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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 06:59

LES GRANDS ENJEUX POUR NOTRE PLANÈTE, PAR GÉRARD LE PUILL

Des truies sont abattues en Bretagne, découpées outre-Rhin et retournent dans les salaisonneries françaises

 

 

L’hebdomadaire paysan « la Moselle agricole » rendait compte récemment d’une assemblée générale des éleveurs de porcs lorrains. On apprenait qu’en 2015 la production était restée s table dans la région avec 13 500 tonnes de viande sur l’année. Mais les cochons abattus dans la région représentaient 3 128 tonnes, soit 10 % de moins sur un an. 84 000 porcs charcutiers lorrains ont été abattus dans d’autres régions de France et 3 700 à l’étranger, principalement en Allemagne.

Nous connaissons les raisons de ces transferts. En Allemagne les « travailleurs détachés » d’Europe centrale occupent environ 80 % des emplois dans les abattoirs, avec des salaires nettement inférieurs à ceux des locaux, du fait de charges sociales très faibles payées dans le pays d’origine.

Les cochons lorrains ne sont pas seuls à se faire transporter vivants outre-Rhin. C’est vrai aussi pour beaucoup de porcs belges, danois et néerlandais, qui partent en camions se faire tuer en Allemagne avant de revenir découpés dans des caisses pour être ensuite expédiés dans une multitude de magasins européens et d’entreprises qui transforment la viande porcine en charcuterie. Il arrive même que des truies à saucisson, abattues en Bretagne, soient ensuite transportées dans des camions réfrigérés pour être taillées en pièces outre- Rhin avant de revenir dans les salaisonneries françaises.

Le choix de l’Allemagne pour l’abattage ou la découpe est jugé rentable par les professionnels de la viande si le bas coût de la maind’oeuvre « détachée » permet d’économiser quelques centimes par kg une fois payé le transport aller-retour. Reste que l’augmentation du bilan carbone de la viande ainsi traitée contribue au réchauffement climatique, au gaspillage de carburant, à l’usure des véhicules, à la dégradation du bitume sur les routes et les autoroutes.

Mais le bilan carbone ne s’arrête pas là. Aux Pays-Bas et au Danemark, la perte de compétitivité des élevages porcins imputable aux bas coûts d’abattage en Allemagne a conduit beaucoup de naisseurs-engraisseurs à abandonner la production de viande pour ne plus être que des naisseurs. Désormais, ils vendent des porcelets aux engraisseurs allemands au moment du sevrage. Résultat : beaucoup d’ateliers d’engraissement de ces deux pays se sont vidés pendant que des porcheries neuves étaient construites en Allemagne.

Quand on sait que le coulage d’une tonne de béton dans le cadre de la construction d’un bâtiment correspond en moyenne à l’émission de 900 kg de CO2, faire rouler des cochons morts ou vifs sur des milliers de kilomètres dans le seul but d’économiser un centime d’euro sur une tranche de jambon est une drôle de façon de protéger le climat. Cela ne semble pourtant pas déranger nos décideurs politiques, à commencer par ceux qui veulent devenir présidents de la République en 2017.

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