traitement entre résidents étrangers européens et résidents étrangers non européens. Elle constituerait enfin un élément parmi d'autres pour contrer les effets délétères de la crise sociale et économique en confortant l'effectivité de la notion d'égalité.

La Ligue des droits de l'homme n'a jamais sous-estimé les obstacles que l'exécutif ne manquerait pas de rencontrer en engageant la réforme qui permettrait d'octroyer le droit de vote à tous les résidents étrangers. Elle constate simplement que, sous cette mandature, rien n'aura été tenté et que, si le gouvernement avait le droit d'échouer, il n'avait pas celui de renoncer.

 

 

 

 

MARIE CHRISTINE VERGIAT

Députée Européenne Front de Gauche.

 

 

 

RÉFUGIÉS: REGARDER LE MONDE TEL QU'IL EST ET S'APPUYER SUR LES SOLIDARITÉS CITOYENNES

Que faire ou que conseiller à un « vrai » président de gauche en matière de migrations? Tout d'abord, changer totalement de paradigme et regarder le monde tel qu'il est et non tel que la plupart des politiques le fantasment en s'appuyant sur les solidarités citoyennes qui se développent un peu partout.

Non, il n'y a pas une « crise des migrants » en Europe mais une crise mondiale des réfugié-e-s. Et les réponses de l'Union européenne ne sont à la hauteur ni de cette crise mondiale, ni de la solidarité dont elle devrait faire preuve, tant en interne qu'au niveau international.

Un président de gauche devait être à l'offensive pour dénoncer les politiques racistes et xénophobes des États les plus réactionnaires de l'UE.

Il n'est pas question d'accueillir toute la misère du monde et nous en sommes bien loin, notamment en France. Il s'agit d'ouvrir une autre voie et de cesser de faire le lit des extrémistes de tout poil en reprenant sans cesse un peu plus leurs discours et leurs propositions. Il est juste question de prendre notre juste part au défi qui est devant nous : accueillir avec dignité ceux, et de plus en plus celles, qui cherchent refuge sur notre territoire ; appliquer le droit international ; ­ et, au minimum, respecter strictement le droit d'asile et prendre en charge les mineurs isolés.

Et s'il est une mesure phare que devrait prendre dès son arrivée le nouveau président, c'est de lancer immédiatement une large opération de sauvetage en mer en utilisant tous les moyens, y compris militaires, dont dispose la France pour faire cesser l'hécatombe en Méditerranée. Ce serait une mesure digne de la patrie des droits de l'Homme, que la France se gargarise d'être. Plus de 40 000 morts depuis le début des années 2000 et un nouveau record atteint cette année. Ça suffit !

 

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