Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:32
photo Ouest-France: des résidentes de l'EHPAD de Paimboeuf racontent leur triste quotidien

photo Ouest-France: des résidentes de l'EHPAD de Paimboeuf racontent leur triste quotidien

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/des-residentes-de-lehpad-de-paimboeuf-racontent-leur-triste-quotidien-4283910

Juliette et Marcelle, résidentes de la maison de retraite de Paimboeuf, lèvent le voile sur le quotidien dans un Ehpad qui connaît des coupes budgétaires.

Témoignage

« Quand je suis arrivée ici il y a onze ans, c'était gai. Ça ne l'est plus. » Marcelle Laurent, 94 ans, a toute sa tête et pas un cheveu blanc. Avec sa copine, Juliette Abellan, 85 ans, elle est résidente de l'Ehpad de Paimbœuf.

Toutes deux paient 1 986 € par mois. Juliette, ancienne gardienne de camping, est clouée dans un fauteuil depuis qu'une maladie atrophie les muscles de son corps. « Depuis trois ans que je suis là, j'ai pris une seule douche. Il y a une belle baignoire dans une grande salle de bains. Mais je n'ai pu y aller que trois fois. Il faut deux ou trois personnes pour m'y mettre. C'est trop, vu les moyens en baisse. » Alors, la toilette de Juliette se fait au gant, sur le lit, le matin.

Couchée à 17 h

Mais ce n'est pas le plus dérangeant, selon elle. Avec l'arrivée des beaux jours, c'est son heure de coucher qui la déprime. « On me couche à 17 h, pour des questions d'organisation du personnel. Plus tôt que les bébés ! Le matin, on me lève de plus en plus tard, souvent vers 11 h. Ça fait court comme journée ! »

Le dimanche, faute de personnel suffisant, Juliette Abellan doit rester au lit, tout comme les jours fériés. « Ce qui fait qu'à Pâques, du samedi soir au mardi matin, elle est restée couchée. Ce n'est pas normal ! », s'exclame son amie, Marcelle Laurent.

Des repas au pas de chargeÀ l'Ehpad, Marcelle joue le rôle de déléguée de classe. Elle siège au conseil « vie sociale » de l'établissement. Elle a vu les conditions de travail se déliter petit à petit. « Des départs n'ont pas été remplacés. Les filles courent partout. Elles n'y sont pour rien, elles font le boulot comme elles le peuvent. Mais elles sont tendues, fatiguées et ça se ressent forcément. »

Ces deux femmes regrettent le temps où elles papotaient avec ces salariées qui partagent leur intimité. « Nous, ça va, on est toutes les deux, on ne s'ennuie pas, lâche Marcelle. Mais pour certains, les journées sont longues. »

Des journées rythmées par des repas qui, eux aussi, doivent aller de plus en plus vite. « Le soir, à peine on a posé la fourchette que l'assiette est débarrassée. On passe à table à 18 h 30. À 19 h, c'est souvent plié. »

Guillaume est l'animateur de la maison de retraite. « Un animateur pour cent résidents, c'est impossible. Et pourtant, c'est essentiel. En 24 heures, les résidents dorment huit heures, ont quatre heures et demie de soins et les temps de repas. Faites le calcul, il reste un paquet d'heures à combler ! »

Pas de véhicule adaptéL'Ehpad de Paimbœuf ne dispose pas de véhicule adapté aux fauteuils roulants. Alors bien souvent, Juliette doit rester à la résidence pendant que Marcelle sort. « Ça s'appelle du tri par le handicap ! », s'exclame Claude Grandjouan, délégué CGT.

« Nous devons faire face à un plan d'économies important, commente de son côté la direction. Qu'une personne doive rester couchée est regrettable. Lever et coucher les résidents fait partie des missions essentielles de nos salariés. Moi, je n'ai rien contre le fait d'avoir le même nombre de salariés le week-end qu'en semaine. Mais nous avons aussi des demandes de salariés qui veulent profiter de leur vie familiale le week-end, ce que je comprends aussi. À Paimbœuf, nous allons rééquilibrer la présence des salariés entre le pôle « Alzheimer » et le pôle ouvert. Pour le camion, nous allons faire appel à des mécènes pour pouvoir l'acheter. On essaie de faire au mieux. »

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011