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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 06:22

Le prolongement de la LGV Paris-Rennes vers l'ouest armoricain coûtera 3,3 milliards d'euros dont un tiers supporté par l'Etat, un tiers par SNCF Réseau (ex-RFF) et un tiers par les collectivités. Sur cette somme la Région Bretagne acquitte 830 millions d'euros plus 34 millions d'euros pour la rénovation des gares et haltes TER et 56,2 millions d'euros pour la restructuration des Pôles d'échanges multimodaux.

Rennes ne sera plus qu'à 1h27 de Paris. Les TGV qui iront au-delà de Rennes vers Brest et Quimper seront sans arrêt entre Paris et Rennes (pas d'arrêt au Mans, Laval, Vitré). Ce sera un gain de 45 minutes entre Paris et Brest. La rançon de la vitesse, c'est la réduction des dessertes: entre Paris et Rennes, certes, mais aussi entre Rennes et Brest, Rennes et Quimper. Par contre, sur les trajets Paris-Brest, Paris-Quimper, et Paris-Rennes, ce seront deux aller-retours supplémentaires qui seront proposés normalement.

Au Conseil Régional, le groupe EELV a choisi l'abstention en dénonçant une politique ferroviaire qui fait la part trop belle au TGV au détriment des trains de proximité. Faut-il opposer les deux? Ce n'est pas sûr. L'intégration de la Bretagne à un territoire national et européen où les distances se réduisent avec la vitesse des moyens de transport et où les échanges se multiplient est très certainement un besoin économique.

Néanmoins, il est légitime de craindre pour les investissements dans les liaisons ferroviaires régionales. Ainsi, le projet de doubler la voie ferrée entre Quimper et Landerneau pour relier Quimper et Brest en moins d'une heure et proposer douze navettes aller et retour a été abandonné (la durée du trajet est actuellement de 1h30, la SNCF étant dans l'obligation de descendre la vitesse de 120 km/h à 60 km/h pour raison de sécurité sur 17 km entre Hanvec et Daoulas).

Le nouveau contrat de plan Etat-Région 2015-2020 a attribué 70 millions d'euros à la modernisation de la ligne Quimper-Brest pour une rénovation "a minima", essentiellement à cause du manque d'engagement financier de la SNCF. L'idée d'une liaison rapide et très régulière entre Quimper et Brest a été abandonnée. En 2014, la fréquentation de la ligne Quimper-Brest est en chute de 8% par rapport à 2013. L'association d'usagers TER Brest-Quimper pointe l'insuffisance d'un service qui "permet difficilement d'assurer un déplacement domicile-travail, qu'il s'agisse du nombre des navettes, de leurs horaires ou de la durée du trajet pour ceux qui voudraient se rendre d'un pôle à l'autre" (Le Télégramme - 14 avril 2015). Les incidents de service sont nombreux.

Comme c'est essentiellement l'est breton qui profitera sur un plan économique de l'investissement dans la LGV, on peut se poser des questions sur l'effort dirigé vers le développement de l'ouest et du centre de la Bretagne.

Le développement du frêt ferroviaire semble lui aussi au point mort.

Les trains inter-cités Quimper-Nantes et Quimper-Bordeaux (arrêts à Lorient, Vannes, Auray, Redon, Nantes, La Roche sur Yon, La Rochelle, Bordeaux) seraient abandonnés.

La politique de la SNCF et de l'Etat, c'est toujours et encore la Rentabilité. C'est ce qu'ont exprimé en exerçant leur droit d'alerte les cheminots CGT de Quimper il y a quelques jours dans le Télégramme:

" Dans les 10 prochaines années, 25 000 emplois vont être supprimés avec des fermetures de boutiques, de guichets... Il s'agirait de rendre le service plus efficace et plus accessible. Ces dernières années, il y a déjà eu 25 000 emplois supprimés et nous avons gagné 30% de productivité. Or, le prix du billet a encore augmenté de 2,6% au 1er janvier. Le discours de la direction est un mensonge... A Quimper, il y a actuellement cinq guichets ouverts tous les jours. Une suppression de poste est prévue qui s'accompagnerait d'une réduction des horaires d'ouverture. Il s'agit d'aller à marche forcée vers internet. Mais pour les agents ce ne sera pas tenable physiquement avec un poste en moins. Il y aura aussi de plus en plus de trains sans contrôleur... Ce qui pose des problèmes de sécurité et de prise en charge des passagers".

Dans la région de Morlaix, on ne peut qu'avoir des inquiétudes sur la volonté de développer et de maintenir la ligne TER Morlaix-Roscoff. On ne peut que constater que le centre rail-route et le projet de développement du frêt sont à l'arrêt.

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