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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 17:27
Roger Berthelot, ici avec un drapeau patriotique, et en présence de Line Renaud après la cérémonie du 18 juin 2015

Roger Berthelot, ici avec un drapeau patriotique, et en présence de Line Renaud après la cérémonie du 18 juin 2015

Hommage aux fusillés du Bouguen

Il y a 70 ans : libération de Brest

 

samedi 20 septembre 2014 par Parlons-en !

 

 

 

Dans le cadre des commémorations du 70 e anniversaire de la libération de Brest, Patricia Adam, députée, Bernadette Abiven, adjointe au maire, Jacqueline Here, maire adjointe de Bellevue, Marc Coatanea, conseiller municipal délégué aux anciens combattants, Hans-Werner Tovar, président de la ville de Kiel et Jean-Claude Martin, président de l’UNC grand Brest ont rendu hommage aux fusillés du Bouguen et déposé des gerbes devant la stèle située dans l’enceinte de l’UBO..

 

Le texte ci dessous a été lu par Roger Berthelot, fils de Pierre Berthelot, Chevalier de la Légion d ’Honneur, Croix de Guerre 39/45, et petit-fils de Louis Berthelot, tous deux résistants finistériens déportés dans les camps nazis.   .  

 

Engagé volontaire pour la durée de la guerre" le 17 JUIN 1940.

Le lendemain,le 18 JUIN 1940  à bord du pétrolier ravitailleur rapide "le Tarn",avec toute la Flotte de guerre, il prit la mer direction l'Angleterre. Sous la mitraille des avions allemands, au milieu des mines flottantes, près du Conquet il vit l'aviso le "Vauquois" exploser, se couper en deux au contact d'une mine magnétique dérivante lâchée la veille par des avions allemands.

Plusieurs de ses camarades travaillant avec lui à L'Arsenal de Brest périrent avec environ 132 autres marins.

Ordre fût donné de changer de cap!

Direction SUD vers le Maroc !

Devant St Nazaire, le Jean Bart rejoint la Flotte.

Son Commandant le Capitaine de Vaisseau Ronarch  avait réussi l'exploit, de faire sortir le cuirassé du fin fond de l'arsenal. Sous la mitraille des avions allemands,

le "Tarn" ravitailla en mazout ,en eau et en munitions le Jean Bart

Après Casablanca,( avec Georges Abalain, frère de Albert tous les deux de Pont-de- Buis comme mon père) ,Toulon et les camps de jeunesses du côté de  Aix en Provence, à Meyrargues, puis à Gap

En mars 1941 ,Albert Abalain vînt du Pont de Buis en Finistère   jusqu'à Gap dans les Hautes Alpes (près de 1200 kms). contacter son frère Georges Abalain et Pierre Berthelot,pour qu'ils quittent leur camp de jeunesse , et rejoignent le Finistère pour combattre l'occupant nazi et ses collaborateurs français.

 

A Pont de Buis , son père Louis Berthelot et Albert Abalain (fusillé au Mont Valérien avec ses 18 autres camarades en septembre 1943) avaient créé un groupe de Résistance "Organisation Spéciale" du Parti Communiste Français, les futurs FTPF (Francs Tireurs et Partisans Français).

Après de nombreuses actions offensives, avec ses camarades,

 

VENISE GOSNAT responsable inter régional des FTPF pour la Bretagne le nomma

 Responsable de la direction des opérations armées des Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF) pour le Sud Finistère, avec Jean Louis Prima et Pierre Corre, fusillés en 1943.

Pierre Berthelot mon père a été torturé à la prison de Pontaniou à Brest, par des policiers français sous le portrait du traître Pétain, il nia farouchement toute participation à la Résistance. C’est lui qui approvisionnait en dynamite ses camarades brestois dont nous allons saluer la mémoire, tout à l ’heure, au jardin des 19 fusillés du Mont Valérien.

Chaque envoi arrivait à la gare de Brest, "en bagage accompagné ", le ticket de retrait était mis dans une enveloppe attachée au bagage portant le nom du destinataire. C’était ,en général, 50 kilos de dynamite, 2 valises de 25 kilos chacune !

Les FTP ont fait la plupart de leurs attentats à l ’explosif avec cette dynamite.

