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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 07:15

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014.

La mission de la prison républicaine est en partie mais inséparablement de réintégrer le détenu au terme de sa détention dans la communauté civique. Quelle possibilité pour cela si les conditions de détention sont indignes et génèrent du stress, de la violence? De manière générale, le degré de civilisation d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses êtres les plus vulnérables: vieux, enfants, bêtes, fous, prisonniers... On est loin du compte!

Cela interroge aussi sur la législation pénale: sachant qu'une bonne proportion des prisonniers sont des trafiquants de cannabis, et que la prison ne les rend souvent pas plus honnêtes et pas plus tendres, mais surtout pas plus en mesure de s'intégrer économiquement et socialement par des voies légales, n'y a t-il pas urgence à remettre en débat la dépénalisation du cannabis, pour mettre fin à toute cette économie illégale de la drogue, cet argent facilement et mal gagné pour les jeunes, qui génère aussi beaucoup de criminalité, de danger par rapport à la santé publique, en envisageant une légalisation sous contrôle public comme aux Pays-Bas?

Les partisans du "tout répressif", motivés souvent par la démagogie puisque que l'instinct populaire veut souvent semble t-il, surtout quand le discours médiatique célèbre les victimes et surmédiatise les drames indépendamment des explications rationnelles, la punition exemplaire et la plus sévère pour autrui, devraient se rendre à l'évidence: la prison, surtout quand elle est surpeuplée et manque de moyens, ne fait pas suffisamment revenir les citoyens qui ont fauté dans le droit chemin, et ne protège pas suffisamment la société.

Par ailleurs, ne faut-il pas reconnaître que la prison est aujourd'hui un moyen de gérer, très mal et de manière très inefficace et contre-productive, les conséquences pathologiques d'un système social et économique inégalitaire, qui rejette dans la marginalité sociale des périphéries urbaines et des enfants de l'immigration pour lesquels l'accès au travail et à des conditions de vie décentes est très compliqué? Ce n'est pas être angélique de rappeler que la prison est toujours un échec pour la société et que c'est une société d'intégration basée sur la justice et une volonté d'égalité d'accès aux droits, mais aussi sur des valeurs communes solides, autre chose que le capitalisme sauvage et l'argent roi, qui peuvent réduire les crimes et délits.

I. D

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014. 11 000 détenus de trop!

Dans la région parisienne par exemple, celles de Fresnes ou de Fleury enregistrent des taux d’occupation de 200 %.

Adeline Hazan décrit bien les conséquences de cette surpopulation carcérale: "Que ce soit pour la société ou pour l’individu incarcéré, elle a des conséquences catastrophiques. L’administration pénitentiaire ne dispose pas d’assez de moyens pour préparer des projets de réinsertion. En outre, la forte proximité crée de la violence et des tensions entre les codétenus, mais aussi entre détenus et surveillants.

Aujourd’hui, les droits fondamentaux des détenus ne sont pas respectés, comme le droit aux liens familiaux ou le droit à la santé, puisqu’il n’y a pas assez de médecins pour voir tout le monde. Les prisons françaises sont des cocottes-minute, il pourrait se passer n’importe quoi".

" Plus on construit de places dans les prisons, plus elles se remplissent. Il faut créer un certain nombre de places, mais pas au niveau qu’on entend aujourd’hui dans la bouche de certaines personnalités politiques. L’ancienne garde des sceaux, Christiane Taubira, avait annoncé 6 000 places supplémentaires, c’est amplement suffisant.

La bonne solution face à la surpopulation carcérale, c’est de développer des alternatives à l’incarcération, comme les contraintes pénales, ou des libérations sous contrainte."

A lire en intégralité, cet article du journal Le Monde constitué d'un entretien avec Adeline Hazan, contrôleuse générale des prisons, ancienne députée socialiste: Surpopulation : « Les prisons françaises sont des cocottes-minute »

Surpopulation : « Les prisons françaises sont des cocottes-minute »
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/08/08/surpopulation-carcerale-le-numerus-clausus-une-question-de-courage-politique-adeline-hazan-controleure-generale-des-lieux-de-privation-de-liberte-surpopulation-les-p_4980010_1653578.html

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014.

Surpopulation carcérale: "les prisons françaises sont des cocottes-minute" (Marine Forestier/ Adeleine Hazan: Le Monde, 8 août 2016): 69 375 détenus pour 58 311 places, des prisonniers qui dorment sur des matelas à même le sol!

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