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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 06:02
Federico Garcia Lorca, poète assassiné le 19 août 1936 par les franquistes

Federico Garcia Lorca, poète assassiné le 19 août 1936 par les franquistes

Assassinat de Federico Garcia Lorca le 19 août 1936, il ya 80 ans.

- Par Pierre Clément (page Facebook Histoire Populaire de Pascal Bavencove)


La mort du poète espagnol Federico Garcia Lorca le 19 août 1936, durant la guerre civile (1936-1939), a toujours été un objet de fantasmes et de controverses en Espagne. Jamais le régime franquiste n’a reconnu avoir assassiné l’auteur de Noces de sang et de La Maison de Bernarda Alba. Pressé de s’expliquer sur une affaire qui l’a embarrassé durant ses quarante ans à la tête de l’Espagne, le dictateur Francisco Franco (1936-1975) assurait que « l’écrivain mourut mêlé aux révoltés ». Et d’ajouter « ce sont les accidents naturels de la guerre ».
Ce déni n’a pas empêché les historiens de publier de nombreux essais sur les conditions probables, les raisons possibles et le lieu approximatif de la mort du poète. Mais malgré les recherches des historiens et archéologues, le corps est resté introuvable et le mystère jamais entièrement résolu.
C’est sans doute pour ces raisons que la publication, le 23 avril 2015 par le site d’information Eldiario.es et la radio Cadena SER, d’un rapport de police inédit, datant de 1965, a mis l’Espagne en ébullition. Ce document, élaboré après une requête de l’écrivaine française Marcelle Auclair – auteure du livre Enfances et mort de Garcia Lorca (Seuil, 1968) – avait été maintenu secret par le régime franquiste. Trop sensible. Il vient confirmer les thèses des principaux historiens qui ont travaillé sur Lorca : son assassinat était bien un crime politique, et non un hasard de la guerre.
Traqué par les phalangistes
Deux pages à peine résument l’affaire. Il y est écrit que le poète était « socialiste », « franc-maçon » et « connu pour ses pratiques d’homosexualité [sic], une aberration qui devint connue de tous ». S’ensuit le récit de son arrestation et de son exécution : « surpris » par les phalangistes à Grenade, le poète « prit peur et se réfugia dans la demeure de ses amis les frères Rosales Camacho, d’anciens phalangistes ». Ces derniers tentèrent, en vain, d’intercéder en sa faveur.
Arrêté et emmené dans une caserne, il fut ensuite conduit à « Viznar, près de Grenade, à proximité d’un endroit connu comme Fuente Grande [la Grande Fontaine], avec un autre détenu, et fusillé après avoir été confessé ». Qu’a confessé Lorca ? Qu’il était socialiste, franc-maçon ou homosexuel ? Ou les trois ? Le rapport de police ne le précise pas. En revanche, il donne des indications sur le lieu où il fut enterré, « à fleur de terre, dans un fossé situé à environ deux kilomètres à droite de cette Fuente Grande, dans un endroit très difficile à localiser ». Le gouvernement andalou assure que les recherches pour retrouver le corps de Garcia Lorca vont reprendre, dans l’espoir d’élucider définitivement l’un des crimes les plus commentés de la guerre civile.
Il est aujourd'hui établi que la milice franquiste est responsable de sa disparition dans la nuit du 16 au 17 août 1936. Un ancien militaire, Antonio Benavides, a d'ailleurs revendiqué lui avoir mis deux balles dans la tête. En réalité, il semble bien que ce soit un peloton d'exécution qui ait exécuté Federico García Lorca.
C'est pour identifier ses membres que la magistrate, Maria Servini, vient de décider de relancer les investigations. La nouvelle a été confirmée par l'ONG, l'Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica (ARMH), sur les réseaux sociaux. Cette association qui collecte les traces des victimes du régime de Franco est pour beaucoup dans la réactivation de l'enquête entourant ce que les Anglo-saxons appellent un "cold case". C'est en effet cette ONG qui a demandé en avril à la magistrate de s'emparer de l'affaire. Cette dernière a accepté.
"L'affaire a été incorporée à une enquête en cours par la juge Maria Servini pour crimes contre l'humanité", a indiqué l'association ARMH. Cette juge enquêtait, de fait, sur des crimes commis pendant la période franquiste, englobant à la fois des faits de torture et des exécutions sommaires.
Parviendra-t-elle à faire toute la lumière sur cette affaire ? Entre 2006 et 2008, un autre magistrat, Baltásar Garzón, avait tenté de rouvrir une enquête sur les crimes du régime. Mais il avait dû abandonner en raison de la loi d'amnistie adoptée en 1977. Garzón avait d'ailleurs été poursuivi en justice par deux associations pro-Franco qui lui reprochaient d'enfreindre cette loi, censée couvrir d'un voile ces années noires au cours desquelles 500 000 personnes ont trouvé la mort.

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