Déporté le 24 janvier 1943 au camp de concentration nazi de Oranienburg Sachsenhausen, puis de Dachau, dans le même train que Danielle Casanova, Marie Claude Vaillant Couturier (qui témoigna au procès des criminels nazis à Nuremberg), Héléne Langevin fille du professeur Paul  Langevin, épouse de Jacques Solomon, Maï Politzer épouse de Georges Politzer .Jacques Solomon et Georges Politzer ont été fusillés le 23 mai 1942 au Mont Valérien , Charlotte Delbo,Suzanne Mormon,la mère de Gilbert Brustlein, qui avec Pierre Georges (plus connu sous le nom de Fabien) participa à l'attentat du métro Barbès,puis à l'exécution de Karl Hotz, Feld kommandant de la place de Nantes avec 2 autres militants communistes, Marcel Bourdarias et Spartaco Guisco, et 230 femmes venant du fort de Romainville. Leurs 4 wagons furent détachés à Halle, et dirigés vers Auschwitz.

Le train des 1600 hommes continua vers Berlin .

 

Je suis aussi le petit fils de Louis Berthelot , Officier de le Légion d’Honneur, Croix de Guerre14/18 et 39/45.....amputé d’une jambe en 14/18. Déporté Résistant au camp de Buchenwald.

Après l ’arrestation de son époux et de son fils aîné, la naissance d’ une petite fille (PAULETTE) le 22 juin 1941, jour de l ’attaque par les armées nazies de l ’Union Soviétique, l’URSS,ma grand mère ANNA FICHE, ses fils René et LOUIS (LILI) avec un courage qui fît l' admiration de tous leurs camarades, continuèrent la lutte dans les rangs des FTP jusqu ’à la Victoire pour que VIVE LA FRANCE !

 

Hommage aux fusillés du Bouguen

La Gestapo, sentant le vent de la défaite en ce début d’année 1944, procédait un peu partout à l’arrestation et à la déportation des chefs et des membres des réseaux et de résistance . Les armées alliées accentuaient leur avance. Les maquisards bretons, suivant les ordres reçus, harcelaient partout l’armée allemande en déroute.

A la suite d’on en sait quelle dénonciation, la GESTAPO arrêtait dans la journée du 27 juin 1944, la plupart des chefs et plusieurs membres des réseaux de résistance “OCM”, “Century” et “Défense de la France” de Saint-Pol-de-Léon.

En tout 18 patriotes saintpolitains tombaient dans les griffes de la Gestapo.

Ils étaient d’abord conduits sur Morlaix, où certains subissaient déjà les premiers coups des tortionnaires nazis pour essayer de les faire avouer et dénoncer les noms de leurs camarades de résistance.

Les dernières nouvelles reçues par leurs familles parvenaient ensuite de Brest. Pendant des mois et des années c’était en fait le silence complet sur leur sort.

En juin 1962, au moment de la construction de l’IUT qui s’élève derrière nous, des ouvriers découvraient une fosse refermant de nombreux ossements. Grâce à certains objets personnels trouvés parmi ces ossements, on arrivait à identifier les restes, grâce à leur alliance notamment, comme étant ceux des résistants saint-politains, mêlés à ceux de résistants brestois.

C’est donc non loin d’ici, dans les douves de la prison du Bouguen dont les Allemands avaient pris possession dès l’été 1940 et où ils avaient dressé les poteaux d’exécution, que s’est achevé le combat de ces héros. Leurs corps furent ensuite enterrés pêle-mêle quelque-part dans le champ de tir proche de la prison, là où nous nous trouvons.

Selon Guy Caraes, c’est très probablement faute d’avoir pu constituer à temps un convoi susceptible de quitter Brest avant que les Américains n’y mettent le siège qu’un commandant allemand (non identifié à ce jour) a donné l’ordre de « liquider » les 52 prévenus de l’enclave de Pontaniou, arrêtés depuis la fin du mois de juin 1944 et, donc, en attente de jugement. Les 52 personnes seront toutes fusillées sans autre forme de procès au Bouguen. Parmi elles, les résistants brestois Viaron, Hily et Kervella, membres du corps francs “Défense de la France”.

La porte Castelnau (poterne) vue de l'intérieur des douves. Après avoir franchi la voûte, les condamnés descendaient par la rampe de gauche. Les poteaux d'exécution étaient dressés face à la butte de terre dont on distingue le début derrière la rampe.

