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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 07:36
Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale Midi-Pyrénées (photo France 3 Régions)

Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale Midi-Pyrénées (photo France 3 Régions)

Meeting loi Travail/ Théâtre Dejazet 12 juin.

Marie Pierre Vieu.

D’abord sachez que ma présence s’explique par le fait que Pierre Laurent a été retenu en Italie par une grève après une réunion du PGE…

Préparant donc mon intervention par la lecture de la presse ce matin, je ne puis que dire le climat de haine sociale, haine de « classe » qui nourrit le débat sur la loi Travail. Ecoutez plutôt les commentaires publiés ce jour dans les colonnes du JDD ; je vous apprendrai ensuite qui les a prononcés.

« Je constate que les blocages viennent de salariés et d’agents qui ne sont pas concernés par la loi. Il ne faut plus accepter la dérive des militants d’extrême gauche qui saccagent les locaux (de la CFDT). Il faut faire attention à poser les limites, ne pas tout tolérer. Si un mouvement d’extrême droite empêchait la parution de journaux, nous aurions été un million dans la rue à défiler contre le fascisme »

Laurent Berger , qui n’a plus peur des amalgames. Version plus light de François Fillon dans le même journal « Martinez place son syndicat aux limites de la démocratie » et surtout plus prophétique, « On va aller à l’Euro en espérant que la fête mettra fin aux désordres » On l’a vu hier soir à Marseille…

Dans ce climat donc présenté comme volontairement crépusculaire, le mouvement Travail continue à se développer avec une opinion largement favorable au retrait de la loi, des jeunes qui vivent entre manifs et nuits debout leurs premières expériences de lutte, une dynamique qui se cherche et des exigences qui portent bien au-delà de la loi Travail.

C’est pourquoi l’initiative de ce dimanche est importante.

Le fait que des syndicalistes, des intellectuels, des forces sociales et des partis politiques se retrouvent ici sur une tribune partagée, avec un message commun « Retrait », la détermination d’aller au bout du bras de fer avec le pouvoir et de poser des jalons pour l’après est le meilleur signe que l’on pouvait donner aux salariés à l’avant veille de la grande manifestation nationale du 14 juin. Cette loi est la loi de trop, la trahison de trop !

Derrière une longue série depuis 2012. Il y avait déjà eu le donnant-donnant du début du mandat Hollande dont on avait vite compris qu’il signifiait l’allégeance au patronat. Dans le même temps c’était le refus d’amnistier pour les syndicalistes et les salariés en lutte condamnés sous Sarkozy. Il y a eu le pacte de compétitivité et les 50 milliards d’euros de réduction des politiques publiques mettant à mal toute solidarité ; il y avait eu l ‘ANI, le CICE…

Tout cela conduisant à 700 000 chômeurs de plus en cinq alors même que les salaires des patrons flambent (Sapin 2 faisant effet de placebo)

La loi travail sonne comme l’ultime stade de l’entreprise de démolition du pacte social mené par le gouvernement socialiste ; désormais dans l’affrontement capital/travail, le face à face travailleur/MEDEF, la loi ne serait plus là pour protéger le salarié, être un point d’appui pour celui qui donne sa force de travail ce qui avait la motivation même d’un code du travail.

D’où ouverture aux pires régressions : Inversion de la hiérarchie des normes, accord d’entreprise prévalant sur le code du travail, représentation syndicale phagocytée, licenciement facilités, abaissement des droits et protections des salariés : droit aux vacances, droit face à la vie (deuil) droit à la médecine préventive…

Comme si cela ne suffisait pas, on voit bien que l’offensive est plus globale : offensive sécuritaire avec l’état d’urgence, la stigmatisation des petits et des plus faibles tant et si bien que Sarkozy poussant le discours à l’extrême parle de dictature des minorités et en dresse la liste (la CGT, les rouges, nuit debout, les gens du voyage… Nous tous).

