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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 16:41

Hollande à la source : les « transcourants »

ADRIEN ROUCHALEOU

VENDREDI, 28 DÉCEMBRE, 2012

L'HUMANITÉ

Dans le sillage de Rocard et Delors, François Hollande a tracé sa voie dans le sillon du « réformisme » assumé.

Ses amis le décrivent comme un « homme de consensus » ; d’autres de ses illustres camarades l’ont dit représentant d’une « gauche molle ». François Hollande n’aurait-il aucune colonne vertébrale idéologique ? À regarder son parcours, rien n’est moins sûr.

C’est une histoire qui prend sa source en 1983. Ils sont cinq, rassemblés à Lorient, François Hollande, sorti de l’ENA trois ans auparavant, son camarade de promo Jean-Pierre Jouyet, Jean-Michel Gaillard (décédé en 2005), Jean-Yves Le Drian et Jean-Pierre Mignard, à ourdir ce que le dernier appela un « complot rénovateur ». La joyeuse bande, qui se fait connaître sous le nom de « transcourants », s’était fixé pour mission de « conjurer le spectre de la SFIO ». « Nous pressentions que le communisme agonisant et l’internationalisation accélérée des relations économiques changeraient la face du monde et ruineraient les concepts qui avaient dessiné la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe, se souvenait Mignard dans une tribune parue dans le Nouvel Observateur en 2007, nous explorions les chemins du réformisme, c’est-à-dire du compromis. »

Bien avant les Tony Blair, Gerhard Schröder ou autres Romano Prodi, et sous l’influence assumée de Michel Rocard ou Jacques Delors, les transcourants défrichent déjà une « troisième voie », basée sur une pleine acceptation de l’économie de marché mondialisée, un tropisme centriste et un refus total de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un courant idéologique. Principe de réalité oblige, il ne s’agit plus de mener une politique de gauche, mais d’assurer une bonne gestion avec une fascination pour les entrepreneurs. « Nous étions même en dernier ressort pour les petits boulots. (…). Au moins n’élevions-nous pas de digues de pureté rhétorique contre la crue débordante du chômage », se souvient l’avocat marseillais.

C’est à Lorient, « où tout a commencé », en compagnie de Jean-Yves Le Drian qui en a été le maire, que Hollande vient lancer sa campagne de second tour. Clin d’œil, il y déclarera : « Je suis venu tant de fois à Lorient préparer le socialisme du XXIe siècle. » Élu, il nommera Le Drian ministre de la Défense ; tout comme il pardonnera très vite à Jean-Pierre Jouyet son passage à l’ennemi sous Sarkozy dont il fut secrétaire d’État, le nommant directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, puis président de la Banque publique d’investissement, projet phare de la campagne présidentielle.

À la tête du PS de 1997 à 2008, François Hollande a su taire ses options, les faisant disparaître sous les traits du négociateur fuyant le conflit. Son action à la présidence de la République lui donne la possibilité de faire valoir des choix marqués. Quitte à renverser bon nombre des fondamentaux de la gauche.

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