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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 08:20
Stop au management inhumain, boycottons Auchan ! - le Calvaire d'une caissière de Auchan Tourcoing victime d'une fausse couche pour cause de maltraitance au travail

Auchan. Une entreprise domiciliée en Belgique pour échapper à l’impôt, 88 millions de #CICE, hausse du salaire des dirigeants : 12,5%. Pour quels résultats ? 

En 2016, licenciement d'une caissière pour une erreur de caisse de 83 centimes, aujourd'hui sanction d'une salariée victime d'une fausse couche ..

Voici l'histoire de Fadila : 

C’est une jeune salariée âgée de 23 ans embauchée début novembre dans le cadre  d’un contrat de professionnalisation de six mois. Après quelques jours de travail, la jeune femme commence à souffrir de nausées et de maux de tête. Verdict de son médecin : « vous êtes enceinte ! ». Une nouvelle magnifique qui va tourner au cauchemar !

Immédiatement elle sollicite sa hiérarchie afin d’alléger son planning et de lui permettre  de se rendre aux toilettes. La réponse de la direction est sans appel, c’est non. Le quotidien de Fadila est le suivant : travailler huit heures d’affilée en caisse avec vingt minutes de pause. Intenable pour la jeune femme qui multiplie les malaises. S’en suivra un arrêt maladie.

Le 21 novembre, elle reprend son poste. Le 22 novembre la souffrance devient insupportable. Elle demande alors un doliprane. Réponse de la direction : non. 17 heures, Fadila se lève, et découvre son fauteuil plein de sang. Alertés, les pompiers arrivent rapidement sur place et invitent Fadila à se rendre aux toilettes.

C’est trop tard, le drame vient d’avoir lieu. Dans la cuvette les pompiers découvrent le fœtus. Terrible.

Pas au bout de ses souffrances, la jeune femme est priée par l’entreprise d’amener un justificatif concernant son absence et son départ précipité de la veille. Incroyable.

Comble de l’insupportable, la direction d’Auchan lui verse un salaire de  350 euros en novembre, refusant ainsi de lui rémunérer  la «période d’arrêt consécutive à ce drame personnel».

Demain c'est quoi ? La mort sur le lieu de travail peut-être ! 

Il serait temps de mettre fin à ce régime féodal !

En solidarité avec toutes celles et ceux, qui au quotidien sont victimes de ce management inhumain, prenons une décision radicale, boycottons les magasins Auchan ! 

Frappons les là ou ça fait mal, au portefeuille ! 

Lire la lettre de pétition

 

Pour ce mois de calvaire, Fadila n’a touché que 350,64/euros net.

Pour ce mois de calvaire, Fadila n’a touché que 350,64/euros net.

Lire aussi dans Ouest-France: 

Fausse-couche chez Auchan. « J’ai été empêchée » d'aller aux toilettes
http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/auchan/une-salariee-accuse-auchan-de-negligence-apres-sa-fausse-couche-4706736
 

Auchan : Le Calvaire d'une employée victime d’une fausse couche à sa caisse

PIERRIC MARISSAL
MERCREDI, 28 DÉCEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Victime d’une fausse couche à sa caisse, une employée du Auchan City de Tourcoing se bat pour la reconnaissance du drame qu’elle a vécu.

Le 22 novembre à 14 heures, Fadila (prénom modifié – NDLR), jeune femme de 23 ans, s’installe à la caisse 1 du Auchan City de Tourcoing. De fortes douleurs lui vrillent le ventre. Elle est enceinte de trois mois et souffre de complications. Mais ni son poste ni sa charge de travail n’ont été aménagés, malgré ses demandes répétées auprès de la direction. Appelée à l’aide vers 15 heures, sa responsable répond qu’elle est occupée. La salariée, en contrat d’apprentissage, se tourne alors vers la sécurité et demande, en vain, du paracétamol pour soulager la douleur. Avec la fin d’après-midi, le magasin se remplit. Les spasmes deviennent insupportables, la caissière est très pâle et les clients commencent à s’inquiéter pour elle. Fadila se lève de sa chaise, la voit couverte de sang. Son pantalon aussi est maculé. Elle demande aux clients de se diriger vers d’autres caisses. Un responsable, qui réagit enfin, l’engueule : « Ce n’est pas l’heure de fermer ta caisse ! » et l’enjoint de rester assise. Fadila fond en larmes. Un agent de sécurité appelle les pompiers, qui arrivent prestement.

