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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 05:19
Un bel hommage de Robert Clément à Allain Leprest, le chanteur poète disparu le 15 août 2011 il y a cinq ans

Lu ce matin sur la page Facebook de Pascal Bavencove "Histoire Populaire", ce magnifique hommage de Robert Clément à Allain Leprest, que Lucienne et Jean-Marc Nayet nous ont fait découvrir avec bonheur tant ses chansons et sa voix sont belles et poignantes.

" Il y a 5 ans, le 15 août 2011, Allain Leprest est parti
Le chanteur et poète s’est donné la mort à Antraigues-sur-Volane dans les collines d’Ardèche. Il chantait le cœur des hommes, leurs espoirs et leurs fêlures.
Il a décidé de partir et d’écrire lui-même le mot fin. Allain Leprest, Allain, s’est donné la mort dans la nuit de dimanche à lundi, là-bas, dans les collines d’Ardèche à Antraigues-sur-Volane, oui, l’Antraigues de Jean Ferrat. On le savait bien qu’il y avait chez lui une souffrance, une croix d’athée portée dans les bistrots, avec l’alcool, puis le combat contre la maladie dont il semblait sorti vainqueur, plus fort, comme on dit un peu bêtement, que ce qui ne l’avait pas tué.
l’amour de la vie et la douleur de vivre
Il était né à Lestre (Manche), dans le Cotentin, il y a cinquante-sept ans, près de la mer dont ses yeux semblaient avoir pris la couleur, à quelques kilomètres de Barfleur, de Saint-Vaast-la-Hougue. Le Cotentin, ce bout du monde qu’il a chanté. « Janvier, le Cotentin/Toute la côte est blanche/Et sa tête de chien/Hurle contre la Manche. » Il avait grandi près de Rouen et de cette autre côte normande qu’il aimait. Comme on le comprenait quand il parlait de Dieppe, du cimetière de Varangeville sur la falaise, de la tombe de Georges Braque. On le savait bien qu’il y avait chez lui, indissociables, l’amour de la vie et la douleur de vivre, quand il semblait chuchoter, confier serait plus juste, des mots ciselés comme des pierres, comme des secrets. Ces mots qui avaient fait dire à Claude Nougaro, qui s’y connaissait, qu’il était « l’un des plus foudroyants auteurs de chansons qu’il ait entendus au ciel de la langue française ».
Poète de l’intime et chanteur engagé, ou l’inverse disait-on. Cela ne veut pas dire grand-chose. Allain Leprest était communiste, depuis sa jeunesse, après son CAP de peintre en bâtiment, mais ce n’est pas cela qu’il chantait. Non, comme les plus grands, comme Villon, comme Verlaine, comme ses grands aînés de la chanson française, il chantait le cœur des hommes comme en écho aux vers d’Aragon : « Rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force/Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit/Ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix. »
Tous ceux qui le connaissaient, qui l’écoutaient, ne doutaient pas qu’il fût un artiste rare. Ses pairs l’avaient bien compris qui, pour son CD Chez Leprest en 2007, sur les arrangements de son complice et ami de longue date Romain Didier, avaient repris quinze de ses chansons. Daniel Lavoie, Jacques Higelin, Loïc Lantoine, Hervé Vilard, Enzo Enzo, Olivia Ruiz, Sanseverino, Michel Fugain, Jean Guidoni… Belle équipe. Il avait aussi accumulé les prix et les distinctions. Révélation du printemps de Bourges en 1985, trois fois primé par la Sacem, la dernière en 2009 pour le grand prix des poètes. Deux fois grand prix de l’académie Charles-Cros, dont la dernière, pour l’ensemble de son œuvre…
C’est avec une profonde émotion que ceux qui connaissaient l’homme et le poète ont appris sa disparition. Son cœur d battait pour la liberté, la fraternité, la justice… À chaque rencontre, la chaleur de sa voix profonde, une voix blessée, et la luminescence de ses yeux bleu océan vous saisissaient .
Allain Leprest avait chanté sur la grande scène de la Fête de l’Humanité qu’il ne manquait pas. Il y a un peu plus d’un an, il avait accepté d’être l’invité de la semaine du journal, dont il était un lecteur attentif. Il avait écrit avec rigueur sur la chanson, laissant selon ses mots « aux plumes pertinentes, le soin de traiter d’autres champs de joie, de colère et de raison ». Sauf que parlant de chanson, il parlait du monde et des hommes qu’il a choisi de quitter".

Un bel hommage de Robert Clément à Allain Leprest, le chanteur poète disparu le 15 août 2011 il y a cinq ans

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