La porte Castelnau (poterne) vue de l'intérieur des douves. Après avoir franchi la voûte, les condamnés descendaient par la rampe de gauche. Les poteaux d'exécution étaient dressés face à la butte de terre dont on distingue le début derrière la rampe.

Prison du Bouguen (Wiki-Brest)

Lorsqu'à Brest une personne étrangère au quartier évoquait Le Bouguen, la première image qui venait à l'esprit, c'était la prison. Evidemment, en matière d'image de marque, il y a mieux. Quant à la population du quartier elle n'en était pas plus affectée que s'il s'était agit d'une usine ou d'un bâtiment administratif quelconque. Pour nous, les jeunes, il en émanait comme une atmosphère de mystère mêlée de crainte. Le haut mur d'enceinte en maçonnerie et la porte monumentale qui donnaient sur la route du Bouguen y étaient sûrement pour quelque chose.

Au-delà du mur, des jardins étaient mis à la disposition des gardiens, dont quelques-uns logeaient à l'intérieur de la prison. L'ensemble, prison et jardins, occupait l'emplacement de l'actuel stade municipal. La prison fut construite de 1857 à 1859, en remplacement de l'ancienne geôle qui se trouvait au Château. C'était la prison civile, la prison de Pontaniou étant la prison militaire.

Il en fut ainsi jusqu'à l'été 1940, moment où l'occupant s'en appropria une partie pour y incarcérer des détenus, qui eux n'étaient pas des droits communs, mais des patriotes ayant dès le début de l'occupation, pris le parti de résister. Il y a tout lieu de penser que, pour certains d'entre eux, leur combat s'acheva à proximité, dans les douves, juste derrière la porte Castelnau, contre une butte de terre, où étaient dressés les poteaux d'exécution. Nous sommes quelques-uns à avoir vu ces poteaux ensanglantés, déposés à proximité des trous où ils avaient été dressés. Il y a des images qui ne s'effacent jamais. J'imagine souvent ces condamnés, franchissant la porte Castelnau pour se rendre au supplice. Ils la voyaient, peut-être, commme la porte de l'Au-Delà. Décidément, pour moi, la porte Castelnau ne sera jamais un monument comme les autres. Le temps est peut-être venu de la rebaptiser autrement ?

Dans la nuit du premier au deux juillet 1941, une bombe anglaise de forte puissance détruisit la prison, provoquant la mort de sept personnes, dont quatre allemands. Certains prisonniers réussirent à s'enfuir. Un témoin se souvient, alors qu'il se trouvait dans l'abri décrit plus haut, en avoir vus passer pour franchir les fortifications. Je me souviens parfaitement des patrouilles allemandes qui sillonnaient le quartier à la recherche des fugitifs.

Les bombardements anglais débutèrent presque immédiatement après l'arrivée de l'occupant. Ils étaient le plus souvent nocturnes et ciblés sur un objectif précis, avec souvent un résultat décevant. La prison comme objectif ? c'était peu vraisemblable. Il me revint en mémoire que quelques jours avant le bombardement, me promenant sur les hauteurs du Bouguen donnant une vue plongeante sur la Penfeld, j'aperçus, sous leurs filets de camouflage, accostés au quai rive gauche, trois sous-marins à couples. A vol d'oiseau la prison se trouvait à 2 ou 300 mètres. Etait-ce la véritable cible ? Sans doute, mais ceci n'est qu'une hypothèse.

La prison ayant été détruite, les détenus furent transférés dans d'autres établissements pénitentiaires, probablement à la prison militaire de Pontaniou en ce qui concerne les politiques. Les exécutions n'en continuèrent pas moins puisqu'on sait qu'en 1944, 23 résistants furent fusillés dans les douves. Leurs dépouilles ne furent découvertes que longtemps après, lors de la construction de la faculté. Incarcérés à Pontaniou ils empruntèrent vraisemblablement la route du Bouguen, et franchirent eux aussi la porte Castelnau.

Une question reste tout de même en suspens : qui étaient les fusillés de 1940 à 1944 ? Espérons qu'un jour peut-être, un historien y répondra et que leurs noms iront rejoindre ceux gravés sur la plaque commémorative inaugurée récemment près de l'IUT.

 

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