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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 08:46
Présentation du projet solidaire de l'AFPS Morlaix avec le camp de réfugiés palestiniens de Jalazone et le centre de réhabilitation pour les handicapés Al Karama

Nous sommes plusieurs adhérent-e-s de l’AFPS du Pays de Morlaix à nous être rendus en Palestine en avril 2016, à plusieurs reprises nous avons visité le camp de réfugiés de Jalazone au nord de Ramallah pour y rencontrer les associations offrant différents services aux habitant-e-s ainsi que le Comité Populaire en charge de son organisation et de son fonctionnement. Reçus de façon très chaleureuse, nous avons pu comprendre les réalités du camp et constater le dénuement dans lequel vit sa population. Des habitant-e-s confronté-e-s depuis 68 ans à l’occupation israélienne et n’ayant aucune reconnaissance administrative autre que celle de réfugiés.

Présentation générale

Le camp de réfugiés de Jalazone fut établi en 1949 sur une surface de 25,3 ha, soit environ 0, 25 km2 . Il est situé à 7 km au nord de Ramallah et en contrebas de la route vers Naplouse. Construit sur une colline dominant le proche village de Jiffna, le camp de Jalazone fait face à la colonie israélienne de Beit El, située en hauteur de l’autre côté de la route de Naplouse protégée par une installation militaire. Ce qui est devenu problématique pour les habitant-e-s du camp.

Les habitants sont originaires de 36 villages, principalement des environs de Lydda (Lod)situé sur l’actuel territoire israélien et des régions centrales de la Palestine, dont ils ont été chassés en 1948. Comme les autres camps de Cisjordanie, Jalazone est construit sur des terres louées pour 99 ans par l’UNRWA, ici au gouvernement jordanien. L’UNRWA est l’agence des Nations Unies dédiée aux réfugiés palestiniens. La population de Jalazone est d’environ 16 000 personnes, dont la moitié ont 20 ans ou moins, et elle croît régulièrement. Le camp a donc une population dense, jeune, sur un territoire strictement délimité par des possibilités d’extension quasi-inexistantes. Donc, ici comme dans les autres camps, l’extension se fait en hauteur, par adjonction de nouveaux étages, les ruelles entre les bâtiments sont extrêmement étroites, l’air et la lumière entrent difficilement dans les habitations, avec tous les problèmes que cela peut engendrer et des répercussions sur la santé notamment des personnes âgées sortant peu ou pas de leurs maisons.

Le fonctionnement du camp

Même s’il ressemble à une ville, du point de vue juridique, le camp n’en est pas vraiment une. Installé par l’UNWRA, il dépend financièrement de cette organisation et non d’une mairie pour tous les services tels que la voirie, l’éducation, la santé, le traitement des ordures ménagères. Deux écoles et le centre de santé dépendent également de l’UNWRA. Pour le reste, les habitants doivent compter sur d’autres aides : dons individuels de la communauté du camp, partenariats extérieurs avec des États, des municipalités, des ONG, des associations de solidarité … A titre d’exemple, le camp dispose d’une école secondaire de filles fondée grâce à un financement allemand. Par contre, il n’y a pas d’école secondaire pour les garçons. L’implication collective des habitants se fait à travers le Comité Populaire du camp et par des associations qui interviennent dans différents domaines. Le comité populaire est composé de 15 personnes, 13 hommes et 2 femmes, issues des différentes associations et des partis politiques du Mouvement National Palestinien. Il est divisé en plusieurs départements correspondant aux différents domaines d’intervention. Outre le Comité Populaire, la vie du camp s’organise autour de plusieurs associations :

• Association pour la réhabilitation des personnes handicapées

• Protection civile

• Associations de femmes

• Centre d’accueil pour les enfants et les jeunes

• Association d’aide aux personnes âgées…

L’occupation israélienne

Au-delà de conditions de vie souvent difficiles, les habitants de Jalazone subissent en plus les effets de l’occupation israélienne. De façon régulière, ils sont la cible de provocations des colons voisins ou des militaires israéliens. Ainsi, ils sont régulièrement visés par des tirs de gaz lacrymogène envoyés depuis la proche colonie. Fréquents sont les vendredis où la fin de la prière, à l’heure de midi, est marquée par l’envoi de ces gaz. Ce fut le cas, le 2ème jour de notre séjour, 10 minutes après notre départ du camp, alors qu’un mariage était célébré. Il arrive aussi fréquemment que des soldats s’approchent de l’école située à l’une des entrées du camp à la fin des horaires scolairessans aucune autre motivation que d’imposer leur présence. Bien évidemment, les gamins réagissent régulièrement par des jets de pierres, souvent au péril de leur intégrité physique, voire de leur vie. On nous parle ainsi de l’un d’entre eux qui, pour une histoire de cartable qu’il voulait récupérer, a reçu une balle dans le dos, froidement tirée, et qui depuis est paralysé dans en fauteuil roulant. Parmi les personnes que nous rencontrons, très nombreux sont ceux à avoir fait plusieurs années de prison et/ou à avoir perdu un ou plusieurs proches. Dans les deux dernières décennies, le camp a compté une trentaine de « martyrs », des centaines de blessés et de très nombreux prisonniers et détenus. A tous les coins du camp se succèdent plaques, photos et graffs commémorant les victimes, généralement jeunes.

Notre projet de solidarité avec l’Association pour la réhabilitation des personnes handicapées

Bien sûr, comme toujours dans de telles situations, les plus faibles sont les plus exposés. Les enfants, les femmes et mères de victimes de guerre, les personnes âgées. Mais aussi les personnes souffrant de handicap dont la plupart sont des victimes directes ou indirectes des confrontations avec les soldats ou les colons israéliens. « L’Association pour la réhabilitation des personnes handicapées » soutient aujourd’hui environ 450 d’entre elles (pour 16.000 habitants environ dans le camp) en faisant fonctionner le Centre Al Karama à l’intérieur même du camp.

