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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 12:25
Mireille Cachereul, Patrick Quelaudren, Gaston Balliot, membres du collectif contre TAFTA

Mireille Cachereul, Patrick Quelaudren, Gaston Balliot, membres du collectif contre TAFTA

20 avril 2016/ Stéphane Guihéneuf - Le Télégramme

En Pays bigouden, l'opposition aux traités de libre-échange transatlantiques (Tafta et Ceta) est forte. Douze communes se sont prononcées. Le collectif citoyen anti-Tafta, qui organise ce jeudi à Pont-l'Abbé une réunion publique sur le sujet, entend poursuivre son action auprès des élus.

En octobre dernier, la commune de Saint-Jean-Trolimon se déclarait « zone hors Tafta » (Trans-Atlantic Free Trade Agreement entre l'Europe et les États-Unis). Depuis, le mouvement initié par la maire Katia Gravot et les siens s'est amplifié. Aujourd'hui, sur l'ensemble des communes bigoudènes, douze ont pris une délibération. Ce n'est pas rien. « Les communes bigoudènes représentent près de la moitié des communes finistériennes à avoir délibéré », avance Gaston Balliot, l'un des membres du collectif citoyen anti-Tafta qui organise, demain soir, à Pont-l'Abbé, une réunion publique sur la question des traités de libre-échange transatlantiques. Le mouvement citoyen a été lancé en novembre dernier à l'issue d'un débat organisé à Loctudy. Il compte aujourd'hui quelque 120 membres.

Dynamique

« Les élus de Saint-Jean-Trolimon ont eu le courage de prendre la décision de se mettre hors Tafta », reconnaît Mireille Cachereul, membre du collectif. Depuis, elle constate qu'il y a eu « un vrai élan, une vraie dynamique en Pays bigouden ». Outre Saint-Jean-Trolimon, les communes de Peumerit, Plovan, Le Guilvinec, Tréogat, Plomeur, Treffiagat, Tréguennec, Pouldreuzic se sont déclarées « hors Tafta ». Penmarc'h, Plozévet et Pont-l'Abbé se sont dits en « vigilance ». Un élan que le collectif entend accompagner en informant le public sur les conséquences d'un tel traité. « Nos craintes, c'est que cela se traduise par la suppression de tous les obstacles », précise Gaston Balliot. C'est la crainte de dérives avec la mise en place de tribunaux supranationaux qui agiront pour le bien des firmes multinationales. Selon le collectif, il y a urgence alors que le « Comprehensive economic and trade agreement », le fameux CETA qui doit sceller les rapports commerciaux entre l'Europe et le Canada, pourrait être mis en oeuvre dès 2017. « Le CETA avance à grand pas, le Tafta va suivre derrière », assure Mireille Cachereul.

Un choix de société

Services publics, agriculture, santé, mise en concurrence, droits sociaux, les craintes sur cette libéralisation à outrance souhaitée « par les firmes multinationales » sont nombreuses. « Quelles seront les conséquences sur les circuits courts ? », interroge Patrick Quélaudren, membre lui aussi du collectif. L'opacité des négociations n'arrange rien. « Cette affaire est fondamentalement antidémocratique. Ce ne peut être la finance qui dirige le monde », avance Gaston Balliot. C'est clairement un choix de société qui se dessine. Demain, le collectif, après la projection de « Transatlantique arnaque, la casse du siècle » et l'intervention de Thierry Mavic qui expliquera les motivations qui ont conduit la commune de Pont-l'Abbé à se prononcer, le collectif fera le point sur « les enjeux et les risques de ces traités dans notre quotidien ». Henri Guilloux, responsable départemental du collectif, sera également présent.

Interpeller les communautés de communes

Le collectif espère à travers ces échanges une prise de conscience de la part du public et des élus. Auprès desquels il entend d'ailleurs poursuivre son action. « L'objectif immédiat c'est de demander à la Communauté de communes du Pays bigouden sud de prendre position », explique Gaston Balliot. La même démarche sera faite auprès du Haut Pays bigouden. Les parlementaires ne sont pas oubliés (lire ci-dessous). Le sénateur Michel Canévet doit être contacté. La députée Annick Le Loch a déjà été interpellée. « Elle s'interroge ».

Pratique
Réunion publique, demain, à 20 h 30, au Patronage laïque à Pont-l'Abbé.

En complément

Ce qu'en disent les parlementaires

Annick Le Loch, députée. « Les négociations entre les deux continents pour créer un grand marché de libre-échange n'ont pas été au départ très transparentes. Pour ne pas dire occultes. Alors, forcément, c'est très compliqué de comprendre ce qui se passe, cela m'inquiète beaucoup. À ce stade des négociations, cela m'incite surtout à être très prudente d'autant plus qu'il y a un volet agricole très important qui risque d'affecter les produits par l'affaiblissement des barrières tarifaires douanières. Dans le rapport sur l'élevage qui a été remis il y a quelques semaines, on demande d'ailleurs l'exclusion de certaines productions agricoles notamment la viande. Nous, on est attaché à tous ces signes de qualité, on est attaché à nos terroirs et à nos territoires, alors qu'eux, ils défendent le droit des marques. Je ne suis pas encline à acter cette libéralisation ». Michel Canévet, sénateur. « Je déplore l'opacité dans laquelle se déroulent les discussions qui font qu'on abaisse les barrières douanières. Je souhaite qu'il y ait un débat au parlement pour clarifier le contenu de ce projet. Je plaide notamment pour l'exception agricole car je ne tiens pas à l'envahissement des produits nord-américains ». Quant à savoir si la commune de Plonéour-Lanvern, dont Michel Canévet est le maire, va prendre une position sur la question, l'élu dit ne pas en voir l'intérêt. « Nous n'avons pas prévu de nous positionner car le débat n'est pas d'ordre local. Les communes n'ont pas la capacité d'agir ».

La CGT contre « la bombe Tafta »

Dans un communiqué, l'Union locale CGT du Pays bigouden dit son opposition à « la bombe Tafta » qu'elle considère comme « l'aboutissement du processus de dérégulation sociale ». Elle rappelle que, le 27 février, elle a délibéré et pris position contre le Tafta. Expliquant qu'il « est un aboutissement ultralibéral dans la droite ligne des politiques européennes et françaises dit de libéralisation dont les salariés subissent les effets avec les lois Macron, Rebsamen, Khomri, Notre, Touraine ». Elle dénonce « les négociations secrètes donc antidémocratiques, s'oppose à leurs objectifs ultralibéraux, facteurs d'asservissement des états, donc des peuples et d'appauvrissement grandissant des travailleurs, facteurs d'accaparement des services publics (santé, éducation, recherche, énergie, communication, etc.), facteurs d'élévation de risques alimentaires et écologiques au seul profit des trusts financiers multinationaux (et) s'oppose à la domination et souveraineté des multinationales sur les états et collectivités territoriales ». Enfin, l'Union locale CGT du Pays bigouden « appuie toutes les initiatives collectives ou individuelles ».


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