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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 20:47

Tribune d'Ismaël Dupont

le 05 septembre 2016

A Morlaix, Mme Le Brun, Sarkozy, ça n'passe pas !

La semaine dernière, Mme Le Brun annonçait qu'elle avait choisi de faire campagne en 2016 lors des Primaires de la droite pour Nicolas Sarkozy et qu'elle allait être son oratrice et sa représentante pour les questions d'éducation. Voilà qui éclaire bien rétrospectivement le coup de force de la suppression - sans débat ni concertation - des plats alternatifs proposés ponctuellement aux enfants de culture musulmane et aux enfants végétariens des écoles publiques.

Prétendre défendre la laïcité et République en créant de faux débats médiatisés sur l' « identité française », l' « assimilation », la « menace » représentée par l'Islam et les communautarismes, voilà qui ressemblait tout à fait en effet à l'approche clivante et réductrice de la question scolaire par Nicolas Sarkozy.

Nous souhaitons bien du courage à Mme Le Brun qui va avoir du mal à défendre les propositions de son champion devant ses ex-collègues et la société en général. Le bilan du président des riches et du Fouquet's parle de lui-même en matière d'éducation. Jugez plutôt.

80 000 postes supprimés dans l'éducation entre 2002 et 2007, le rappel des retraités pour des heures supplémentaires, l'encouragement aux heures sup' plutôt qu'au recrutement, la formation initiale des enseignants jetée aux orties, un nombre de candidats au CAPES passant de 92000 en 2004 à 28000 en 2011, la remise en cause des RASED, de la scolarisation à moins de 3 ans, la mise en concurrence des établissements et l'instauration de logiques managériales à marche forcée, voilà le bilan éducatif des 5 ans de présidence Sarkozy.

Un enseignant sur cinq seulement a voté Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2012. C'est qu'ils avaient bien compris que le M. Sarkozy voulait supprimer 30% des postes d'enseignants, augmenter leur temps de travail, accentuer le pouvoir des chefs d'établissement sur la carrière et l'évaluation des professeurs, renforcer la différenciation précoce des parcours au niveau collège, développer l'apprentissage au détriment de l'accès à la culture générale des élèves s'orientant vers des métiers manuels.

En 2016, Nicolas Sarkozy nouvelle manière ne change rien à l'essentiel, son programme est même nettement plus à droite qu'en 2012, puisqu'il faut bien se démarquer d'une politique de François Hollande qui a marché dans les pas qu'il avait tracés : 300 000 fonctionnaires de moins, un plan d'austérité dément de 150 milliards d'euros sur 5 ans s'il est élu, cela veut dire toujours moins de moyens pour l'éducation nationale et l'accès aux savoirs pour tous.

En matière de philosophie éducative, M. Sarkozy préconise plus de sélection, plus de différenciation des parcours selon les classes sociales, et un retour aux fondamentaux et à une vision de l'école qui vise l'assimilation des valeurs nationalistes plus que l'émancipation intellectuelle et l'accès à une culture diversifiée.

Ce sont donc ces "valeurs" là que Madame Le Brun va devoir défendre en tant que porte-parole de Nicolas Sarkozy sur les questions éducatives. Est-ce que les Morlaisiens s'y retrouvent ?

Défendre la candidature de Nicolas Sarkozy, c'est aussi faire le choix du refus du droit d'asile et de l'accueil des réfugiés, de la suppression du regroupement familial et du droit du sol, de la retraite à 69 ans et d'un allongement significatif de la durée du travail, de la suppression de l'ISF et de baisses d'impôt sur le revenu favorables aux plus riches, d'un doublement du CICE qui n'a fait que gonfler les dividendes des actionnaires, d'une remise en cause du rôle des syndicats, d'une baisse plus rapide des indemnités chômage pour inciter ces "fainéants de chômeurs" à accepter n'importe quel poste payé au rabais.

Alors oui, certes, Agnès Le Brun est une femme politique de talent, et on ne s'étonne pas que ses qualités puissent lui valoir d'être remarquée en haut lieu, mais pour nous, l'important n'est pas de se réjouir que Morlaix produise des "champions" politiques mais plutôt de regarder au contenu de ce qu'ils défendent, de ce qu'ils se proposent de faire à la France et aux Français.

Or, ce n'est pas un hasard si 31 % des Morlaisiens seulement ont voté Nicolas Sarkozy en 2012 au second tour des présidentielles : sa politique était trop ouvertement faite pour servir les riches et son intégrité et son sens de l’État plus que sujets à caution.

Maintenant que Nicolas Sarkozy veut prendre le dessus sur ses adversaires à droite dans une campagne à droite toute où il se propose d'appliquer une bonne partie du programme historique du Front National, est-ce bien le rôle du Maire d'une ville aux électeurs aux convictions très majoritairement humanistes que d'aller le soutenir ?

Ismaël Dupont, élu du Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté

Secrétaire départemental du PCF Finistère.

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