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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 07:01
Ce que dit Trump à la France - Patrick Apel-Muller (L'Humanité)
La fable de la mondialisation capitaliste heureuse se fracasse spectaculairement sur l’élection de Donald Trump. Mis en concurrence, les peuples se voient présenter l’addition des délocalisations, des déréglementations, des précarités généralisées, d’écarts de richesse qui se creusent, monstrueux, au profit d’une minorité infime qui saute d’un marché financier à l’autre. Les milieux financiers et les médias dominants prêchent sans trêve que cette jungle économique est le seul monde possible et oriente les exaspérations vers le voisin, le concurrent malgré lui, le plus pauvre qui touche des aides, l’immigré.
 
D’autres épisodes avaient précédé en Hongrie, Pologne, Autriche, aux Philippines. Aucun cependant n’a de telles répercussions sur le cours de la planète. L’élection d’un milliardaire aux mains sales au terme d’une campagne où il a agité toutes les peurs et les plus bas instincts risque de faire boule de neige. Elle crédibilise les nationalismes les plus réactionnaires et les populismes racistes. Voilà pourquoi Marine Le Pen l’applaudit bruyamment.
 
Le nouveau Président des Etats-Unis a su profiter des colères d’Américains broyés par les délocalisations, déclassés par la crise des subprimes, humiliés par la dissipation de leurs rêves. Le socles des conservateurs a voté pour lui et il a mobilisé l’électorat républicain sudiste sur une rhétorique qui fait appel à l’imaginaire des confédérations de la guerre de sécession, celui de la supériorité blanche qu’a exaspéré l’élection d’Obama. Mais les républicains n’ont pas gagné de voix par rapport au précédent scrutin de 2012. Leur victoire tient d’abord à l’abstention démocrate, celle de ces ouvriers du Midwest ravagés par la fermeture d’usines, des jeunes qui ne pouvaient faire confiance aux Clinton associés à Wall Street, aux noirs qui ont vu déçus leurs espoirs d’égalité. Il n’a pas suffi d’agiter l’épouvantail aux cheveux roux pour les décider. Hillary a cru que la peur remplirait les urnes et a fait l’impasse sur un programme de progrès social ; çà ne lui a pas été pardonné. Jean-Christophe Cambadélis, qui décalque la recette devrait l’avoir en mémoire.
 
Il ne suffira plus de dénoncer « le système »…Quel crédit accorder à un Nicolas Sarkozy ou un Emmanuel Macron, qui sont l’un et l’autre les purs produits et les acteurs de ce capitalisme débridé ? Ceux qui en France n’ont à la bouche que l’amour des entrepreneurs, ces candidats de droite qui tous s’en prennent à l’assistanat et méprisent les pauvres, ces médias qui en boucle répètent que la modernité réside dans la régression sociale et la suppression descdroits du travail, les responsables venus de la gauche qui font le sale boulot de la droite, même les patrons qui, à tout vouloir détruire du pacte social, vont engendrer des monstres feraient bien d’y réfléchir. Les colères comprimées fermentent et peuvent exploser dans le pire. Quand ceux qui veulent transformer la société, la présidentielle américaine rappelle l’inanité des calculs de boutique et l’impératif de rassembler les forces sur des objectifs de progrès. Il n’est plus temps de laisser du temps au temps.
 
 
 
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