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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 18:49
Seul contre une grande partie des parlementaires néo-libéraux et blairistes du Labour, et malgré la campagne de discrédit des médias au service des puissances financières et réactionnaires, Corbyn est réélu au sein du Parti Travailliste

Le plus grand parti réformiste d’Europe confirme sa réorientation à gauche. A la veille de l’ouverture du congrès annuel du Parti travailliste, les résultats du leadership du Labour sont tombés. Jeremy Corbyn est réélu avec 61,8% des voix dans un scrutin marqué par une participation de 77%. Owen Smith avait reconnu sa défaite à demi mots dès la clôture des votes mercredi 21 septembre. Pour autant, les adversaires du vétéran socialiste ne vont pas déposer les armes. Si le spectre de la scission paraît s’éloigner, la crise va continuer.

Jeremy Corbyn progresse donc de deux points et 61,000 voix par rapport à l’an dernier. Les résultats du leadership confirment un fossé grandissant entre les adhérents du Labour et leur représentation parlementaire. Certes, les appels à l’unité se sont multipliés ces derniers jours. Corbyn a évoqué une branche d’olivier qu’il tendra bientôt au parti parlementaire. Andy Burnham a invité ses camarades membres du parlement à revenir au sein du Shadow cabinet « dans un état d’esprit serein ». Il a également relevé publiquement que le Parliamentary Labour party (PLP – le groupe parlementaire, une des trois composantes organiques du parti travailliste) avait réservé un « traitement effrayant » à Corbyn « dès la première réunion » du PLP. Owen Smith, candidat malheureux du « tout sauf Corbyn », a lui même reconnu que Corbyn « n’a pas bénéficié d’assez de temps ».

Autant de déclarations qui prennent en compte le fait que, malgré la limitation du corps électoral et malgré l’hystérisation du débat, la base a basculé durablement en faveur du membre du parlement pour Islington-North. Le candidat présenté comme « inéligible » par la droite travailliste a donc remporté son deuxième scrutin consécutif, certes en interne. Il pourra aussi rappeler à ses détracteurs que des candidats proches de lui ont réussi à emporter, lors d’élections partielles jeudi 22 septembre, deux sièges sur les conservateurs et un sur le Scottish National Party. Des succès d’autant plus bienvenus qu’ils rompent avec les échecs enregistrés pendant l’été.
Une partie de l’électorat travailliste a voulu sanctionner en juillet et août un parti trop tourné sur lui même et ses guerres internes. C’est plutôt là que les travaillistes doivent chercher les raisons de leur déshérence électorale plutôt que dans les orientations politiques de Jeremy Corbyn.

GREY.BRITAIN.NET

Labour. Le coup de force libéral stoppé par les militants (L'Humanité)

Le congrès travailliste débute le 25 septembre à Liverpool. Candidat à sa réélection, Jeremy Corbyn l'a emporté avec 62 % des voix. Et ce, malgré les menaces de scission d’un noyau dur de cadres et députés « blairistes ».

Depuis un an, les anti-Corbyn n’ont toujours pas digéré son arrivée à la tête du parti et ont utilisé la victoire du « leave » au référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne pour déclencher une motion de défiance à son encontre. Le 23 juin, celle-ci a été approuvée par 75 % des députés travaillistes, ceux qui représentent un courant « blairiste », libéral et adepte de la fameuse troisième voie. Owen Smith est donc leur candidat. « Il fait campagne en s’adressant aux centristes, tout en tentant de faire des propositions proches de celles de Corbyn pour capter ses électeurs », analyse Tony Travers, professeur à la London School of Economics.

Face ces cadres et ces parlementaires, un engouement massif et historique s’est enclenché derrière Corbyn. Aujourd’hui, ce mouvement d’adhésion permet au Parti travailliste de compter 640 000 membres, trois fois plus qu’en mai 2015 ! 183 000 nouvelles adhésions ont été enregistrées juste avant la fermeture des inscriptions pour le vote qui a démarré fin août.

Appel à l’unité

Pour tenter d’arracher la victoire, Owen Smith a brandi, en cas de reconduction de Corbyn, la menace d’une scission du parti autour des députés insoumis. « Un scénario qui paraît peu probable du fait du système électoral à un tour, qui laisse peu de place à un troisième parti. La marque “Labour” garantit 25 % des votes », explique Tony Travers dans les « Échos ».

Pour éviter le risque, Corbyn a appelé au rassemblement et même propose une sorte d’amnistie aux députés travaillistes « insoumis ». Ces cadres, membres de la direction, ont quitté le cabinet fantôme (un gouvernement alternatif formé par l’opposition) pour obtenir son départ. Corbyn leur a proposé de rejoindre à nouveau ce cabinet. Cette offre est prise au sérieux car la nouvelle génération, proche de Corbyn, a pris de l’ampleur en leur absence. « Les départs ont été brillamment remplacés par les “Corbynastas”, comme les surnomme la presse britannique. La réussite d’Angela Rayner, en tant que secrétaire d’État à l’Éducation dans le cabinet fantôme, démontre qu’il faudra compter sur eux désormais », affirme la journaliste Jessica Elgot dans le « Guardian ».

Les lib enfoncent le clou

Le nouveau défi pour le Labour et son dirigeant sera d’apparaître comme une véritable force alternative au gouvernement conservateur dirigé par Theresa May. Un certain nombre de travaillistes réclament donc l’unité. « L’élan suscité autour de Corbyn et de son programme ne doit pas être trahi. Les militants, les syndicalistes, les travailleurs veulent des propositions concrètes et une confrontation avec la 1re ministre. Car un nouveau scrutin n’est pas à exclure avant 2020 », constate Jeff Harper, de l’Union nationale des journalistes (NUJ).

Le scénario de la scission semble abandonné dans l’immédiat. Mais des grandes figures du Labour, qui disposent d’une base propre d’électeurs, n’écartent pas l’idée de poursuivre une guerre en interne jusqu’aux élections générales. Un contexte dont souhaite profiter le dirigeant des Lib Dem (libéraux-démocrates), Tim Farron. Lors de leur congrès annuel, le 18 septembre, il a été clair : « Mon offre est simple pour ces libéraux d’autres formations, il est temps pour eux de rejoindre un véritable parti libéral. » L’autre option pour l’aile libérale du Parti travailliste serait de copier le mouvement « Momentum », créé par Corbyn lors de sa campagne de 2015, tout en évitant le clash. À voir.

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