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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 08:20
Photo Le Telegramme, 11 avril 2015

Photo Le Telegramme, 11 avril 2015

Une belle soirée sur le vieux port de la Forêt-Fouesnant: 150 à 200 convives pour la soirée crêpes (bien) organisée par les amis du PCF, avec la présence de nombreux camarades de Fouesnant, de Concarneau, de Rosporden, du pays Bigouden, mais aussi des habitués de ce rendez-vous traditionnel de l'été, des touristes.

Daniel Jouan, membre du conseil Départemental du PCF et de la section de Fouesnant, a pris d'abord la parole pour remercier les bénévoles, la mairie de la Forêt-Fouesnant, et souhaiter à tous une bonne soirée. Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère lui a succédé avec le propos que voici, suivi de Xavier Compain, chef de file des Communistes de Bretagne pour les élections régionales, avec un discours très mobilisateur et "punchy". Xavier Compain a évoqué les 3 grands axes du projet pour les Régionales, les raisons de la crise agricole et les solutions que nous proposons, la nécessité de développer le transport public ferroviaire, les circuits courts, l'aide régionale aux plus démunis, l'engagement de la région dans la solidarité internationale, y compris avec Cuba. Notre volonté de faire du neuf et un rassemblement conquérant où chacun trouve sa place dans la diversité des expériences et des apports avec les citoyens, les syndicalistes qui luttent, à qui il a rendu un vibrant hommage.

Chers convives, chers amis, chers camarades,

Avant de permettre à Xavier Compain, membre de la direction nationale et chef de file des communistes pour les Régionales sur la liste du Front de Gauche, de présenter son point de vue de paysan et de spécialiste des questions agricoles sur les origines et les solutions de la crise agricole bretonne, et de développer bien sûr la logique de notre projet pour les Régionales, je voudrais dire quelques mots sur l'utilité et le sens de l'engagement communiste aujourd'hui.

Il est de bon ton depuis 1989 de dire que le communisme comme force politique motrice, espérance et idéal collectif est mort, enterré sous les cendres froides de l'Union Soviétique, condamné par l'histoire, l'évolution de la société et de l'économie.

Rien n'est plus faux !

Le point de départ de l'idée et de l'engagement communiste ne date pas de la révolution d'Octobre et cette idée n'est pas morte avec la disparition de l'URSS et des démocraties populaires.

L'histoire est faite de mouvements de flux et reflux, de mouvements de balancier, elle n'est pas linéaire, … L'excès même de domination sans partage des riches et du capitalisme, la nature invivable des injustices et du niveau d'exploitation et d'inégalités que nous vivons depuis des années, les instabilités financières générées par une économie prédatrice fondée sur la spéculation et le crédit qui se dévore elle-même, vont très certainement ouvrir de nouvelles opportunités pour remettre en cause le système.

La révolte et la colère sont très présentes chez nos concitoyens, même si elles sont souvent mal dirigées. C'est que les médias au service du capital et leur puissance d'intoxication veillent au grain.

Évidemment, depuis 30-40 ans, de grands changements sont intervenus, en partie à cause de l'affaiblissement du monde ouvrier organisé et du pôle de contestation du capitalisme, qui semblent valider cette idée. Les idéaux de coopération, de socialisation des richesses, d'égalité ont de moins en moins de prise sur le réel, le Communisme comme organisation politique décline.

A côté d'évolutions salutaires, comme la prise de conscience, dans les têtes plus que dans les faits, de la fragilité de notre Planète et des nécessaires efforts pour créer un développement humain compatible avec la préservation des ressources, de la terre et de la biodiversité, comme avec la préservation de la qualité de vie des générations futures, ces 40 dernières années auront été le moment d'une révolution conservatrice et libérale.

- La finance a pris le pouvoir sur les économies réelles : le volume des transactions de marché qui ne correspondent pas à des échanges de biens et de services réels est 100 fois plus important que le poids de l'économie réelle. Le volume des échanges d'actions 100 fois plus important que l'investissement.

- La division mondiale du travail est de plus en plus forte, les économies sont de plus en plus intégrées, spécialisées : la mondialisation libérale a détruit toute une partie des emplois de l'industrie, des services, de la recherche, de l'agriculture en France. La course au coût du travail le plus bas et au profit maximum génère une série de délocalisations.

- La classe ouvrière est éclatée, fragmentée, laminée par la désindustrialisation, le développement de la sous-traitance, du précariat, de l'intérim, des services au détriment de la production.

- La part du PIB consacrée aux salaires qui était de 70 % en 1980 est passée à 60 % en 2015. C'est à dire que les revenus du capital et de la finance ont augmenté de 10 points en proportion. Baisse des cotisations patronales, des salaires, hausse des profits des actionnaires, chantage au chômage.

- Les services publics et les entreprises publiques nationalisées sont progressivement et de plus en plus rapidement privatisés ou transformés pour répondre à des exigences de rentabilité et de « moins d’État »

- L'Europe contrôle la politique monétaire, budgétaire, économique et sociale de la France selon des règles libérales dogmatiques avec en ligne de mire principale les intérêts des banques et des rentiers.

- La dette publique augmente avec les intérêts versés aux banques (1,3 milliards sur 1,7 milliards de dette en 2013, 40 après la loi qui oblige l'Etat à se financer par emprunt auprès des banques privées au lieu de recourir à la banque de France).

La dette est on le sait un argument de poids dans leur jeu pour prêcher la résignation au moins-disant social. Et pourtant, la dette est un produit, non pas d'un Etat trop généreux, mais de 30 à 40 ans de politiques de classe, de politiques capitalistes. La dette est l'effet des politiques libérales et capitalistes et le moyen de les approfondir.

