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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:33
INTERVIEW Olivier Dartigolles par Libération : «Nous avons besoin de réinscrire l'espoir à nos agendas politiques»

A l’occasion de l’université d’été de son parti, le porte-parole du PCF appelle de ses vœux un rassemblement des forces de «gauche progressiste» afin de recentrer le débat sur d’autres enjeux que le «terrorisme idéologique»

Notre préoccupation est de porter un vrai débat pluraliste sur la question du terrorisme. Nous devons penser et réfléchir l’avenir sur cet enjeu-là. Réfléchir, c’est une première réponse à apporter aux terroristes qui aimeraient nous voir douter de notre démocratie. Et, pour nous, la manière avec laquelle Manuel Valls a soutenu les maires de droite prenant des arrêtés anti-burkini montre bien le danger pour notre Etat de droit. Aujourd’hui, à la fois l’exécutif gouvernemental et la droite voudraient empêcher notre pays de discuter librement de tout ce dont ils ont envie de débattre. Mais nous n’accepterons jamais le piège, l’arnaque, qui viserait à faire de l’islam de France le principal enjeu de la prochaine élection présidentielle. On voudrait nous faire croire qu’actuellement, le plus important est de savoir combien il y a de burkinis sur les plages de France. Tout cela profite avant tout à Marine Le Pen. La droite et Manuel Valls sont les premiers agents du FN, et cela ne peut que satisfaire les terroristes qui veulent accroître les tensions de notre société.

Nous sommes en effet inquiets de la teneur du climat politique en France. Une opération visant à sauver le soldat Hollande a été lancée, via deux moyens : parler beaucoup de Nicolas Sarkozy et faire de la question religieuse en France le point principal du débat, de façon à occulter le fiasco total de ce quinquennat. Pour lutter contre cela, il faut par exemple essayer de décrypter ce qui s’est passé dans l’affaire du burkini. Alerter, donner à comprendre pour que chacun puisse conserver sa capacité de discernement. Il faut aussi que soient rendus possibles un ré-examen et une ré-orientation profonds de l’ensemble des politiques publiques – notamment en matière de sécurité et de justice, mais pas seulement : la culture ou encore l’éducation doivent aussi être repensées. De plus, il faut qu’il y ait un grand débat en 2017 concernant la politique internationale de la France. Et il n’y a pas que le PCF qui peut porter cette lutte-là, mais toutes les forces progressistes de la gauche.

Oui, car nous avons besoin de réinscrire un mot à nos agendas politiques : l’espoir. Et le meilleur moyen pour faire cela, c’est de proposer une nouvelle espérance collective. Une espérance qui se construit certes par des contenus et des solutions, mais aussi par l’image. Et l’image que nous donnons aujourd’hui est celle d’un éparpillement, ne permettant pas à l’espoir d’être identifié, visible. Il faudrait que les candidats, déclarés ou potentiels, pensent à tout le monde. Pierre Laurent est celui qui, avec le collectif communiste, est le plus à même à créer les conditions de la convergence. Va-t-on y arriver ? Je ne sais pas. Mais c’est important d’essayer de le faire.

Concernant Jean-Luc Mélenchon, nous nous sommes expliqués avec lui, sans polémique. Mais nous avons un vrai désaccord politique : en se déclarant candidat de cette manière, il ne permet pas de créer les conditions d’une dynamique collective – alors que le Front de gauche avait justement été créé pour éviter cela. Après, le désaccord est-il indépassable ? Nous ne le croyons pas, et nous ne cesserons de tendre la main. On ne veut rien faire qui pourrait permettre une victoire des idées du FN. Il suffit, pour cela, que chacun prenne ses responsabilités. Et le PCF a déjà montré que l’on peut soutenir un candidat qui ne soit pas issu de son propre parti [en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2012, ndlr]. Nous le disons aux autres : pensez d’abord à l’avenir du pays et de la gauche au lieu de penser en termes personnels. Sans rassemblement pour porter l’espoir, il nous sera impossible de repositionner la question sociale au cœur du débat en France.

Amélie Quentel, correspondante de Libération à l'Université d'été du PCF

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