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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 20:01

Vendredi dernier dans Le Télégramme, Agnès Le Brun éventait un secret de polichinelle, à savoir qu'elle avait choisi, grâce à ses relations d'avant 2012, et à un choix tactique face à la concurrence interne incarnée par Maël de Calan, le très libéral porte-parole de la droite au Conseil Départemental du Finistère, juppéiste de circonstance, de faire campagne en 2016 pour les Primaires de la droite au côté de l'ex-président Nicolas Sarkozy et qu'elle allait être son oratrice et sa représentante pour les questions d'éducation.

Voilà qui éclaire bien rétrospectivement le coup de force il y a six mois de la suppression - sans débat ni concertation - des plats alternatifs proposés ponctuellement aux enfants de culture musulmane et végétariens. Prétendre défendre la laïcité en créant de faux débats médiatisés sur l'identité nationale et en jouant la carte de la peur de l'islam au nom du "ici on est chez nous", voilà qui ressemblait tout à fait en effet à l'approche de la question scolaire par Nicolas Sarkozy.

Le bilan du président des riches et du Fouquet's parle de lui-même en la matière.

80 000 postes supprimés dans l'éducation sous le quinquennat Sarkozy entre 2002 et 2007, le rappel des retraités pour des heures supplémentaires, l'encouragement aux heures sup' plutôt qu'au recrutement, la formation initiale des enseignants jetée aux orties, un nombre de candidats au CAPES passant de 92000 en 2004 à 28000 en 2011, la remise en cause des RASED, de la scolarisation à moins de 3 ans, la mise en concurrence des établissements et l'instauration de logiques managériales à marche forcée, une préoccupation exclusive pour l'ascenseur social d'une poignée de jeunes des quartiers scolairement très prometteurs au détriment du tout venant des élèves des quartiers populaires, voilà le bilan éducatif des 5 ans de présidence Sarkozy. Sans compter les discours passéistes et caricaturaux sur le prêtre et l'instituteur IIIe République qui valaient bien mieux que nos modernes éducateurs.... Résultat: 21% des enseignants ont voté Sarkozy en 2012 au second tour des présidentielles.

C'est qu'ils avaient bien compris que l'ex-candidat de la défunte UMP voulait supprimer 30% des postes d'enseignants, augmenter le temps de travail des enseignants du secondaire, accentuer le pouvoir des chefs d'établissement sur la carrière et l'évaluation des professeurs, accentuer la différenciation des parcours au niveau collège, renforcer l'apprentissage au détriment de l'accès à la culture générale des élèves s'orientant vers des métiers manuels.

En 2016, Nicolas Sarkozy nouvelle manière ne change rien à l'essentiel. Il veut créer un service militaire obligatoire uniquement pour les décrocheurs non diplômés et en échec dans leur insertion scolaire et professionnelle, les enfants de pauvres en somme... Il veut des stages de remises à niveau obligatoires pour les enfants en difficulté à l'école primaire... pendant les vacances! "Ah, tu ne l'aimes pas l'école, et bien, tu vas continuer à en manger!... Privé de vacances!" En matière de philosophie éducative, Sarkozy, comme la droite en général, préconise plus de sélection, plus de différenciation des parcours selon les classes sociales, et un retour aux fondamentaux et à une vision de l'école qui vise l'assimilation des valeurs nationalistes plus que l'émancipation intellectuelle et l'accès à une culture diversifiée.

Ce sont donc ces "valeurs" là que Madame Le Brun va devoir défendre en tant que porte-parole de Nicolas Sarkozy sur les questions éducatives.

Celles-ci et d'autres, ultra-libérales au profit des riches et du MEDEF, liberticides pour le reste de la population, incarnées par les mesures défendues au sein de la droite par Nicolas Sarkozy: le refus du droit d'asile et de l'accueil des réfugiés, la suppression du regroupement familial et du droit du sol, l'interdiction du voile à l'université, le renforcement des lois liberticides, le rétablissement des peines plancher, la retraite à 69 ans et l'enterrement définitif des 35 heures (le nouveau patron des Républicains, le très droitier Laurent Wauquiez, celui qui a toujours l'air de parler à des abrutis, préconise le passage à 42 ou 45 heures de la durée hebdomadaire du travail, Sarkozy propose de porter à 37h la durée normale du travail dans la fonction publique), la réduction encore plus drastique des dépenses publiques (passer de 57% du PIB à 50%, soit un plan d'austérité de 150 milliards d'euros en 5 ans, 3 fois pire que ce qu'a fait Hollande, avec les conséquences que l'on sait), la suppression de 300 000 postes de fonctionnaires (c'est sûr qu'avec cela, les collectivités locales et l'éducation nationale, la santé et la justice, vont aller mieux!), la suppression de l'ISF et une baisse de l'impôt sur le revenu favorable aux plus riches, de nouveaux allègements de fiscalité pour les entreprises, le doublement du CICE qui n'a fait que gonfler les dividendes des actionnaires, la remise en cause du "monopole" des syndicats sur les élections professionnelles (en réalité la volonté de continuer à casser les syndicats), l'extension du service minimum là où les salariés et les syndicats ont encore un peu de pouvoir de pression, la baisse plus rapide des indemnités chômage pour inciter ces "fainéants de chômeurs" à travailler et accepter n'importe quel poste payé au rabais.

Alors oui, certes, Agnès Le Brun est en plus d'une ambitieuse, ce qui est plutôt la règle dans le milieu, une femme de ressources, une communicante brillante, une travailleuse, et on ne s'étonne pas que ses qualités puissent lui valoir d'être remarquée en haut lieu et lui promettre un destin potentiel de ministre en cas de victoire de son champion.

Mais pour nous, l'important n'est pas de se réjouir que Morlaix produise des "champions" politiques - on en a eu d'autres, et on a pu observer les grandes retombées pour la ville et le territoire - mais plutôt de regarder au contenu de ce qu'ils défendent, de ce qu'ils se proposent de faire à la France et aux Français.

Et là, franchement, ce n'est pas beau à voir.

En campagne pour sortir Morlaix de la spirale du déclin et travailler à améliorer la qualité de vie des morlaisiens, oui, et là, on vous accompagne dans le débat et sur le terrain des traductions concrètes avec nos propositions, nos analyses, parfois convergentes, parfois contradictoires.

En campagne pour Sarkozy, franchement, c'est peut-être un pari à tenter du point de vue d'un plan de carrière, mais est-ce bien raisonnable connaissant la malhonnêteté, la brutalité, le manque de scrupule, le caractère fort peu républicain de ce (sale) type prêt à tout, à commencer par agiter des campagnes xénophobes et à appliquer 80% du programme du Front National si c'est ce qui lui permet d'être élu?

Vous auriez envie, vous, qu'un président "spécialiste médical" de ce type s'installe à Morlaix?

Ismaël Dupont.

Agnès Le Brun en campagne pour Sarkozy, Le Télégramme- 2 septembre 2016 (la photo date de 2012, quand Sarkozy candidat avait été invité à Morlaix par Agnès Le Brun)

Agnès Le Brun en campagne pour Sarkozy, Le Télégramme- 2 septembre 2016 (la photo date de 2012, quand Sarkozy candidat avait été invité à Morlaix par Agnès Le Brun)

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