Jusqu’à l’école et l’université qu’il s’agit d’adapter au marché et de flexibiliser : c’est ainsi que le débat sur la sélection à l’entrée du Supérieur est exhumé (le Monde des idées affirmait que désormais elle était compatible avec un discours de gauche…) 30 ans après 86. Malik Oussékine peut se retourner dans sa tombe.

Et puis, il y a l’acharnement parlementaire avec le 49.3, l’acharnement idéologique (TINA) visant à mettre hors la loi tous ceux qui sortent de la capitulation sociale imposée aux forceps, les violences policières…

Malgré tout cela, 70 % de la population refuse cette loi !

Raison de plus pour continuer, poursuivre et élargir la mobilisation à toutes celles et ceux qui refusent le diktat gouvernemental et l’horizon auquel il nous condamne.

Raison de plus pour ensemble travailler la feuille de route pour obtenir son retrait.

1/ D’abord ne pas banaliser : les bloqueurs, les casseurs, les coupables, la minorité de blocage ce sont eux !

2/ Ensuite casser cette idée que nous serions pour le statut quo et incarnerions le passé. Ils sont l’immobilisme, nous sommes le mouvement !

3/ Proposer, faire grandir le débat de perspective. Le PCF avec ses militants, ses élus, ses parlementaires essaient de prendre toute leur place dans ce débat au service de la mise en mouvement populaire.

Le 13 et 14 juin la discussion parlementaire se déplacera au Sénat.

Le groupe FdG a déposé 402 amendements à la loi et exige son retrait. Là comme à l’AN, les élus PCF et FdG vont agir pour faire grandir le rapport de force et, nous le savons, se posera la question d’une nouvelle motion de censure de ce gouvernement indigne. Comme se posera la question de la convergence de la gauche parlementaire opposée à cette loi.

Nous devons y travailler !

Débattons d'une autre loi travail qui donne aux salarié-e-s, aux citoyen-ne-s et élu-e-s des droits et pouvoirs nouveaux d'intervention et un code du travail du 21esiècle permettant de contester la main mise des actionnaires et de la rentabilité financière sur les entreprises. Des pistes ont été avancées par les syndicats, des économistes.

Le groupe FdG a déposé un projet de loi pour la sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie. La lutte contre le chômage doit être notre priorité et le débat doit s'ouvrir sur les nouvelles formes que prend le travail avec la révolution numérique, sur la réduction du temps de travail (passage aux 32h) et sa rémunération décente. Le pays a besoin d'un nouvel accord de développement de l'emploi et des services publics en France et en Europe avec un réel plan de financement. Le pays a aussi besoin de prendre le contrôle du crédit bancaire (pôle public bancaire), de l'argent public donné aux entreprises pour financer non pas des actionnaires mais des programmes de création d'emplois et de formations qualifiantes, de recherche et d'innovation. il est encore besoin de sortir des traités européens actuels, des politiques austéritaires de la BCE.

Sur le terrain de la lutte contre les paradis fiscaux et le dumping social, je pense ici tout particulièrement au travail du sénateur Eric Bocquet sur les travailleurs détachés : 1,9 millions qu’on exploite et utilise pour tirer toutes les législations sociales européennes vers le bas. Sur tous ces terrains il nous faut cheminer ensemble.

Dernier message. On voit bien que ce qui se joue dans la loi Travail dépasse la loi Travail. Il y a dans ce mouvement un potentiel de transformations sociale immense qu’il nous appartient de légitimer, faire fructifier et développer. Une unité sociale et citoyenne est en train de se construire là sous nos yeux. Je crois qu’il est une urgence que se construise également l’unité politique pour l’alternative à gauche. Je ne suis pas candide, je connais la réalité de la situation. Reste que nous avons collectivement un devoir de réussite à court, moyen et long terme sauf à étouffer la voix du peuple. Je ne vise pas ici que le débat électoral mais également le politique et le culturel. Pour le présent et l’avenir.

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