- Le pouvoir politique qui dans les pays occidentaux est à l'origine de ces transformations qui donnent les pleins pouvoir aux capitalistes et dégradent la condition des classes moyennes et populaires se dit souvent impuissant à changer le cadre de compétition et de régression qu'il a lui-même créé parfaitement consciemment.

- Résultat : les inégalités sont très fortes. En France, seuls les revenus des 10 % les plus riches ont augmenté depuis quelques années. Il y a plus de 8 millions de pauvres, plus de 5 millions de chômeurs. Au niveau mondial, les 40 plus grosses fortunes mondiales possèdent autant de richesses que la moitié de l'Humanité.

Les grands choix économiques ne sont pas mis en question par les grands partis de Gouvernement, d'accord pour servir la finance et le capital au nom du prétendu pragmatisme ou "réalisme économique", les différences se font sur des enjeux sociétaux, sur le rapport à l’État sécuritaire, à l'immigration, et encore... de moins en moins car le PS nouvelle manière, inspiré par le blairisme et son « réalisme » libéral-conservateur, marche dans les pas de la droite sur l'immigration, la recherche des boucs émissaires, la restriction des libertés, la chasse aux prétendus fraudeurs.

Dans ce contexte, quel est le sens et la raison d'être du combat communiste ?

1) Être communiste, c'est penser que la politique n'est pas seulement une affaire politicienne de conquête du pouvoir, de partage des postes à responsabilité, d'électoralisme, mais le lieu de la réappropriation de son pouvoir et de son destin par le peuple, la population elle-même.

Le Communisme, c'est le mouvement de réappropriation de ce que nous avons en commun, de notre existence sociale et politique. 90 % de la population a des intérêts convergents qui rentrent en contradiction avec les logiques du système capitaliste, comme consommateurs, citoyens, travailleurs : c'est aux communistes de le rappeler.

2) Être communiste, c'est se battre pour une société d'égalité et de coopération contre l'exploitation capitaliste : c'est refuser de penser que le principe de la concurrence des égoïsmes peut organiser seule au niveau des nations ou du monde la société et l'économie, c'est vouloir créer un environnement pour que le travail soit partagé, pour que les progrès techniques et de productivité permettent une réduction du temps de travail, et que tous aient un accès égal à des droits tels que la santé, le transport, l'éducation, la culture, le loisir...

Les progrès techniques et l'universalisation du statut de salarié offrent des conditions objectives pour travailler à la libération du travail: semaine de 30 h, augmentation des revenus suivant l'augmentation de la productivité... A condition d'en finir avec l'organisation par le capitalisme pour renforcer la profitabilité en contenant ou abaissant les salaires du chômage de masse.

Pour le Communisme, la liberté se vit comme démocratie et limitation du pouvoir de l’État - droit à exprimer et vivre selon ses opinions, à agir politiquement par le vote – mais aussi comme pouvoir d'agir : pouvoir de se loger, de travailler, de se soigner, de s'auto-organiser...

Quand les communistes mettent en avant les urgences sociales (loi-vieillissement, santé, précarité ...) c'est toujours avec l'idée, non pas simplement de mettre des emplâtres ou des pansements sur des jambes de bois, mais de gagner des conquêtes immédiates pour rendre la population moins souffrante, plus forte, plus consciente, pour changer le système.

3) Être communiste, c'est être citoyen du monde, internationaliste, construire la Paix dans le respect de l'indépendance des peuples, la construction de rapports économiques entre les nations délivrées de la domination, et promouvoir la fraternité concrète entre les hommes, quelles que soient leurs origines.

Cela nous renvoie en particulier à l'urgence humaine de lutter pour l'accueil des réfugiés et l'effectivité du droit d'asile, la fin de Dublin III et de l'approche sécuritaire. Arrêter de laisser mourir de manière criminelle les migrants fuyants les guerres en Méditerranée (2000 martyrs qui ont déjà sombré en Méditerranée, et combien d'enfants parmi eux ?), de les accueillir en France avec des chiens policiers et des bastonnades. Reprendre le fil de notre histoire faite d'accueil et d'intégration réussie de juifs d'Europe de l'est et d'Allemagne, d'arméniens, d'algériens, de polonais, d'espagnols, d'italiens... La France ne doit pas se figer dans la méfiance xénophobe: elle doit retrouver la voie de la solidarité humaine et internationale.

- Dénucléariser la Bretagne : en finir avec ces 300 têtes de missiles nucléaires de l'île Longue (avec une puissance de destruction de cent fois plus importante que la bombe de Hiroshima et de Nagasaki) qui sont une menace pour les Finistériens et les Bretons (on est pas à l'abri d'un accident ou d'un attentat...), qui coûtent chaque année plusieurs milliards qui seraient mieux investis dans la santé, l'éducation, et qui, quand on modernise et remplace cet arsenal atomique, justifient que l'on poursuive partout dans le monde la prolifération de l'arme nucléaire alors que la France a pris des engagements internationaux pour aller vers l'élimination des armes atomiques.

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commentaires

Lanta paule 15/08/2015 13:04

merci à Ismaël de donner sens ainsi à son engagement et pas qu'au sien...merci aussi de continuer à chercher comment faire vivre l'internationalisme et le respect des nations dont la nôtre, cet hexagone construit dans les conflits entre féodalité et bourgeoisie et depuis plus de deux siècles entre capital et travail, entre capitalistes et salariés dans leur diversité ce qui donne à la formation sociale de 2015 sa spécificité.
Une petite suggestion de pacifiste: ne pas négliger la course aux armements non nucléaires qui tuent ici dans leur production avant de tuer au loin et de nous revenir en effets boomerang.
fraternellement
Paule de Pau PCF Fdg

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