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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 07:38

Marcel Paul décédé le 11 novembre 1982


Pupille de l'Assistance publique, résistant, déporté, cofondateur de la FNDIRP, il fut, au lendemain de la guerre, un remarquable ministre communiste de la Production industrielle.

12 juillet 1900. Cette date est celle qui fut portée sur le registre de l'état civil du 14e arrondissement de Paris.

Si une incertitude l'entoure, sa portée est très limitée, puisque le premier acte officiel relatif à celui qui deviendra en 1945 le ministre de la Production industrielle date du 14 juillet 1900.

Au lever du soleil de ce jour d'été, des agents de police découvrent, abandonné sur un banc de la place Denfert-Rochereau, un nouveau-né. Aussitôt confié à l'Assistance publique de Paris, l'enfant de mère et de père inconnus est déclaré sous le prénom de Marcel et le patronyme de Paul. On l'estime âgé de 2 jours. Il est très vite placé dans une famille nourricière, des paysans très pauvres de la Sarthe.

Ouvrier agricole à treize ans, après avoir passé son certificat d'étude, il adhère aux Jeunesses socialistes en 1915, après avoir lu un tract contre la tuerie enclenchée depuis un an. Cette guerre, que Marcel Paul n'a pas eu à faire, n'en orientera pas moins sa vie. Il est en effet incorporé au printemps 1917 à l'école des mécaniciens de la marine nationale.

Breveté électricien, il est affecté à Brest, où il participe à la révolte des équipages de l'été 1919. Le mouvement fait écho à celui des mutins de la mer Noire opposés à l'intervention contre la révolution bolchevique.

Démobilisé en 1922, il est embauché dans l'Aisne et vite licencié pour incitation à la grève. Le voilà à Paris, électricien à la TCRP, l'ancêtre de la RATP.

Militant syndicaliste à la CGTU, il adhère au tout jeune PCF en 1923. Il devient tout à la fois secrétaire de la fédération CGTU de l'éclairage et secrétaire de rayon du PCF. Dans les années trente, Marcel Paul est secrétaire de l'intersyndicale des services publics et, à ce titre, il parcourt la France. En 1932, à Marseille, les nervis de Sabiani , mafieux premier adjoint faisant fonction de maire, le laissent pour mort sur le pavé. Une infirmière qui l'accompagnait, Edmée Dijoud, est tuée. Il est conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine.

Mobilisé en 1939, ses antécédents lui valent d'être versé dans un bataillon disciplinaire dans les Ardennes. Deux fois prisonnier, deux fois évadé, il regagne Paris, puis la région nantaise, où, avec Robert Ballanger, Auguste Havez et Venise Gosnat, il organise dès l'été 1940 de premiers groupes de résistance. De retour à Paris, il contribue à former l'embryon de l'Organisation spéciale (OS) en janvier 1941.

Il est arrêté sur dénonciation en novembre 1941. Déporté au printemps 1944 à Auschwitz, puis à Buchenwald, il intègre très vite l'organisation clandestine de résistance et anime un comité français. En avril 1945, il est l'un des responsables de l'insurrection des déportés qui accueillent l'armée américaine après s'être eux-mêmes libérés des SS. Son action de lutte et de solidarité lui vaudra l'amitié indéfectible de nombreux déportés de toutes sensibilités. Marcel Dassault, Pierre Sudreau, Louis Terrenoire, Christian Pineau, le père Riquet, Claude Bourdet furent de ceux-là. Et ceux d'entre eux qui étaient encore de ce monde en 1984 le dirent haut et fort quand la mémoire de Marcel Paul fut traînée dans la boue par un politicien UDF.

De retour à Paris, Marcel Paul participe à la fondation de la Fédération nationale des déportés, internés et résistants politiques (FNDIRP). Il reprend ses activités syndicales et politique, siège à l'Assemblée provisoire consultative, puis entre dans le gouvernement du général de Gaulle en novembre 1945 comme ministre de la Production industrielle. Il conserve cette responsabilité durant un an, consacre toutes ses forces au redémarrage du pays , pilote, ouvre majeure, la nationalisation des industries électriques et gazières, porte sur les fonts baptismaux EDF-GDF et le statut des personnels du groupe public. La bataille fut menée de haute lutte dans le pays et à l'Assemblée, où les propriétaires des grandes sociétés électriques avaient leurs représentants parmi les députés de droite et du MRP et des appuis de poids jusqu'au sein du groupe socialiste. Plus tard, Marcel Paul, qui avait su faire des compromis indispensables, ironisa : " Je me suis accroché à la nationalisation comme un chien qui n'a pas mangé depuis huit jours s'accroche à son os. "

Élu par la Haute-Vienne aux deux Assemblées constituantes, il sera encore député de ce département de novembre 1946 au printemps 1951. Marcel Paul a été membre du Comité central du PCF de 1945 à 1964. Il est décédé le 11 novembre 1982, peu après avoir participé aux cérémonies à l'Arc de triomphe, où il avait été salué par le président de la République.

 

 

Robert Clément sur sa page Facebook 

Marcel Paul, au premier rang à droite, avec Ambroise Croizat à l'arrière-plan à droite: sortie d'une réunion ministérielle à la Libération sous la dictée des "Jours Heureux"

Marcel Paul, au premier rang à droite, avec Ambroise Croizat à l'arrière-plan à droite: sortie d'une réunion ministérielle à la Libération sous la dictée des "Jours Heureux"

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