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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 05:36
Nouvelle loi scélérate à la Knesset pour museler les ONG qui défendent les droits démocratiques (AFPS)

Sous couvert de transparence c’est une véritable loi scélérate qui vient d’être adoptée en 3ème lecture à la Knesset. Présentée par la ministre d’extrême droite Ayelet Shaked, elle oblige les ONG à dévoiler les donations venues de l’étranger dans les cas où plus de la moitié de leur financement provient d’Etats autres qu’Israël, ou d’organisations étrangères comme l’Union européenne.

Il est piquant de voir Netanyahou se féliciter d’une loi sur la « transparence » au moment même où il déploie des trésors d’énergie pour échapper au scandale de son ami Arnaud Mimran qui vient d’être condamné à huit ans de prison par la justice française dans une affaire d’escroquerie mafieuse.

Sont très directement visées les ONG comme Adalah, B’Tselem ou Breaking the Silence qui portent témoignage et documentent les crimes et violations des droits humains commis à l’encontre des Palestiniens. La loi ne concerne évidemment pas les fonds privés et donc les sommes colossales récoltées notamment aux Etats-Unis, au profit des organisations de colons.

Son objet avait été très clairement indiqué par la ministre lors de sa présentation à la Knesset : se préserver d’incriminations de crimes de guerre qui s’appuieraient sur des preuves fournies par des ONG, comme dans un rapport de l’ONU sur les crimes commis lors de la guerre de 2014 contre Gaza.

Alors qu’elles sont déjà directement menacées, qualifiées de « traîtres » et de « 5ème colonne » par les organisations d’extrême-droite, il s’agit de les fragiliser, de les ostraciser pour les réduire au silence. Cette loi illustre pour le chef de l’opposition, Isaac Herzog, « le fascisme naissant qui s’introduit dans la société israélienne ».

La France, qui comme les autres chancelleries européennes avait dénoncé ce projet, doit revoir en profondeur ses relations avec un Etat qui ne peut s’exonérer en permanence des règles du droit et, sur ce point précis, amener Israël à reculer.

l'AFPS - 13 juillet 2016

***

Les autorités israéliennes ont adopté une loi controversée sur le financement des organisations humanitaires. Les opposants à la mesure y voient une attaque contre les groupes de défense des droits de l’Homme.

France 24 avec Reuters, mardi 12 juillet 2016

Les débats étaient vifs depuis plusieurs semaines en Israël. Mais cela n’a pas empêché les députés israéliens d’adopter, lundi 11 juillet, une loi sur le financement des organisations non gouvernementales.

Présenté par la ministre de la Justice d’extrême droite Ayelet Shaked, la "loi transparence" obligera les ONG à préciser l’origine de leurs donations si plus de la moitié provient d’États autres qu’Israël. Une amende est prévue pour ceux qui ne respecteraient pas cette loi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a défendu la loi comme "démocratique et nécessaire", et a semblé évoquer le soutien financier reçu par des groupes israéliens qui défendent un État palestinien.

Pour les soutiens du gouvernement, la loi mettra fin aux ingérences étrangères dans ses affaires intérieures. "J’espère que les pays [...] tenteront d’influencer Israël par la voie diplomatique, et pas en finançant à hauteur de millions de dollars ou d’euros des ONG, qui essaient habituellement de promouvoir leurs opinions", a expliqué lundi Ayelet Shaked citée par Reuters.

Loi discriminatoire

Mais nombreux sont ceux en Israël qui ne voient pas la mesure d’un bon œil et la considèrent comme une attaque du gouvernement de droite contre les groupes de défense des droits de l’Homme. Les États-Unis et l’Union européenne se sont inquiétés publiquement de ce texte, qui a été adopté en troisième lecture par 57 voix contre 48 lors d’une séance parlementaire houleuse.

Ses opposants jugent la loi discriminatoire car la plupart des groupes qui reçoivent des fonds d’autres pays ou de l’UE sont des associations opposées à la politique du gouvernement à l’égard des Palestiniens.

"La loi sur les ONG [...] illustre, plus que toute autre chose, le fascisme naissant qui s’insinue dans la société israélienne", a déclaré à des journalistes le chef de l’opposition Isaac Herzog, du parti de centre gauche de l’Union sioniste, quelques heures avant le vote.

"C’est une loi dont le seul but est de réduire au silence et de marquer ceux qui osent faire entendre des critiques à l’égard du gouvernement ou contre les colonies", déclare dans un communiqué le groupe Israel Peace Now. D’ailleurs, les fonds privés en provenance de l’étranger, et notamment l’argent reçu par les organisations israéliennes qui soutiennent les colonies de peuplement établies sur des territoires palestiniens, ne sont pas visés par la loi.

Sur plus de 30.000 associations enregistrées en Israël, la moitié est en activité. Environ 70 d’entre elles sont spécialisées dans le conflit israélo-palestinien et reçoivent des fonds de l’Union européenne ou de pays comme le Danemark, la Suède, la Belgique ou la Norvège.

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