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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 09:08

L’humanité

Vendredi 4 novembre 2016

 

Après le Brexit, plusieurs villes européennes se disputent pour accueillir les grandes banques installées à Londres. En France, certains demandent une « zone franche » pour le secteur financier.

Après le Brexit, dans toute l'Union européenne, l'heure est plus que jamais à faire ami-ami avec la finance et avec les traders installés dans l'une de ses places fortes sur le continent, la City de Londres (Royaume-Uni). Branle-bas de combat dans de nombreux pays qui rêvent d'accueillir les fonds spéculatifs, les banques d'affaires, les start-up de transfert monétaire, les chambres de compensation en euros, le business de la gestion de fortune qui voudraient assurer leur accès au marché commun et à la zone euro...

Dublin, Amsterdam, Luxembourg et Francfort sont en lice, mettant en avant leur dumping fiscal, pour les trois premières, ou le voisinage avec la Banque centrale européenne (BCE), pour la dernière. Hier matin, c'est Paris qui, en présence de Manuel Valls, d'Anne Hidalgo et de Valérie Pécresse, a lancé un vibrant appel aux banquiers de la City.

Sous le slogan en anglais « Choose Paris Region » (Choisissez la région Paris), le gouvernement et les collectivités locales mettent en place un « guichet unique » pour « favoriser l'implantation d'entreprises étrangères dans Paris et sa région ». Selon ses promoteurs, ce dispositif servira à « appréhender le cadre légal, fiscal et social », à « présenter l'offre scolaire et les avantages liés à l'immigration économique ». Vantant la perspective d'une baisse de l'impôt sur les sociétés de 33 % à 28 % en 2017, le crédit d'impôt recherche (CIR), le crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE), l'exonération de taxes sur les salaires pour la prime d'impatriation et mille autres avantages fiscaux, la documentation officielle promet également qu'un service dédié au ministère de l'Économie, baptisé en anglais Tax4Business (fiscalité pour les affaires), pourra fournir un « rescrit fiscal », une forme de garantie sur les impôts à payer.

DE NOUVEAUX PARADIS FISCAUX POUR LES BANQUIERS DE LA CITY

Tout a commencé quelques semaines juste après la victoire du camp du Brexit au Royaume-Uni. En juillet, lors des rencontres financières organisées par Paris Europlace, le lobby de la place financière de la capitale française dirigé par Gérard Mestrallet, l'exPDG de GDF Suez (Engie), Manuel Valls en avait fait des tonnes pour gommer les derniers échos du discours du candidat François Hollande au Bourget (« Mon ennemi, c'est la finance », n'est-ce pas ?), dissipés en France depuis son arrivée à l'Élysée... « La France s'est engagée dans un effort sans précédent pour la compétitivité des entreprises ! » avait-il lancé. Avant d'oser ricaner : « Si l'un d'entre vous peut expliquer à tel ou tel journal britannique que la taxe à 75 % n'existe plus, vous ferez oeuvre utile et vous serez des patriotes que je n'hésiterai pas à récompenser ! » Dans ce contexte, Paris Europlace joue sur du velours pour réclamer, fin octobre, un « statut dérogatoire » au droit du travail français pour les cadres dirigeants des entreprises financières, ainsi que la création d'une « zone franche » pour le secteur financier dans la région parisienne. « Le Brexit est l'opportunité pour la place financière d'être écoutée et de faire en sorte que nos sujets puissent être considérés parmi les priorités des réformes à mettre en oeuvre, et ceci est valable tant pour le domaine réglementaire et fiscal, qu'en matière de droit du travail », a expliqué benoîtement à Reuters Arnaud de Bresson, le délégué général de Paris Europlace.

Ministre de l'Économie et des Finances, Michel Sapin a, de son côté, averti les Britanniques : « Après le Brexit, ça ne sera pas comme avant le Brexit. Ils ont voulu le changement, ils vont l'avoir ! » Évidemment, Londres ne compte pas laisser partir les banques de la City. Derrière les envolées lyriques des conservateurs, Theresa May en tête, qui prétendent faire prévaloir demain, dans les négociations avec l'Union européenne, le contrôle de l'immigration sur l'accès au marché commun, ils tentent de mettre en sécurité les « passeports européens » des banques de la City, le sésame qui leur permet d'agir dans l'Union européenne et dans la zone euro, en particulier, depuis Londres.

Dans les faits, les Britanniques sont en passe de réussir un coup de génie : en sortant de l'Union européenne, ils dictent une fois de plus leurs politiques de dérégulation financière. Et ainsi, derrière le Brexit, et quel que soit le résultat des négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, de nouveaux paradis fiscaux pour les banquiers de la City ou d'ailleurs, demain, vont émerger...

 

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