« Il faudra amener un justificatif », lui dit sa responsable

« Ils m’ont demandé si j’avais pu aller aux toilettes, raconte-t-elle. Je leur ai répondu que j’en avais été empêchée. » Elle y va alors. « Mon sang ne cessait de s’écouler, c’était interminable. Quand je suis sortie, un pompier, muni de gants, est allé chercher un fœtus dans la cuvette et m’annonça la perte de mon bébé. » Fadila est ensuite hospitalisée, extrêmement choquée. « Il faudra amener un justificatif », lui dit en tout et pour tout sa responsable à la sortie de l’hôpital.

C’est peu après que Fadila a poussé la porte de la CGT de Tourcoing. « Nos locaux sont à 200 mètres à peine d’Auchan City, raconte Samuel Meegens, le secrétaire général de l’union locale du syndicat. On a immédiatement compris qu’elle avait un besoin énorme que soit reconnu le drame qui lui était arrivé. C’est une jeune femme pleine de principes et elle ressent bien que ce qu’elle a subi est indigne. Elle a vécu tout cela avec un sentiment de culpabilité énorme. »

Aujourd’hui Fadila va mieux. « Je sens que je ne suis plus toute seule, assure-t-elle. Je peux parler et faire connaître mon histoire. Mais je suis encore en colère et j’attends des excuses d’Auchan. Jamais plus je ne porterai sur ces magasins le même regard qu’avant. Tout a changé. Cela va être très difficile de pardonner. C’était mon bébé… Et ma santé qui était en péril. On est bientôt en 2017, c’est incroyable qu’on puisse perdre son bébé comme ça sur son lieu de travail. »

Et le combat ne fait que commencer. Une enquête du comité d’hygiène et de sécurité de l’entreprise est lancée, avec le soutien de la CGT. La direction du Auchan City de Tourcoing n’a en revanche renvoyé la déclaration d’accident du travail que le 23 décembre. Deux jours avant, Fadila recevait de cette même direction une lettre de rappel à l’ordre, car elle n’avait pas envoyé de justificatif médical dans les 48 heures… « Et la cerise sur le gâteau, s’énerve Ioannis Kappopoulos, son avocat, c’est qu’elle a subi une semaine de retenue de salaire parce que son badge ne marchait pas. » Pour ce mois de calvaire, Fadila n’a touché que 350,64 euros net. La plainte pénale va être multiforme, annonce l’avocat, citant le « non-respect d’une obligation de prévention » et la « non-assistance à personne en danger ». « Et puis on lancera une procédure prud’homale s’ils ne régularisent pas les heures, précise-t-il. Dans ce magasin, c’est la chasse aux délégués syndicaux. Cet été, ils ont viré une caissière pour une erreur de caisse de 0,85 euro (voir l’Humanité du 4 août 2016 – NDLR) et aujourd’hui ils laissent sur sa chaise une salariée qui fait une fausse couche en souffrant le martyre pendant six heures. »

Jusqu’ici, Auchan n’a réagi que par un bref communiqué émanant du siège. « La direction d’Auchan City est extrêmement attristée par l’épreuve rencontrée par l’hôtesse de caisse », assure le bref texte. Selon Auchan, « dès que sa hiérarchie a été informée du problème rencontré par l’hôtesse, elle a alerté les secours et l’hôtesse a été prise en charge rapidement ». En revanche, joint au téléphone, un porte-parole du groupe prétend que la direction du magasin « n’a jamais reçu de demande d’aménagement de poste ».

Auchan City Tourcoing appartient à AMV Distribution, qui est lui-même présidé par Auchan France, donc la famille Mulliez, l’une des plus grandes fortunes de France. « Auchan City est une filiale mais aussi une expérimentation managériale, explique Samuel Meegens, où les salariés ont moins de droits et sont moins nombreux que dans les magasins habituels. » Et il y a une vraie souffrance chez les travailleurs de ce magasin. « À l’union locale, on a reçu des dizaines de salariés d’Auchan City Tourcoing. Même le premier directeur du magasin est venu lorsqu’il s’est fait licencier. » Et cela, dans un contexte où le maire de droite de Tourcoing, Gérald Darmanin, veut priver la CGT de ses locaux. « S’il arrive à ses fins, des histoires comme celles de Fadila resteront sous silence », met en garde le syndicaliste. Car, dans cette ville où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, la CGT s’occupe aussi beaucoup des détresses individuelles. « Et la famille Mulliez est l’un des premiers employeurs de la ville, leurs salariés représentent près de la moitié des gens que l’on syndique. »

Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies

 

 

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