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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 20:57

Du pouvoir de dislocation du chômage et de la précarité de masse et de l'absence de capacité ou de volonté des politiques d'y mettre fin qui amène l'électeur à se vouer aux recettes de n'importe quel charlatan. 

Du pouvoir du simulacre en politique et dans les démocraties modernes. 

Du pouvoir d'envoyer mille reflets contradictoires de celui que l'on ne connaît pas, derrière l'apparence de brillant et d'ambitieux jeune homme au physique séduisant, fonceur et sans tabou. Macron, l'homme caméléon qui renvoie les hommes de droite, de gauche, les ni-droite ni-gauche, les indéterminés, à leurs aspirations ou à la confusion de leurs pensées.  

Des régressions infantiles produites par l'hyper-présidentialisme transformant pour beaucoup  la vie politique en conjugaison de fièvre narcissique et d'idolâtrie béate. 

Du brouillage des repères idéologiques entre droite et gauche, de la méfiance et de la déception vis-à-vis des partis traditionnels. Emmanuel, dit merci à François Mitterrand, dit merci à François Hollande! Ne sois pas un fils ingrat. 

De la permanence et de la croissance d'une subjectivité politique ni droite ni gauche, pourvu que ça marche... 

De la capacité nouvelle de la technocratie et du monde des affaires à devenir sexy et à exercer le pouvoir directement, plutôt que par l'intermédiaire de politiciens chevronnés. Macron, c'est Raymond Barre avec une gueule de jeune premier. 

De la dépolitisation d'une bonne part des citoyens qui regardent la politique comme un match de boxe, un spectacle, complètement désabusés sur son efficacité, et qui accordent leurs bravos aux plus belles formules, aux forts en gueule, aux starlettes du moment du show politique.  

Du pouvoir de la jeunesse en politique et de la rhétorique du modernisme... Voyez Giscard en 1974. 

De la crise du PS que Hollande et Valls ont envoyé dans le mur, mais plus grave, le pays et la gauche avec! 

De la désorientation des dirigeants socialistes et de la conversion depuis un moment déjà d'une partie d'entre eux au néo-libéralisme. 

Des conquêtes idéologiques du néo-libéralisme: où comment un homme de la finance, banquier d'affaires chez Rotschild, peut passer au cabinet du Président, le trahir, se présenter seul contre un vieux Parti, passer pour un homme providentiel sans jamais avoir affronté le suffrage universel avec pour seul fait d'arme celui d'avoir oeuvré au cabinet de Hollande et au gouvernement à une politique pro-business contre les régulations, le droit du travail et les services publics. Macron: c'est le culte de l'individualisme, des hommes forts, de la réussite personnelle évaluée en costard et en tape-à-l'oeil. L'équivalent centriste d'un Berlusconi ou d'un Sarkozy. Un épigone de Tony Blair ou de Tapie.  

De la puissance de la marchandisation du politique dont le devenir publicitaire est à l'oeuvre et du storytelling dans un contexte de concentration de la majeure partie des médias aux mains de quelques capitalistes ou de leurs alliés objectifs.

Si Macron était dans le trio de tête des Présidentielles, ce serait le signe de la capacité du système capitaliste et oligarchique à remplacer des valeurs refuges démonétisées (le PS social-libéral passé à la centrifugeuse de 5 ans de hollandisme, Juppé le prétendu "modéré") par d'autres monnaies de singe encore peu expérimentées, de manière à ce que l'on ait le choix entre l'extrême-droite ennemie des syndicats et amie des riches et des inégalités traditionnelles et "naturelles" malgré son discours anti-libéral de façade, Fillon et sa droite ultra-libérale, et Macron, la version soft et cool du néo-libéralisme. 

Les conditionnements sont bien en place mais l'électeur reste libre et souverain en démocratie et il ne tient qu'à lu, et au sérieux des "offres" concurrentes, de renvoyer Macron à ses conférences et conseils à plusieurs centaines de milliers d'euros pour l'aristocratie du capital.    

Alors, en marche pour devenir tous des millionnaires, ou en révolte contre le cynisme de ceux qui ne se contentent pas de vous asservir sous le règne de l'argent roi mais voudraient encore vous faire aimer le veau d'or de l'argent souverain et du big business? 

Ismaël Dupont 

 

 

  

 

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