Présentation du Centre Al Karama par son directeur Husam Elyam

Le centre de réhabilitation de Jalazone (Al Karama center) est dirigé par Husam Elyam, lors d’un entretien récent (novembre 2016), il est revenu sur les buts et le fonctionnement de son association. - En premier lieu, Husam tient à rappeler que si le centre est très important pour les habitant-e-s de Jalazone, il l’est aussi pour des patients qui viennent de l’extérieur du camp, parfois de loin parce que confrontés à certaines pathologies. - Actuellement, le centre accueille beaucoup de nouveaux patients. Des gens qui souffrent suite à des blessures consécutives aux attaques de l'armée et des colons. Beaucoup de handicaps psychiques, de problèmes psychologiques, notamment dû à la peur et au stress provoqué par ces attaques incessantes. Tous ces problèmes s'additionnent à des handicaps de naissance. Il estime que 4,5% des habitants du camp sont touchés par un handicap… C’est la raison pour laquelle l’association s’est donné comme but principal de favoriser l’intégration sociale dans la communauté du camp des personnes en situation de handicap. - Pour atteindre cet objectif, le centre s’est donné pour mission d’intervenir dans plusieurs directions en même temps. Il offre une prise en charge pluridisciplinaire et assez globale en fonction des besoins recensés. Cela concerne aussi bien les aides paramédicales (rééducation physique, orthophonie, ergothérapie, fourniture de prothèses et autres appareils de rééducation) que le soutien éducatif et social (réhabilitation et aménagement de logements, aide et écoute envers les familles, activités éducatives, enseignement, loisirs...). - Le public accueilli. 60 personnes sont directement et régulièrement suivies au centre Al Kamara, la demande est croissante, mais le centre manque de moyens et d'espace pour pouvoir prendre en charge plus de monde. Il y a 80 personnes sur liste d'attente. Au total, ce sont environ 450 personnes qui à des degrés divers bénéficient des activités du centre. - L’équipe du centre Al Kamara. Elle est composée de 4 professionnels spécialisés aidés par des volontaires bénévoles (3 ou 4 à la fois), souvent des étudiants. Husam, reconnaît volontiers que les professionnels ne sont malheureusement pas assez rémunérés. Jusqu’à aujourd’hui, ces professionnels acceptent un salaire moindre pour permettre au centre de poursuivre ses prises en charge malgré un budget insuffisant. Par exemple un psychologue qui pourrait gagner 1000 dollars en libéral est payé environ 300 à 400 dollars par le centre Al Kamara). - Le financement du centre est assuré par la communauté locale avec le soutien des associations gouvernementales palestiniennes ou non gouvernementales (ONG) et quelques dotations d’entreprises privées.

De retour en France, nous avons pensé que les préoccupations et les buts de cette association pouvaient trouver un écho favorable en Pays de Morlaix où l’aide aux personnes handicapées est particulièrement présente et reconnue par la population locale. C’est pourquoi, nous avons décidé de proposer à l’association pour la réhabilitation des personnes handicapées de Jalazone et au Centre Al Karama un partenariat solidaire qui puisse s’inscrire dans la durée. Notre objectif est de participer concrètement à l’aide financière et matérielle dont les personnes en situation de handicap du camp de Jalazone ont impérativement besoin. Ainsi, nous savons qu’aujourd’hui l’un des besoins prioritaires, souligné par Husam Elyam, concerne les prises en charge en orthopédie et podo-orthèse dont le coût est trop élevé pour la plupart des familles. Pierre Durmann, podo-orthésiste à Brest avait déjà constaté l’ampleur de ces besoins particuliers lors d’un séjour à Jalazone en 2015. C’est évidemment une des pistes que nous devrons suivre pour concrétiser notre aide au centre Al Kamara.

 

Aidez-nous à les aider ! Pour impulser et pérenniser un soutien efficace à l’association pour la réhabilitation des personnes handicapées de Jalazone et au Centre Al Karama nous avons besoin de la mobilisation des ami-e-s de l’Afps du Pays de Morlaix. Pour commencer, nous appelons dès maintenant à une souscription permanente au bénéfice de ce projet et nous nous proposons d’étudier toutes les possibilités susceptibles d’accroitre cette aide financière : demandes de subventions, organisation d’événements… La première initiative en soutien à notre projet est la publication et la mise en vente d’un « Carnet de voyage en Palestine » par l’un des membres de notre mission en Palestine.

BON DE SOUSCRIPTION

Nom : .....................................................................................................................................................

Prénom : ...................................................................................................................................................

Adresse : …………………………………………………………………………………………………………………………………………….. ……………………………………………………………………….......................................................

CP : .............................. Commune :

 

Tél : ………………………………………………………………………………….........................................

Email : (merci d’écrire lisiblement) : ……………………………………………………………………………………………………

Je soutiens l’action de l’Afps Pays de Morlaix auprès des personnes en situation de handicap du camp de réfugiés de Jalazone et je verse la somme de .................................€ Chèques à l'ordre de l'AFPS Pays de Morlaix (avec la mention Jalazone). La réduction d'impôts est de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable annuel (un justificatif à destination de l'administration fiscale vous sera envoyé en début d'année suivante). Je souhaite faire un virement régulier pour ce projet et contacter l’Afps du Pays de Morlaix pour la marche à suivre L’Afps du Pays de Morlaix, association loi 1901, est un groupe local de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS). Site : http://www.france-palestine.org Suivez-nous aussi sur Facebook AFPS du Pays de Morlaix 19 rue Waldeck Rousseau 29600 Morlaix afpspaysdemorlaix@yahoo.fr

 

 

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