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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 20:21

LES GRANDS ENJEUX POUR NOTRE PLANÈTE, PAR GÉRARD LE PUILL

L’HUMANITE DIMANCHE – Jeudi 31 mars 2016

Parmi les nombreuses citations attribuées au célèbre constructeur automobile américain Henry Ford, né en 1863 et mort en 1947, figure celle-ci : « Notre métier consiste à organiser l'insatisfaction. » Pour vendre un maximum de voitures, il considérait qu'il fallait sans cesse créer de nouveaux modèles afin de provoquer l'envie de les acheter par un nombre croissant de clients. Alors que le seul ralentissement du réchauffement climatique implique de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, il conviendrait de rompre avec la politique de l'offre dès lors que cette dernière augmente le bilan carbone des biens produits et vendus. Les associations de consommateurs devraient intégrer la lutte contre le réchauffement dans leurs priorités via les conseils d'achat qu'elles dispensent aux consommateurs. Qu'il s'agisse de l'UFC-Que choisir, de « 60 Millions de consommateurs » ou de la Confédération du logement et du cadre de vie (CLCV), pour n'en citer que les plus connues, elles n'en sont pas là, tant s'en faut. « L'écologie peut encore sauver l'économie » (1) questionne l'attitude de l'UFC-Que choisir, à partir du contenu de son journal mensuel.

Cette publication se limite trop souvent à des comparaisons de prix en vue de conseiller ce qui est moins cher à qualité supposée équivalente. Ce qui revient à faire de Michel-Édouard Leclerc le héros national des prix bas pour les produits alimentaires alors qu'il est le distributeur le plus cynique et le moins éthique vis-à-vis de ses fournisseurs. L'UFC-Que choisir ne se soucie guère du bilan carbone des marchandises dont elle conseille l'achat. Agir de la sorte va à l'encontre des intérêts des générations futures. Il est grand temps de conseiller aux consommateurs l'achat de biens durables et à faible bilan carbone quand il s'agit notamment du contenu de leur assiette, ce qui renvoie aussi aux différentes formes d'agriculture pour choisir la plus durable. Le bilan carbone d'un rôti de boeuf ou d'une part de fromage n'est pas le même selon ce que la vache aura mangé. Dans le pré, elle cueille sa nourriture en broutant sur un puits de carbone.

Nourrie à l'auge avec du maïs et du soja, elle consomme indirectement beaucoup de pétrole et participe à la déforestation de l'Amazonie puisque la culture d'un hectare de maïs fourrager chez nous fait cultiver près d'un hectare de soja en Amérique du Sud pour nourrir les troupeaux européens. Pour l'équipement de la maison aussi, les associations de consommateurs devraient conseiller l'achat de biens durables plutôt que des objets à obsolescence programmée vendus meilleur marché. Elles devraient faire connaître l'intérêt du recyclage, favoriser le troc et les échanges. Il faudra tous ces changements de comportements pour que nous progressions vers une économie capable de réduire le bilan carbone de notre consommation.

(1) Coédition Pascal Galodé « l'Humanité ».glepuill@humanite.fr

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