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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 19:38

Marine Le Pen fait la chasse aux étrangers démunis pour mieux servir les Français les plus riches

LUNDI, 16 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR
Marine Le Pen à la Trump Tower, mercredi 11 janvier 2017. Photo : Samuel Levine/AFP.com
Marine Le Pen à la Trump Tower, mercredi 11 janvier 2017

La candidate du Front national à l’élection présidentielle a réitéré sa proposition de couper l’accès aux aides aux immigrés de fraîche date, pour la scolarité notamment. A demi-mots, elle évoque également le rétablissement d’aides pour les Français les plus aisés installés à l’étranger.

Marine Le Pen a réaffirmé ce matin sur RTL sa volonté d’instaurer un délai de carence pour l’accès aux aides pour les étrangers installés en France. Estimé « par exemple » à deux ans, a-t-elle acquiescé à la question de la journaliste, il concernerait les remboursements de frais médicaux, mais aussi l’éducation, en établissement public ou hors contrat. La présidente du Front national met non seulement en avant la « préférence nationale » mais invoque la réciprocité : « Il y a des tas de Français qui vont travailler aux Etats-Unis, en Allemagne, en Australie et personne ne leur paye ni les soins ni l'école. » Oubliée la France terre d’accueil « mieux-disante » socialement… Fidèle à son habitude, la chef de file de l’extrême droite française veut réduire les droits des derniers immigrés arrivés sur le sol national, souvent les plus faibles. 

Mais Marine Le Pen fait pire. Car comme souvent avec le FN, une mesure cache d’autres préoccupations. « Les Français qui sont par exemple aux Etats-Unis paient la scolarisation de leurs enfants depuis cinq ans. Avant c’était gratuit dans les écoles françaises, maintenant c’est payant.  Et ça n’a l’air de scandaliser personne. Pourtant ils sont Français et à ce titre ils devraient quand même bénéficier de la gratuité de l’école française. » Certes – et c’est l’argument sur lequel s’appuie Le Pen - on peut se demander pourquoi les enfants Français installés à l’autre bout du monde paieraient l’école quand elle est gratuite sur le territoire national. Demandons-nous plutôt pourquoi les Français qui vivent en France et y scolarisent leurs enfants paieraient sur leurs impôts les frais de scolarité pour les 125 000 enfants de Français expatriés (1) qui le plus souvent paient leurs impôts dans leur pays de résidence. En sous-entendant une rupture dans l’égalité, c’est en fait à une flagrante inégalité de classe que la candidate du Front national voudrait revenir. Une inégalité  - elle se gardera bien de le dire - mise en place par Nicolas Sarkozy.

Les Etats-Unis, le pays « exemplaire » pour Marine le Pen

L’ancien président de la République, sous couvert d’aide au réseau international d’établissements français (500 établissements situés dans 137 pays), dont « les financements publics ne (permettaient) plus de couvrir les frais », expliquait Le Monde en janvier 2013, avait décrété « le remboursement intégral des frais de scolarité des lycéens », conformément à ses promesses de campagne de 2007. Pour l’anecdote, cette décision avait été appliquée alors que son fils Louis fréquentait le lycée français de New York, à 20 000 euros l’année… La mesure avait été levée par le gouvernement Ayrault en 2013, car outre la prise en charge totale de 33 millions d’euros, c’est en tout 110 millions d’euros qui étaient inscrits au budget pour financer la scolarité des Français à l’étranger, avec des critères qui selon la ministre déléguée aux Français de l’étranger « privilégiaient trop les familles au train de vie le plus élevé ». Le Monde citait à l’époque des comptes 2011 qui mentionnaient une famille installée à Londres et « gagnant 170 000 euros annuels » remboursée à hauteur de « 41% des 16 000 euros de frais de scolarité qu'elle déboursait pour ses deux enfants inscrits dans l'école bilingue », une autre expatriée à Houston « aidée à hauteur de 76 % pour ses 26 000 euros annuels de facture scolaire en dépit de ses 120 000 euros de revenus annuels ».

C’est d’ailleurs aux Etats-Unis, le pays « exemplaire » que cite Marine le Pen, que cette injustice sociale était la plus flagrante : en tout, relevait le ministère, « 776 familles françaises installées aux Etats-Unis se sont partagées en 2011 une enveloppe de 12 millions d'euros au titre de l'aide à étudier dans un établissement français ». Est-ce vers ce modèle que la présidente du Front national, qui prétend parler « au nom du peuple », veut faire revenir en France ?

(1) Sur les 336 000 élèves scolarisés dans les établissements français dans le monde, 211 000 sont étrangers, estimait en septembre 2016 le ministère des Affaires étrangères.

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