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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 05:59
Peut-il y avoir un bon usage de la taxe carbone en faveur du climat ?

Les grands enjeux pour notre planète

Humanité Dimanche – 21 juillet 2016
Gérard LE PUILL

Une étude du commissariat général au développement durable (CGDD) sur la contribution climat énergie (CCR) précise que nous payons, en 2016, une taxe carbone moyenne de 83 euros par ménage. Mais elle sera de 245 euros en 2020, soit trois fois plus qu'en 2016. Les moyennes ne rendent jamais compte de l'influence réelle des prélèvements sur les budgets des uns et des autres quand l'échelle de revenus est très large. Ainsi, les 10 % de ménages les plus aisés en France subiront un prélèvement moyen de 107 euros cette année, contre 57 pour ceux du bas de l'échelle sociale. Mais, ramenée en pourcentage sur la part du revenu prélevé, cette taxe enlève 0,6 % de pouvoir d'achat aux ménages modestes contre 0,1 % aux plus riches. Elle va surtout réduire le pouvoir d'achat des gens qui se chauffent au fioul et au gaz, comme de ceux qui roulent beaucoup pour aller au travail en voiture. Les victimes seront les ménages aux revenus moyens et modestes qui habitent à 30 kilomètres et plus de leur travail aux alentours de Paris et des grandes villes de province, comme ceux de nombreux départements ruraux.

En 2016, le montant moyen de la taxe carbone est de 83 euros par ménage. Il sera de 245 euros en 2020.

La perception de cette taxe ne réduira nullement la pollution imputable aux voitures, si le trafic ne diminue pas. Pour le réduire, il faudrait que le produit de la taxe serve à offrir des alternatives aux utilisateurs de la voiture individuelle. Outre la priorité donnée aux transports en commun, on pourrait augmenter sensiblement la prime mensuelle kilométrique versée aux gens qui se rendent au travail en vélo. On pourrait aussi récompenser financièrement les salariés d'un même bassin d'emploi et d'un même lieu de résidence qui s'organiseraient pour se rendre quotidiennement au travail en pratiquant le covoiturage. De même, le produit de la taxe prélevée sur le fioul domestique et le gaz pour le chauffage devrait être orienté vers un fonds chargé de cofinancer les travaux d'isolation des maisons et des immeubles. D'un bout à l'autre de l'Europe, il faudrait avoir dans chaque pays un même niveau de taxe carbone sur les carburants de manière à pénaliser la pollution des camions en taxant les marchandises transportées au prorata des émissions de gaz à effet de serre induites par ces transports sans introduire de distorsion de concurrence. Là aussi, l'argent récolté pourrait être utilisé pour développer progressivement des productions de proximité.

Par exemple, les Franciliens mangent environ 240 000 tonnes de tomates de serre par an. Mais la production francilienne ne couvre pas 5 % de cette consommation et celles que l'on mange viennent souvent du Maroc. Or, toutes les régions peuvent produire des tomates de serre alors que la production française est absente de 70 % du territoire pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le climat. Conclusion : pour qu'une taxe carbone soit vraiment utile dans les prochaines décennies, il faudra investir l'argent récolté dans des projets qui réduiront les émissions de gaz à effet de serre.

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